Aider à l’accouchement, anesthésier localement, calmer le stress, permettre de mieux préparer un examen ou d'arrêter de fumer… Quels sont les bienfaits de l'hypnose médicale ?

 L'hypnose est ce qui nous permet de retourner - consciemment - cette attention vers notre monde intérieur.
L'hypnose est ce qui nous permet de retourner - consciemment - cette attention vers notre monde intérieur. © Getty / Nick Dolding

D’habitude, on est très attentif au monde extérieur ; l'hypnose est ce qui nous permet de retourner - consciemment - cette attention vers notre monde intérieur.

Cette hypnose de music hall est très impressionnante… mais il ne faut pas la confondre avec l’hypnothérapie. Elle n’est d’ailleurs pas sans conséquence sur l’image de la pratique médicale : beaucoup de patients sont effrayés lorsqu’ils viennent à leur première séance - ou au contraire ils s’attendent à un effet spectaculaire (ils vont s’endormir et après ils ne fumeront plus)

Le médecin Bertrand Piccard explique au micro d'Ali Rebeihi : “Dans un accouchement, on va aller avec les contractions et non pas contre. On va utiliser sa respiration pour faire circuler l’énergie dans le corps. On prend possession de soi même ; le thérapeute n’est là que pour nous aider à le faire”. Il ajoute :

Il ne s’agit pas de s’endormir ou de se laisser aller mais, paradoxalement, de se contrôler beaucoup mieux.

Bertrand Piccaard à propos de l'hypnose : "Il ne s’agit pas de s’endormir ou de se laisser aller mais, paradoxalement, de se contrôler beaucoup mieux."
Bertrand Piccaard à propos de l'hypnose : "Il ne s’agit pas de s’endormir ou de se laisser aller mais, paradoxalement, de se contrôler beaucoup mieux." © Getty / Michael Blann

L'inconscient dans l'hypnose

Pour mieux comprendre l’hypnose, Bertrand Piccard propose une métaphore : imaginer l’être humain comme un iceberg.

  • les 10 % qui dépassent : nos pensées explicables par nous-même
  • les 90% sous l’eau : notre inconscient, les pensées qui nous échappent

Dans la psychanalyse, l’objectif est de prendre conscience de cet inconscient de manière à pouvoir résoudre des problèmes, des symptômes, etc. Ce n’est pas le cas dans l’hypnose : pour Bertrand Piccard, “on va dans l’inconscient non pas en considérant que c’est la poubelle dont on essaie de se débarrasser, mais une source extraordinaire de ressources, de capacités, d’intuitions, d’émotions positives".

Une idée qu’il résume avec une boutade :

Dans la psychanalyse, on ne va pas forcément mieux mais on sait pourquoi on va mal, alors que dans l’hypnose on va mieux mais on ne sait pas vraiment pourquoi.

Et ça marche ?

L'hypnose agit sur le circuit de la douleur : quand on allume une émotion ou une sensation on en éteint une autre. Travailler sur les émotions et sensations permet d’inhiber la douleur.

Si vous avez peur vous n’êtes pas en colère.

Si vous êtes joyeux, vous n’avez pas mal.

L'hypnose permet de retrouver son focus
L'hypnose permet de retrouver son focus © Getty / WIN-Initiative

Le docteur Bertrand Piccard témoigne de l'une des premières expériences d'hypnothérapie qu'il a effectué, avec une petite fille qui s'était cassée le bras :

Il fallait casser la corticale de l'os dans l'autre sens... Elle n'a absolument rien senti.

Sylvie souffrait d'une arthrose grave du genou à tel point que les morphiniques ne me soulageaient plus. Elle est allée voir un hypnothérapeute pour avoir moins mal :

La douleur prend moins de place dans ma vie qu'elle n'en prenait.

Valentine a arrêté de fumer à la suite de deux séances d'hypnothérapie :

Je n'ai jamais touché une cigarette depuis.

Jean-Marc Benhaiem, directeur du diplôme universitaire d'hypnose médicale à l'université Paris-V, a reçu une patiente qui souffrait de fibromyalgie. Un femme perfectionniste, très exigeante - et qui donc a un corps très contracté, douloureux. Avec l'hypnothérapie, il a pu modifier sa façon d'être dans la vie, sa tension, sans effet secondaire.

Ce qui nous intéresse c'est que la personne ne force pas. Qu'elle relâche quelque chose musculairement, ou des obsessions, des habitudes ou façons d'être dans la vie et qu'elle trouve la sortie de la guérison par elle-même !

Ces témoignages sont impressionnants. Pour autant, on ne peut pas remplacer l'anesthésie par de l’hypnose...

L’hypnose s’ajoute dans les cas d’anesthésie locorégionale lorsqu’on n’avait pas besoin de plus. Cela évite les symptômes post traumatiques et les douleurs post opératoires. Mais elle n'est pas une réponse alternative à tous les besoins d'anesthésie...

Le médecin anesthésiste Marc Galy explique comment est utilisé l'hypnose en bloc opératoire :

Dans un premier temps on va essayer de le ramener dans des perceptions ordinaires. Puis on va l'amener ailleurs pour qu'il quitte les perceptions du bloc opératoire.

Comment choisir son hypnothérapeute ?

La relation de confiance entre le patient et l’hypnothérapeute est un composant essentiel du succès de la pratique ; il est essentiel d’abord de bien choisir son pratiquant

  1. Choisir un hypnothérapeute, par exemple sur certains sites internet comme hypnose.fr
  2. Avant de se rendre au rendez-vous, demander à l’hypnothérapeute qui il/elle est ? Une sage femme, un médecin, un psychologue ? Ainsi vous serez assuré d’avoir affaire à un professionnel de santé.
  3. Il est essentiel que vous ayez confiance en lui. Si la qualité de la relation n’est pas bonne, changez d’hypnothérapeute.

L’hypnose est utilisée en Occident depuis au moins 200 ans. En France, la pratique est enseignée depuis 2001 et reconnue depuis 2005 par l’ordre national des médecins. Mais la pratique de l’hypnose n’est pas encore réglementée par l’Etat en France. Il n’y pas encore de titre officiel ou d’organisme de contrôle des centres de formation... et elle n'est pas remboursée par la sécurité sociale, mais par certaines mutuelles.

"Séance d'hypnose" peinte par Richard Bergh (1858-1919)
"Séance d'hypnose" peinte par Richard Bergh (1858-1919) © Domaine public
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.