Gabriel Yared, Danny Boyle, Bob Sinclar et Alain Passard entre beauté, spiritualité et altruisme.. Retour sur les meilleurs moments de "Boomerang" d’Augustin Trapenard cette semaine.

La culture, la plus belle des croyances
La culture, la plus belle des croyances © Getty / axel bernstorff

Paul Guillotte a préparé un best-of de Boomerang à partir des entretiens d'Augustin Trapenard cette semaine : 

12 min

Le best of de Boomerang du 21 juin

Par Paul Guillotte

Gabriel Yared : "la beauté m'a appris à me connaître moi-même"

Il fait partie des compositeurs les plus marquants, en matières de musiques de cinéma, de ces quarante dernières années. On pourra le retrouver très bientôt au Festival du Cinéma et Musique de Film de La Baule. Gabriel Yared était l'invité d'Augustin Trapenard.

"Quand nous sommes sur une tribune où se tient un orgue, on a vraiment l'impression que nous sommes dans un environnement céleste, on regarde le monde d'en haut avec ces tuyaux qui vous soufflent dans les oreilles, c'est divin". 

Je me souviens d'une expérience presque mystique : la première fois que je suis monté vers une tribune, j'avais l'impression d'une ascension vers le ciel. J'ai posé mes mains sur l'orgue et je me suis dis : "je suis Dieu". 

"La beauté m'a apporté le monde, l'univers, elle m'a appris à me connaitre moi-même aussi, mes faiblesses, car souvent on compose, on se croit bon et puis on recommence à faire la même chose, ce qui fait que l'on vit sur ses habitudes. Et ce renouvellement là, dans ma vie, dans mes habitudes et je ne parle pas que de musique, c'est la musique qui me l'a appris. Il faut toujours explorer d'autres chemins". 

Pour Gabriel Yared, la musique est indissociable d'une dimension spirituelle : "Je sais que j'ai reçu à ma naissance un don exceptionnel, et à ma manière, je rend grâce à ce don". 

Ma spiritualité se vit dans ma musique

"Si une musique reste et traverse les siècles "c'est, explique-t-il, probablement parce qu'elle a été pensée avec une conscience infinie, et que le compositeur a mis tout ce qu'il aime. Il est devenu lui-même et tout entier dans son oeuvre et n'a jamais accepté qu'il y ait un seul défaut dedans, c'est une tension vers la perfection". 

"Pendant quelques temps, je commençais toujours ma journée en écoutant une cantate de Bach d'abord, puis ensuite, en la lisant, déchiffrée au piano. Toute ma journée tendait vers Bach, comme si je tendais, au dessus de moi, un ciel que, toute la journée, j'essayais d'atteindre".

Danny Boyle : "la culture vous encourage à aller vers l'autre"

Le très grand réalisateur à qui l'on doit "Slumdog Millionnaire" qui lui avait valu deux Oscars, sort son nouveau film, "Yesterday". Danny Boyle s'est entretenu avec Augustin Trapenard

La beauté me transfigure complètement et j'y crois plus que tout. La beauté se partage 

"Il y a des croyances qui vous encouragent, et la plus prestigieuse - celle qui a tout changé - c'est la culture, l'art, l'expression artistique, l'expression personnelle, et dans le bien-être qu'elle procure. C'est la plus importante des croyances car c'est la seule qui ne sait pas se défendre. Pourtant, c'est celle qui vous transforme, qui vous encourage à aller vers l'autre, c'est le développement par l'échange". 

Bob Sinclar : "mon plaisir, c'est de faire danser les gens"

Il est peut-être le DJ français le plus célèbre à l’étranger, avec David Guetta et Martin Solveig. La star de la French Touch s'est exprimée au micro de Boomerang

La beauté c'est un échange d'énergie avec le public qui me renvoie cette énergie. 

Pour faire hurler le public, explique-il, "il y a besoin d'énergies de bonheur". 

Mais moi, je ne fais pas la fête, je fais faire la fête aux gens. 

"Mon plaisir, c'est de jouer de la musique pour que les gens puissent s'amuser. Au point que quand je suis en soirée, je m'ennuie presque. À l'époque, quand j'étais jeune, mes potes allaient boire mais moi je n'avais pas forcément envie, cela ne m'intéressait pas, je passais ma soirée aux côtés du DJ, je voulais être à sa place et faire danser les gens". 

🎧 ÉCOUTER - Après avoir sorti un dernier titre en collaboration avec Robbie Williams : ‘Electrico Romantico’, Bob Sinclar modifie ce morceau en le fusionnant avec un autre classique : ‘Starlight’ du producteur The Supermen Lovers. Le titre s'intitule donc ‘Romantico Starlight’.

Alain Passard : "en cuisine, tout repose sur l'agilité des mains"

Le chef trois étoiles est actuellement au musée de l’Armée pour une série de "Master Class" dans le cadre d'une exposition "Picasso et la guerre" Le chef-cuisinier était sur le plateau de Boomerang

"La première oeuvre d'art culinaire du chef-cuisinier était une salade de pommes de terres : 

J'étais en apprentissage, et discrètement, quand personne ne me voyait, je rajoutais un verre de liqueur à vin blanc. 

"Les mains pour le cuisinier, c'est comme les musiciens, cela fait partie de l'école du geste, tout repose sur l'agilité des mains et la souplesse des doigts". 

Je sens, aujourd’hui, au sein de notre profession, que c'est la main qui fait la différence, plus que le goût, c'est la main, le geste qui fait la différence.  

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