L'agence de l'ONU a classé dimanche dix-sept réalisations de l'architecte franco-suisse, dont une dizaine situées en France.

La "Cité radieuse" de Le Corbusier à Marseille a été classée par l'Unesco
La "Cité radieuse" de Le Corbusier à Marseille a été classée par l'Unesco © Maxppp / Lenz, G.

L'oeuvre architecturale de Le Corbusier a été inscrite au Patrimoine mondial, a annoncé dimanche l'Unesco dans un tweet. "La proposition a été adoptée sans changement, par consensus. C'était proposé pour inscription et le comité a suivi la recommandation", précise Agnès Bardon, l'une des porte-parole de l'Unesco.

Adopté lors de la 40e session du Comité du patrimoine mondial de l'Unesco à Istanbul, suspendue samedi en raison de la tentative de putsch militaire, avant de reprendre dimanche matin, ce classement porte sur dix-sept réalisations de l'architecte franco-suisse, dont dix situées en France. Parmi eux le site de Firminy, dans la Loire, le deuxième plus grand site après celui de Chandigarh en Inde, avec un quartier, sa maison de la culture son stade, sa piscine et son église ou encore la "Cité radieuse" à Marseille.

Dix ans de travail et deux échecs

"Cette bonne nouvelle survient après plus de dix ans de travail, de concertation et deux échecs", s'est félicité dans un communiqué Benoît Cornu, président de l'Association des Sites Le Corbusier créée en 2010. "Cette étape n'est pas un aboutissement ! Il s'agit, désormais, de valoriser ce patrimoine devenu mondial, de le protéger et de le léguer à nos héritiers dans les meilleures conditions, pour qu'ils en fassent de même", a-t-il ajouté.

Les 17 sites Le Corbusier inscrits au patrimoine de l'Unesco
Les 17 sites Le Corbusier inscrits au patrimoine de l'Unesco / Visactu

Lorsqu'on parle de l'architecte, il y a les anti, farouchement anti... et les pro, farouchement pro. Son esthétique en béton brut, monumentale et dépouillée, ne laisse pas indifférent. Beaucoup soulignent aussi l'échec du projet collectif de "cités verticales", des "barres" dont on ne cessera d'essayer de se défaire depuis."Il faut se replacer dans le contexte de l'époque. Il était d'une avant-garde incroyable dans les années 30 alors qu'il n'existait pas de grue et les techniques de construction étaient arriérées. Ou après-guerre, face aux enjeux d'explosion démographique et d'insalubrité, quand il a fallu construire trois millions de logements en 30 ans", souligne Vanessa Fernandez, enseignante-chercheuse à l'École d'architecture de Paris-Belleville.

A Marseille, sa "Cité radieuse" a été rebaptisée "maison du fada". Beaucoup n'ont pas compris dans les années 50 pourquoi elle était de travers par rapport à l'axe principal: là encore, une histoire de lumière. Soixante ans plus tard, l'esprit de village vertical subsiste à Marseille, moins à Firminy où les murs passoires créent des conflits de voisinage dans cet immeuble où la majorité des 414 appartements sont des HLM. Depuis que Marseille a été capitale européenne de la culture en 2013, la Cité radieuse est même devenue le troisième lieu le plus visité de la ville, après Notre-Dame-de-la-Garde et le MuCEM. Un patrimoine vivant, comme le souhaite l'Unesco, mais que les habitants ne veulent pas voir se transformer en zoo architectural.

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