La Librairie du Québec est située au cœur de Paris. Depuis 1995, cet établissement fondé par deux libraires québécois n’a jamais déménagé. Et plus que jamais, il tente d’offrir un autre regard à ses clients sur la littérature francophone, mais plus encore, les auteurs de la Belle Province. Anne-Isabelle Tremblay dirige aujourd’hui l’établissement, repris en 2000 par Hervé Foulon , propriétaire du groupe éditorial Hurtubise . Elle nous raconte ce monde, qu’un petit océan sépare...

« Après huit années de travail dans la librairie Pantoute de Québec, j’ai fait de nombreux voyages entre France et Québec. J’ai également travaillé une année dans la librairie française de Munich. C’est en 2015 que j’ai remplacé Marie-Noëlle Blais, qui avait soutenu cette librairie durant dix années. »

La Librairie du Québec veut ouvrir la France « et l’Europe, voyons » , plaisante la libraire, à la littérature québécoise. « Nous avons un site qui sert pour les commandes, et nous intervenons aussi comme distributeurs et diffuseurs pour plusieurs éditeurs : Mémoire d’encrier, Marchand de feuilles, la peuplade ou encore Septentrion. » Et toujours le même souffle qui porte : faire rayonner la littérature le plus loin possible.

Des expériences québécoises, Anne-Isabelle Tremblay garde de belles rencontres. « Ici, les clients ont plus besoin des conseils du libraire. Et même si, dans le fond, le métier est identique, il manque une formation comme celle que propose l’Institut national de formation de la librairie en France. Au Québec, on se retrouve libraire par passion, mais sans être instruit de ce qu’est le métier. Moi, par exemple, c’était un job d’étudiante au départ. Mais j’ai été piqué, et, finalement, je ne l’ai jamais quitté. »

Après, que l’on soit de l’un ou l’autre côté de l’Atlantique, le plaisir reste identique : « Comprendre ce qu’attendent les clients, les diriger au meilleur de nos connaissances et de nos stocks, c’est toute la beauté de la librairie. Avec le temps, on finit par acquérir, sur le tas, les outils nécessaires. »

En septembre 2015, la librairie a fêté ses vingt ans, avec « un beau succès, et trois belles soirées » , se souvient-elle. « Nous avons fait une soirée d’inauguration assez informelle, et organisé deux autres rendez-vous, avec Joséphine Bacon et Jocelyne Saucier et pour la troisième, nous avons accueilli Michel Tremblay et Éric Dupont. C’était magnifique ! »

Ce lien entre France et Québec se retrouve évidemment dans ses conseils : actuellement, un livre d’Anaïs Barbeau-Lavalette fait couler beaucoup d’encre.« On en parle parce qu’il est extraordinaire. L’auteure raconte l’histoire d’une femme, Suzanne, qui fréquenta les cercles des Automatistes – les surréalistes du Québec » , explique Anne-Isabelle Tremblay, avec gourmandise.

La femme qui fuit
La femme qui fuit © Marchand de feuilles /

La femme qui fuit , publié au Marchand de Feuilles est plus qu’un roman historique. « Elle parle d’une femme qui a préféré abandonner sa fille, parce qu’elle était incapable de s’astreindre à la vie rangée de famille. Suzanne a fait de nombreux voyages, milité pour les droits civiques des noirs, fréquenté des artistes... Mais surtout, la fille de Suzanne est la mère de l’auteure. C’est poignant, puissant. »

Pas vraiment un conseil, donc, plutôt un livre du moment. Pour ses lectures, et ses découvertes, la libraire nous recommande d’ailleurs d’aller fouiner sur le site Cousins de personne, une association franco-québécoise, qui fait la promotion des littératures francophones. « J’y ai rencontré des auteurs algériens, libanais, suisses, belges : toutes les francophonies s’y retrouvent. »

►►►A lire également : Portrait de libraire, Nathalie Romanens

Entretien réalisé en partenariat avec ActuaLitté

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La Librairie Francophone reçoit des auteurs et accueille, en duplex, des libraires des 4 pays pour évoquer leurs coups de coeur et les livres qui font l’actualité dans leurs pays respectifs. Tout les samedis de 15 à 16h.

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