Le studio Small Bang est en train de préparer "Diorama", une adaptation vidéoludique de "L'Ilade" d'Homère. C'est la romancière Cécile Coulon qui l'a conçue.

Cécile Coulon
Cécile Coulon © Radio France / CS

Cécile Coulon vit à Clermont-Ferrand et est notamment l'auteur de Le roi n'a pas sommeil, ou dernièrement Trois saisons d'orages, qui est en lice pour le prix du Livre Inter.

Small Bang lui a demandé d'écrire le "livre-bible" de Diorama, l'enfant et la déesse, adapté du poème d'Homère. Cécile Coulon a donc pris quelques libertés avec le texte original. Elle a inventé Pallas, petite fille, et a gelé le décor, ainsi se trouve-t-on dans Troie après la guerre, et tout est gelé.

"Nous travaillons avec un budget modeste, ce décor de glace nous a permis de faire des économies," confie Pierre Cattan le producteur. "Mais l'objectif poursuivit-il est de sortir d'une logique de licence avec des super héros, pour aller vers un texte de référence, tout en gardant l'idée d'avoir du fun. "

Le jeu vidéo qui se prépare donc dans les studios de Small Bang alterne séquences de plateforme, de puzzle et de glisse. La sortie grand public est prévue pour 2018.

Connaissez-vous d'autres écrivains qui ont eu à écrire l'histoire d'un jeu vidéo ?

Je ne connais pas d’autre écrivain qui font ce genre de travail là, mais j’ai été joueuse et c’est très jouissif d’utiliser l'outil du jeu vidéo. Voir un mythe adapter de cette façon, ça va ds la continuité de ce qu’on entend du mythe, c'est-à-dire s'adapter aux différentes époques et aux usages qui évoluent au fil du temps.

Quelle joueuse êtes-vous ?

- J'ai commencé par Prince of Persia à l'âge de 10 ans. Puis j’ai joué avec Edge of Empire, The last of us, j'ai passé des nuits entières avec Resident Evil, et bien sûr GTA. J’adorais remplir des missions, avoir l’illusion d’être libre dans le jeu, on pouvait faire la mission ou pas, se promener, voler, c’est un des jeux qui a donné le plus de liberté à ces joueurs . Avec Edge of Empire, il fallait construire des villes et des civilisations., on pouvait se dire "je vais régner en maître". Le jeu propose une chose à laquelle on ne croit pas pouvoir prétendre . Etre personnage et acteur de l'Iliade, c’est inespéré.

Adaptez Homère ce n'est quand même pas si simple. Avez-vous accepté immédiatement ?

On a d'abord fait des essais avec l'équipe de Small Bang, on a fragmenté et pris ce qui dans le texte était particulièrement adapté au jeu. Voir mes idées tout de suite se dessiner c'était magique. Evidemment on se sent timide face à Homère, et en plus j'ai inventé le personnage de Pallas, petite fille, qui se réveille dans Troie après la guerre de Troie, Troie gelée, une ère de glaciation… juste pour la beauté de l’image.

Finalement qu'avez-vous imaginé ?

Pallas doit aller au mont Olympe pour que Zeus dégele la surface de la Terre. On va d’un point A à un point B, c’est un roman d’apprentissage. Quand Pallas arrive au mont Olympe, elle n’est plus une petite fille. Métaphoriquement, elle réanime l’humanité par tous les moyens de l’enfance. On est allé choisir dans le texte ce qui est le plus jouissif pour le joueur. Donc j’ai fait des sessions de 20 à 25 minutes pour donner envie de jouer encore et encore.

Ecrire un roman ou un jeu vidéo, quelle différence ?

La grande énigme en tant qu’auteur c’est de faire en sorte qu’un personnage soit suivi. C'est la similitude avec l'activité de romancière. Mais là où ça n’a rien à voir avec le roman c'est que je ne suis pas seule à ma table d’écriture, on est 15 à décider ce qui donne force et épaisseur aux situations et personnages. Il y a aussi un aspect financier à respecter. C’est plus palpable dans le jeu vidéo, car chaque détail coûte cher, contrairement au livre.

Cela sera-t-il un livre aussi ?

Oui j’espère… je crois fondamentalement que tous arts racontent une histoire . Une jeu vidéo c’est un livre tuné. On peut s’amuser avec ça, les couleurs, les images. C’est une nouvelle façon d’entrer dans les livres pour une nouvelle génération. Les écrivains sont des machines à histoires et les maisons de productions utilisent ce terreau, c’est parce qu’on n'est pas des gamers ou des scénaristes habitués à ce monde qu’on vient nous chercher. J’ai donc été auteur dans le sens où il a fallu utiliser un texte mais j'ai surtout bâti un univers nouveau pour une histoire déjà existante.

Qui suivra Diorama, l'enfant et la déesse ?

C’est un jeu pour tous, ados, et vieux, toute personne qui a envie d’ouvrir un univers nouveau sur sa console ; ou a des vrais gamers qui ont envie de résoudre beaucoup d’éngimes.

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