Replongez dans les plus beaux moments de "Boomerang" cette semaine. L'ethnopyschiatre Tobie Nathan, le rappeur Rim'k, la chanteuse et comédienne Lio, l'écrivain Franck Bouysse et la comédienne Laure Calamy sont venus se confier au micro d'Augustin Trapenard.

"L'imagination c'est l'art de reconstituer ce qu'on a oublié" (Franck Bouysse)
"L'imagination c'est l'art de reconstituer ce qu'on a oublié" (Franck Bouysse) © Getty / RichVintage

Pablo Cotten a préparé rien que pour vous le best-of de Boomerang de cette semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard :

10 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 11 septembre 2020

Par Pablo Cotten

Tobie Nathan

À l'occasion de son dernier livre La société des belles personnes (Stock), Tobie Nathan était au micro d'Augustin Trapenard

TN : "C'est le collectif dans l'individu qui mobilise l'intérêt, c'est jamais la partie individuelle précise. C'est quand vous arrivez à retrouver la collectivité dans la personne que tout d'un coup, dans cette personne, il y a une sorte de Cinemascope qui s'ouvre. Et là, vous voyez un panorama. Certaines personnes parviennent à faire ça et puis d'autres, quand on les entend parler, on a l'impression qu'au contraire, ça devient la focale de la focale et qu'on va finir par regarder son spermatozoïde.

"Pourquoi se libérer [de son passé] ? Au contraire, on peut se libérer de la tristesse de son passé, mais il ne faut pas se libérer de son passé. Au contraire, ce sont des chaînes. Pour répéter le nom d'une édition, ce sont des liens qui libèrent. Plus on est lié, plus on est inscrit dans son passé et plus on est libre".

"Je suis tout le temps effrayé parce que je pense que la frayeur est aussi un moteur fondamental à condition de s'en ressaisir". 

Laure Calamy

Elle est l'affiche du film Antoinette dans les Cévennes, labélisé Cannes 2020, une comédie réalisée par Caroline Vignal, qui sortira en salles le 16 septembre. La comédienne était l'invitée d'Augustin Trapenard

LC : "C'est une grande jouissance, que ce soit sur scène et même devant une équipe de cinéma, cette sensation d'être, de cette expérience collective, de sentir un climat hostile, ça m'excite, ça peut me faire rire intérieurement de jouer et danser avec cette hostilité. Ça me plaît de trouver dans cet instant-là cette réunion, cette communion ensemble". 

"Même physiquement, j'étais brutale, j'avais de la violence, j'avais envie de me battre, j'avais envie de toutes les choses qu'on interdit aux filles. Et ce qui est extrêmement dommage parce qu'elles sont tout aussi violentes que les hommes. Le problème, c'est que comme on nous l'interdit, très souvent, on se la retourne contre nous-mêmes, cette violence, bien plus que les hommes".

"Le jour où, d'un coup je me dis 'je vais lâcher ce que j'ai dans la tête', là, j'ai pu jouir enfin".

Rim'K

Toujours aussi prolifique depuis ses débuts avec le groupe 113. Au printemps, il a sorti son dernier album Warning. Le rappeur Rim'K était l'invité d'Augustin Trapenard

"J'ai toujours vécu la musique comme un partage. Quand on fait de la musique, on veut qu'un maximum de personnes l'écoute. Quand on est en studio, on arrive à combiner ensemble et à faire de la musique en groupe, je trouve ça magnifique. C'est l'essence-même de la musique pour moi". 

"Chez les artistes, on est toujours dans la remise en question et on subit les critiques, parfois des revers et même les succès, ce n'est pas si facile à gérer. Finalement, notre plus gros ennemi, c'est nous-mêmes, c'est ce qu'on a au fond de nous".

  • Ne manquez pas le freestyle inédit de Rim'k 

Franck Bouysse

L'écrivain continue à nous faire voyager avec son dernier livre Buveurs de vent. L’histoire d’une fratrie face à la violence du monde. Retrouvez l'entretien de Franck Bouysse dans Boomerang

"Moi, je n'ai pas d'imagination. L'imagination, c'est quoi ? C'est l'art de recomposer sa mémoire, c'est-à-dire ce qu'on a été, ce qu'on a oublié, ce qui nous stratifie, ce qui nous constitue en expérience, en lecture, toutes sortes de choses qui font qu'à un moment donné, c'est là, c'est mon propre héritage. Ça peut devenir un livre, ça peut devenir une histoire, ça le devient".

"Le doute, c'est un mot très important pour moi, c'est ce qui me constitue en permanence. Même quand j'écris, je doute en permanence. La seule différence est peut-être que je prends confiance en mon doute petit à petit. A force d'écrire des livres, le doute est un moteur incroyable".

Lio

"On fait partie d'un monde. On est ensemble. Pour moi, la solidarité n'est pas un vain mot, c'est des choses qu'on doit vivre à sa façon, avec sa petite patte, comme on peut, mais on est ensemble".

"Pour être à l'aise, il faut être en égalité et malheureusement, ce monde, il est partagé entre dominants et dominés et les femmes font clairement partie des secondes. Et je suis en abstinence parce que ça fait déjà depuis mes 50 ans, je ne couche plus. J'ai fait une notable exception, mais avec un ours, ça, c'est très différent".

"On agit comme un jeu. Moi, je pensais qu'on avait tous les mêmes droits, qu'on jouait aux mêmes jeux, qu'on respectait les mêmes règles. Mais quelle erreur ! Quelle innocence ! On ne s'en remet jamais, sachez-le. Et on peut rester joyeuse et continuer à aimer la vie et à la chérir de toutes ses forces et à aimer tout court".

  • Retrouvez la carte blanche de Lio - "On se lève, on se casse" un texte de Virginie Despentes

Aller plus loin

🎧 RÉÉCOUTER - Boomerang, par Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h10

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