Des personnes en costumes d'époque pour parler d'aujourd'hui… Que penser de cette nouvelle série de Netflix au démarrage tonitruant ? Voici les avis des critiques de l'émission "Une heure en série" : Marjolaine Boutet (Phosphore) Benoit Lagane (France Inter) et Ava Cahen (Le Cercle).

Détail de l'affiche de La Chronique des Bridgerton de Shonda Rhimes
Détail de l'affiche de La Chronique des Bridgerton de Shonda Rhimes © Netflix

La présentation de la série par Xavier Leherpeur

"Mettons-nous tous en robe empire pour La Chronique des Bridgerton une série de huit épisodes disponibles sur Netflix ! 

La Chronique des Bridgerton se déroule donc dans le Londres aristocratique du XIXe siècle. Pour les jeunes filles de bonne famille, c'est l'heure cruciale des premiers bals de la saison. L'occasion pour ces demoiselles faussement sages de sortir enfin dans le grand monde et de passer de l'état de fille docile à celui d'épouse soumise. 

Intronisée par la reine elle-même, la jeune Daphne est promise à ce discutable bel avenir de denrée convoitée par tous ces nobles plus ou moins frais qui rêvent de l'accrocher à leurs bras comme une décoration ou un trophée. Mais les choses ne vont pas se passer aussi simplement

Phoebe Dynevor. Image de la série La Chronique des Bridgerton par Shonda Rhimes
Phoebe Dynevor. Image de la série La Chronique des Bridgerton par Shonda Rhimes / Netflix

Fraîchement débarquée dans la capitale pour éviter le scandale d'une grossesse prématurée, Marina Thompson, une jeune femme d'une famille rivale lui ravit le titre de la plus jolie célibataire de l'année. Ajoutez à cela l'arrivée dans ce jeu de dupes d'un très beau duc, mais réfractaire à toute idée de mariage et de descendance. Ce beau duc, Simon Hastings est un séducteur patenté aux lèvres parfaites souvent montrées en gros plan (je ne sais pas qui du directeur de la photo ou du cadreur était amoureux de l'acteur !) Daphne fera de ce séducteur un allié pour éviter les "fins de race" que lui destine sa famille.

Pour pimenter le tout, tapie dans l'ombre de l'anonymat, une certaine Lady Whistledown créé troubles et inquiétudes en révélant au grand jour dans ses chroniques des secrets d'alcôve souvent très embarrassants pour la noblesse londonienne. 

Mais qui est donc cette chroniqueuse mondaine et vipérine devant laquelle chacune et chacun tremble de voir son statut social vaciller ? 

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La Chronique des Bridgerton est une série particulièrement attendue puisqu'elle signe l'arrivée de Shonda Rhimes chez Netflix. Pour mémoire, c'est la productrice de Scandal, Grey's Anatomy ou encore Murder. C'est l'adaptation du roman éponyme de Julia Quinn, disponible aux éditions J'ai lu en France, qui connaissent depuis la diffusion de la série une courbe exponentielle des ventes des livres. Ils vont être réédités, mais il paraît qu'en eBook, ça se vend comme des petits pains. Shonda Rhimes a collaboré avec sa fidèle complice Chris Van Dusen co-scénariste et également productrice sur Scandal ou encore Private Practice

Dans les rôles principaux : Phoebe Dynevor dans celui de Daphne, et dans le rôle du "Duc aux lèvres parfaites" Rege-Jean Page.

Ben Miller, Bessie Carter, Harriet Cains, Nicola Coughlan, Polly Walker, la famille Featherington dans Les Chroniques de Bridgerton
Ben Miller, Bessie Carter, Harriet Cains, Nicola Coughlan, Polly Walker, la famille Featherington dans Les Chroniques de Bridgerton / Netflix

Qu'en dit la presse ? 

Et qu'en disent nos critiques dans "Une heure en série" ?

Marjolaine Boutet : " De la pureté fantasmée"

MB : "Je suis tout à fait d'accord avec Guillemette Odicino : La Chronique des Bridgerton, c'est Gossip Girl à l'époque de Jane Austen et au royaume de Shona Land.

On est chez les riches et les puissants comme dans Gossip Girl, avec quelqu'un de mystérieux qui raconte les secrets des uns et des autres. Il faut dire que dans la V.O. Cette voix mystérieuse, c'est celle de Julie Andrews, qui à 86 ans, a une pêche d'enfer (et une voix sublime).

L'époque est celle de Jane Austen, donc celle de la Régence, de ce qu'on appelle nous la fin de l'Empire et la Restauration, donc le tout début du XIXe siècle. 

C'est la période privilégiée pour les romances historiques américaines avec une touche féministe, c'est à dire qu'on est dans les calèches, les jardins anglais, les robes empire, les soldats de retour de la guerre, les bals à n'en plus finir. 

On n'est pas du tout dans une série réaliste. C'est de la pureté fantasmée dont l'objectif est de raconter le désir entre deux personnages, Daphne et le Duc. Comme il y a huit enfants, donc huit volumes, donc il y a de quoi faire huit saisons minimum et donc de revoir donc Rege-Jean Page.

C'est un casting multiracial et ça change la représentation de de ce XIXe siècle qu'on imagine trop souvent trop blanc et qui était déjà multiracial comme en témoignent des Alexandre Dumas et son père".

 Claudia Jessie, Nicola Coughlan dans La Chronique des Bridgerton
Claudia Jessie, Nicola Coughlan dans La Chronique des Bridgerton / Netflix

Benoît Lagane : " Tout ça est bien beau pendant quatre ou cinq épisodes et après on tire à la ligne !"

BL : "C'est Gossip Girls avec Jane Austen, mais il y a aussi un petit peu de Dynasty pour le côté soap pompier totalement assumé. Pour moi, c'est plus "Amour, gloire, raison, sentiments et beauté" !

Tout ça, est bien beau pendant quatre ou cinq épisodes et après on tire à la ligne. On a l'impression que la série freine sur tous les sujets qu'ils auraient pu aborder. C'est très bien de ne pas en faire un sujet de cette société multiculturelle, mais il y a des personnages autour du Duc et de Daphne qui ne sont pas du tout travaillés. 

On peut imaginer que cela est fait sciemment pour ne pas casser la machine pour les saisons prochaines, qu'il vaut mieux ne pas trop en raconter sur les frères et sœurs de Daphne parce qu'ils seront dans les prochaines saisons… Mais il n'y a pas qu'eux dans cette série ! C'est ce qui m'a agacé. 

J'ai adoré pendant cinq épisodes. [ALERTE DIVULGACHAGE]Et puis, à partir du moment où il y a le mariage, je suis déçu. Cet évènement arrive trop vite. Comme la révélation du trauma du duc qui arrive trop tôt. Il aurait pu être le fil conducteur de toute cette saison, avec un mystère complémentaire. Cela nous aurait peut-être permis de comprendre un peu mieux, pourquoi ce duc freine, freine, freine la volonté d'une descendance."

Ava Cahen : "Une série très conventionnelle, jusque dans la sexualité"

Golda Rosheuvel, la reine dans La Chronique des Bridgerton
Golda Rosheuvel, la reine dans La Chronique des Bridgerton / Netflix

AC : "Je suis mitigée. Entrer dans ce grand monde par la grande porte avec Daphne m'a intéressée. J'ai aimé voir cette jeune fille naïve qui rêve du prince charmant et qui va déchanter. Elle va vite se rendre compte que rien de tel n'existe. On voit, épisode après épisode, son rêve doucement se briser. La déception s'invite dans ce conte bleu layette et rose bonbon. Cet aspect est plutôt intéressant à voir. 

On a vu récemment des films comme La favorite ou des séries comme Le bûcher des vanités ou The Great… des œuvres qui traitent de manière satirique des carcans sociaux et sexuels qui ont façonné l'histoire du XVIIe et du XIXe siècle pour mieux interroger le temps présent. La série des Chroniques de Bridgerton prend volontairement le contrepied de cette tendance, c'est franchement surprenant. 

Daphne ne combat pas le conservatisme, elle l'embrasse ! Ce qui arrange d'ailleurs sa jeune sœur, qui n'a pas son aisance pour se glisser dans le moule. 

C'est troublant de voir qu'au pouvoir, il n'y a pas un roi, mais une reine. Et que ce matriarcat-là n'est pas plus avantageux pour les femmes. Il n'est pas plus progressiste. Même dans son apprentissage de la sexualité, dans ses ébats, le personnage de Daphne est contraint par cet imaginaire peu développé. Les scènes de sexe sont "hot", mais finalement très conventionnelles

Je ne boude pas complètement mon plaisir. Il y a quelque chose parfois de savoureux, mais La Chronique des Bridgerton reste conventionnelle".

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