Il y a 20 ans jour pour jour sortait le premier tome de la saga Harry Potter. Une série de livres qui a marqué toute une génération (et même plus).

Pour la sortie des livres Harry Potter, les librairies ouvraient pour la plupart à minuit
Pour la sortie des livres Harry Potter, les librairies ouvraient pour la plupart à minuit © Maxppp / Stephane MORTAGNE / La Voix du Nord

Je me souviens l'époque où j'ai découvert "Harry Potter à l'école des sorciers". C'était en 2000, l'année de ma cinquième au collège. Cela faisait déjà près de trois ans que le roman Harry Potter à l'école des sorciers était sorti et s'était écoulé à des dizaines de milliers d'exemplaires – mais du haut de ma dizaine d'années, je ne le savais pas. A l'époque, j'étais trop vieux pour lire les aventures du Club des Cinq d'Enid Blyton, les "Chair de Poule" ne m'intéressaient pas, j'avais essayé de lire "des livres de grands" mais je n'avais rien compris à "Messieurs les enfants" de Daniel Pennac, pourtant conseillé par ma professeure de français.

Effet de mode

Je m'étais réfugié dans les saines lectures la collection Medium de l'Ecole des Loisirs et ses romans pas toujours très joyeux mais la plupart du temps assez prenants. C'est surtout que la bibliothèque du collège était bien équipée dans cette collection (Marie-Aude Murail, nous l'avions tous lue). Et puis il y avait ces livres, qu'il était difficile d'avoir parce que sitôt rentrés en rayonnage, ils repartaient : "Harry Potter à l'école des sorciers", "Harry Potter et la chambre des secrets", "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban".

Le jour où j'ai commencé "Harry Potter à l'école des sorciers", c'est parce que des dizaines de mes copains d'école me l'avaient conseillé. Un bouche-à-oreille pas croyable, pour un seul livre. Un livre, en plus. Pas le dernier jeu vidéo à la mode, un livre ! Alors j'ai suivi la mode et j'ai lu le premier tome - un peu difficilement au début, je m'en souviens, puis le deuxième et le troisième dans les jours qui ont suivi.

Quelque chose de familier

Je ne fais pas partie de ces jeunes d'alors qui diraient que leur vie a changé quand ils ont découvert les aventures de ce jeune orphelin appelé à devenir un grand sorcier et à lutter contre les forces du mal. Mais incontestablement, je fais partie de la "génération Harry Potter", celle qui a arrêté pendant un temps de jouer aux Pokémon pour dévorer une série de romans. Celle qui fête ce mardi ses vingt ans, vingt ans après la sortie au Royaume-Uni du tout premier tome de la saga.

Au collège, c'est bien simple, tout le monde avait lu Harry Potter. Avec le recul aujourd'hui, je dirais qu'il y avait dans cette histoire quelque chose de familier qui nous rapprochait tous de ces trois personnages sympathiques, Harry, Ron et Hermione : entre l'orphelin, le rouquin et la première de la classe, il y avait de quoi se reconnaître dans les anti-héros collégiens de ces romans qui devenaient des super-héros, dans un univers pas si parallèle où la magie était partout, elle était juste bien cachée.

Mais tout ça, je n'en avais pas conscience à l'époque : j'aimais lire les aventures de Harry Potter, nous aimions tous les lire. Et il y avait un truc génial : nos professeurs de français approuvaient cela ! On lisait des romans fantastiques pour enfants, certes, mais on lisait. Et je crois bien que c'est à ce moment-là aussi que plusieurs d'entre nous se sont mis à écrire, aussi, à soigner leurs expressions écrites ou à imaginer leurs propres histoires, pour le plaisir. Aujourd'hui, je me dis qu'il n'y aurait peut-être pas autant de "fan-fictions" sur le web (des fictions imaginées par le public) si Harry et ses amis n'étaient pas passés par là.

L'attente des tomes suivants

Et puis on nous a annoncé la sortie d'un quatrième livre : Harry Potter et la Coupe de feu. On nous l'a annoncé bien en avance, pour qu'on puisse tous être impatients, très impatients de lire ces nouvelles aventures. Moi qui avais dû acheter un ou deux disques tout au plus, je me retrouvais à pré-commander un livre, et pis encore, à faire la queue à la librairie pour le récupérer, le soir de la sortie, à minuit ! Et nous étions tous dans le même cas. Harry nous a rendus accros.

Le lendemain, au collège, j'arrivais en ayant lu les premières pages dans le car scolaire. Certains arrivaient, triomphants mais les cernes aux yeux : ils avaient tout lu dans la nuit ! Et quand je dis tout, j'insiste : les 656 pages grand format du roman.

On a passé un cap supplémentaire avec le tome 5, "Harry Potter et l'ordre du Phénix", sorti un an plus tard. Nous étions en troisième en 2003, les meilleurs d'entre nous s'étaient alors aventurés, pour ne pas avoir à patienter jusqu'à sa sortie en français en décembre, à le lire en anglais. D'eux-mêmes, sans qu'aucun professeur ne leur demande. De mon côté, j'ai attendu patiemment la sortie en français. Et je dois l'avouer : je n'ai pas surmonté les 975 pages de ce nouveau tome.

Génération marquée

Pour moi, la saga Potter s'est arrêtée là. J'ai pu me rattraper ensuite avec la série de films - que je revois toujours avec autant de plaisir. Mais même si je n'ai jamais fait partie des fans acharnés, j'estime faire partie de cette génération Harry Potter, celle qui, le temps d'une parenthèse de dix ans (le dernier tome est sorti en 2007) s'est passionnée pour les aventures d'un jeune sorcier dans des livres, et qui n'en est pas sortie indemne.

Certains d'entre nous se sont redirigés vers d'autres sagas ("Le seigneur des anneaux", que leurs parents avaient lu dans les années 70-80, pour les uns, "A la croisée des mondes" pour les autres), d'autres ont continué à écrire, d'autres enfin ont fait de Harry Potter leur entrée vers le monde riche du fantastique, qui rassemble aujourd'hui une communauté de millions de fans (et ce ne sont pas les audiences de Game of Thrones qui diront le contraire).

Et aujourd'hui encore, lorsqu'on nous annonce l'arrivée d'un huitième épisode - même si celui-ci prendra la forme d'une pièce de théâtre, ou quand l'auteur de cette saga, J.K. Rowling, dont le seul nom suffit à faire frémir les fans, dissémine sur son site "Pottermore" des informations inattendues sur ses personnages (comme l'identité de l'arrière-grand père d'Harry Potter, qui se nomme en réalité... Harry Potter), nous ne pouvons nous empêcher de sourire en repensant à ces histoires et à ces aventures qui ne nous ont jamais vraiment quittés.

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