La célèbre productrice d'émissions de radio était l'invitée de Boomerang. Elle est venue nous raconter son amour de la radio depuis ses tous débuts, et ce qui fait sa singularité dans l'histoire des médias. Pour sa carte blanche, au micro d'Augustin Trapenard, elle a choisi de nous raconter une merveilleuse histoire.

Eve Ruggieri, décembre 2017
Eve Ruggieri, décembre 2017 © Getty / Eric Fougere - Corbis / Contributeur

Elle est venue nous confier son amour inconditionnel pour la radio, ce qu'a toujours représenté et suscité la Maison de la Radio en elle, pourquoi celle-ci restera éternelle à ses yeux, un gage essentiel de liberté. Elle en a profité pour exprimer sa nostalgie des plus belles voix de radio qui ont bercé son existence, ses plus beaux compagnonnages, que cela soit Jacques Chancel, Pierre Wiehn, Jean Garretto ou encore Yann Paranthoën. Une rétrospective des plus grands moments de l'histoire de la radio, notamment musicale, à réécouter. 

Pour l'occasion, Eve Ruggieri a souhaité nous raconter une histoire, une anecdote même, d'un personnage singulier, par pure nostalgie : 

3 min

La carte blanche d'Eve Ruggieri - Une histoire singulière de Ludwig van Beethoven

Par Augustin Trapenard

"J'ai choisi de vous raconter un Beethoven qui a 32 ans"

ER : "Pourquoi ? Parce que il rencontre une jeune personne qui est la beauté même, 16 ans, allez 17 ans, brune, les yeux bleus profonds. Elle est amie de Goethe, ce qui laisse Beethoven en état d'admiration absolue. Et elle le fait marcher. Mais c'est une oie aussi, parce qu'elle va tomber amoureuse d'un autre compositeur. Vous imaginez ? Mais qui est aristocrate, donc, on peut l'épouser. Mais pas Beethoven… Beethoven, il passe par la porte de service, il vient jouer du piano, donner des leçons. 

Elle va lui donner son portrait. Elle va minauder et lui est sous le charme. Et c'est quand il s'aperçoit qu'il a été mené en bateau que d'un seul coup - et c'est pour ça, parce qu'on pourrait me dire, mais pourquoi prendre Beethoven quand il rencontre mademoiselle Guicciardi ? Où est l'intérêt ? L'intérêt, c'est que ça ne s'arrête jamais assez sur ce que sont ces grands grands interprètes, ces génies, c'est qu'ils ont une sensibilité très cachée parce qu'il faut se battre, mais qui, quand elle se déclare, se déclare mille fois plus violemment que chez n'importe qui d'autre. 

Et donc, d'un seul coup, il s'aperçoit qu'il est maintenant totalement sourd, qu'il n'arrive pas à pouvoir épouser une personne qui l'accompagnerait, avoir une femme à ses côtés. Il se dispute avec ses frères à ce moment-là, il part pour Heiligenstadt (en Autriche) qui est une campagne haut perchée, assez sévère. L'été, ça va bien parce qu'il travaille, il est en train de finir sa seconde symphonie. Mais l'automne arrive et il se retrouve tout seul et brusquement il se demande : et si ça s'arrêtait ? Et si je me reposais un peu et il écrit ce testament dit d'Heiligenstadt, où il annonce qu'il va mourir. 

Et alors, là, on raconte toujours, en général beaucoup de choses : qu'il est tombé sur une page dans la Bible… Je pense qu'il s'est dit que la musique devait passer sur tout. C'est le plus important. Et donc, il va trouver le thème de la troisième Symphonie l'Héroïque, qui rend hommage à Bonaparte dont il déchirera la dédicace quand Bonaparte se fera empereur, et il repart avec cette espèce de force incroyable qui se traduit dans sa musique". 

On passe avec Mozart de la fin du XVIIIe siècle au tout début du XIXe, et d'un seul coup, ce n'est plus le piano de Mozart, avec cette élégance et légèreté, cette nostalgie si magnifique, mais c'est tout un orchestre sous dix doigts d'une main

Aller plus loin 

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