Moignon, jambe de bois, prothèses en plastique ou imprimables en 3D, transhumanisme... Les réparations du corps mutilés sont multiples, complexes et évolutives…

Détail de la couverture de "La Fabrique des corps" d'Héloïse Chochois
Détail de la couverture de "La Fabrique des corps" d'Héloïse Chochois © Octopus/Delcourt

Le deuxième volume de la collection de vulgarisation scientifique en BD, "Octopus" chez Delcourt, dirigée par le dessinateur Boulet, et Marion Amirganian, s’intéresse à cette branche singulière de l’histoire de la chirurgie.

Saviez-vous que l’on pratiquait déjà des amputations il y a 6900 ans ? Que la méthode baptisée "réinnervation sélective" permet une commande plus intuitive des prothèses grâce à un amplificateur de signal nerveux à travers les muscles ? Que l’on peut espérer un jour faire retrouver une motricité fine à un amputé ? Et que le transhumanisme est pour très bientôt ?

►►► ALLER + LOIN I La Fabrique des corps dans l'émission scientifique présentée par Mathieu Vidarad : La Tête au carré

Un chirurgien du XVIe siècle et un blessé d’aujourd’hui

C’est ce que nous apprend Héloïse Chochois avec beaucoup d’intelligence dans son premier album édité par le dessinateur Boulet et Marion Amirganian, dans sa collection de vulgarisation scientifique en BD "Octopus", chez Delcourt. Pour guider le lecteur, Héloïse Chochois a conçu un dialogue imaginaire entre un jeune amputé d’aujourd’hui à son réveil à l’hôpital, et le père de la chirurgie moderne : Ambroise Paré. Le célèbre médecin royal du XVIe siècle a mis au point la ligature des artères. Il a ainsi évité aux blessés la cautérisation des plaies qui, alors, s’avérait souvent mortelle…

Grâce à cette conversation dessinée, les informations sont à hauteur d’homme, incarnées. Le rythme de la narration est fluide, et le dessin esthétique, presque naïf, permet l’identification, tout en maintenant une distance salutaire. Résultat : on suit volontiers ces propos plutôt ardus sur l’évolution des techniques de réparation des corps.

L'amputation au moyen-âge - Détail d'une planche de La Fabrique des corps d'Héloïse Chochois
L'amputation au moyen-âge - Détail d'une planche de La Fabrique des corps d'Héloïse Chochois © Octopus/ Delcourt

Heloïse Chochois spécialiste de la vulgarisation scientifique en BD

Repérée par Boulet grâce à sa BD sur le web Infiltré chez les physiciens un projet de vulgarisation du travail des physiciens axé sur l’aspect humain de la recherche scientifique, Héloïse Chochois a beaucoup appris. La dessinatrice de 26 ans diplômée de l’Ecole Estienne, s’est spécialisée dans la vulgarisation scientifique dès l’école. Elle maîtrise son art. Mais en allant voir des accidentés, elle a eu peur d’être happée par l’émotion et de ne raconter que des choses "gnangnan". Qu’elle se rassure : on refermeLa Fabrique des corps plus savants. Et pris par les questions philosophiques posées par le désir d’immortalité humaine.

La BD permet de montrer des choses que l’on n’aimerait pas regarder en photo

Ecoutez Heloïse Chochois expliquer en quoi la BD est le bon médium pour parler médecine :

« La BD est un média très intéressant : on peut en faire ce que l’on veut. En particulier, sur un sujet pas évident graphiquement. Les gens sont spontanément écœurés par ces notions de perte de membres. La BD permet de monter des choses que l’on ne regarderait pas en photo. D’utiliser cette narration permet d’attirer, de prendre le lecteur par la main en lui racontant une histoire tout en lui transmettant une info »

Leçon de dessin d’Héloïse Chochois

Comment j’ai dessiné La Fabrique des corps :

Feuilleter quelques pages

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La Fabrique des corpsd'Héloïse Chochois est publié chez Delcourt dans la collection Octopus

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