La BnF explore pour la première fois les liens singuliers de l’artiste photographe Richard Avedon avec la France.

Portrait de Marilyn Monroe par Richard Avedon présenté lors de la première grande rétrospective de l'œuvre du photographe depuis sa mort en 2004. Jeu de Paume, Paris
Portrait de Marilyn Monroe par Richard Avedon présenté lors de la première grande rétrospective de l'œuvre du photographe depuis sa mort en 2004. Jeu de Paume, Paris © Sipa / GINIES

Célébré dès ses débuts pour ses photographies de mode, Avedon a développé au long de sa vie une œuvre exceptionnelle, jalonnée de rencontres françaises qui ont fortement influencé son travail. L’exposition La France d’Avedon, Vieux Monde, New Look rassemble près de 200 pièces, choisies pour raconter une histoire : celle de l’attachement profond pour la France de l’un des plus grands photographes américains de la seconde moitié du XXe siècle.

Catherine Deneuve Los Angeles 1968
Catherine Deneuve Los Angeles 1968 © Richard Avedon

L’image photographique chez Avedon s’est constamment enrichie et renouvelée par et pour d’autres formes : le texte, le livre, le magazine, le cinéma, la danse… Cette réinvention permanente est particulièrement sensible dans son travail développé en lien avec la France. Des années quarante, quand il vient photographier les collections de mode à Paris pour le magazine Harper’s Bazaar à son séjour en 1968 pour travailler à l’édition d’une monographie de Jacques Henri Lartigue, jusqu’à sa collaboration avec Nicole Wisniak pour Egoïste à partir de 1985, chaque rencontre française amène Avedon à se réinventer, à développer toujours plus une pratique hybride de la photographie. La France d’Avedon se découvre à la BnF en quatre temps, qui témoignent de la richesse de son œuvre. Elle se raconte au travers de nombreux portraits de personnalités saisies par l’objectif de l’artiste mais également autour d’un film, d’un livre et d’un magazine.

►►► Des portraits

  • Jean Cocteau, Coco Chanel, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Yannick Noah, Isabelle Adjani, Yves Montand, Simone Signoret… Autant de personnalités et d’icônes photographiques qui témoignent de l’attachement de l’artiste à la culture française comme de son œuvre exceptionnelle développée autour du portrait pendant près de cinquante ans.

►►► Un film : Funny Face

  • En 1956, Richard Avedon est « consultant visuel » dans Funny Face (Drôle de frimousse) réalisé par Stanley Donen. Le film, largement tourné en France, s’inspire de la carrière d’Avedon en tant que photographe de mode à Paris.

►►► Un livre : Diary of a Century

  • La relation intime entre Avedon et la France se lit également dans son travail sur l’œuvre de Jacques Henri Lartigue. En 1968, Richard Avedon vient à Paris travailler à l’édition de Diary of a Century. Cette monographie de photographies de Lartigue est conçue par Avedon et contribuera à faire reconnaître l’artiste français dans le monde entier.

►►► Un magazine : Egoïste

  • Avedon collabore de nombreuses années avec le magazine français Egoïste, dédié aux arts, la littérature, la performance, le théâtre et la danse, mêlant reportage, publicités, portraits et photographies de mode dans une mise en page d’une grande élégance… Avec Egoïste, il réalise pleinement une photographie nourrie des autres formes d’art.
François Truffaut et Jean Pierre Léaud 1971
François Truffaut et Jean Pierre Léaud 1971 © Richard Avedon

L’exposition qui dessine La France d’Avedon suit ainsi les courbes du parcours exceptionnel du photographe à travers la culture française : d’un Paris fantasmé dans Funny Face, l’histoire bascule à la Belle-Epoque « relookée » dans Diary of a Century, pour s’achever en 1991 dans Egoïste, avec le Bal Volpi à Venise, une série photographique qui met en scène le déclin du « vieux monde » proustien.

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