Etre un enfant d'Inter, au-delà d'une vie à France Inter, c'est être un enfant de Roland Dhordain.

Roland Dhordain
Roland Dhordain © Radio France / Roger Picard

Roland Dhordain
Roland Dhordain © Radio France / Roger Picard
Roland qui s'est éteint la nuit dernière à 86 ans a fondé FIP après avoir modernisé France Inter (il lance un concours en 63 auprès des auditeurs de Paris Inter pour rebaptiser la chaine, qui devient France Inter). Directeur et homme d'antenne, homme de droite aussi, il ne cesse de proposer un service public en phase avec son époque, proche du quotidien des auditeurs et cultive cette différence dont France Inter a fait son slogan.

La différence ? Promouvoir de jeunes talents, par exemple. Roland se vantait à juste titre d'avoir offert un studio et un public à une chanteuse encore débutante. Cette artiste allait devenir une star, elle s'appelait Barbara. Roland invente aussi "Madame Inter". La belle et brillante Annik Beauchamps défend les couleurs d'Inter à l'époque où le machisme régne dans l'audiovisuel et ailleurs. Elle intervient sur l'antenne l'après-midi avec le souci de poser les questions des auditrices-consommatrices des années 60 et de trouver des réponses. Annik Beauchamps part ensuite faire de la télévision à TF1 avec succès, avant de mourir prématurément d'un cancer. Quand il anime dans les années 90 une émission sur l'Europe, Dordhain reste profondément un patron d'Inter. Il connaît tout le monde, porte un regard sur le moindre stagiaire, journaliste, technicien, secrétaire, producteur... Il aime celles et ceux qui font la radio. Et il écoute SA radio. Il la commente. Roland conseillait, souvent, prêt à vous inviter en studio pour améliorer le placement de votre voix et votre tenue au micro. Généreux, gourmand de radio et de "son", capable surtout de se poser mille fois la question : qu'est-ce que le service public? Comment servir le public, en étant moderne et respecteux? Roland manque. Nous allons devenir des "Dhordainistes", prolonger son action chacun dans son domaine. (Sans doute nous montrerait-il du doigt en disant : "toi, alors...", tout en remontant ses lunettes en argent sur son nez.) Toutes nos pensées à sa fille Isabelle et à ses amis de la radio, ceux qui la font, ceux qui l'écoutent, qui l'aiment et la critiquent aussi, parfois.

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