Entre roman noir, thérapie post-traumatique, sororité féminine, illustration et chansons du monde, Augustin Trapenard reçevait cette semaine, la comédienne française Clémence Poésy, le chanteur Kendji Girac, l'illustrateur et affichiste Jean-Claude Floc'h, la philosophe Geneviève Fraisse et l'écrivain Hervé Le Corre.

"La lumière, ce sont toujours les autres qui l'apportent" - Clémence Poésy dans Boomerang
"La lumière, ce sont toujours les autres qui l'apportent" - Clémence Poésy dans Boomerang © Getty / Tim Robberts

Chaque semaine, Anouk Roche immortalise rien que pour vous les plus beaux moments des entretiens de Boomerang : 

13 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 19 février 2021

Par Anouk Roche

Kendji Girac

Le chanteur est venu confier son amour de la musique et de la guitare, à l'occasion de la sortie de son 4e album "Mi vida", le vainqueur de The Voice en 2014 est venu faire parler sa guitare au micro de Boomerang :

KG : "Je peux m'exprimer avec ma guitare. Quand je chante, c'est ma façon de me sentir bien, vivant, ma façon d'être heureux. J'ai appris à mieux m'exprimer avec le temps. Au début, c'était un peu plus compliqué parce que je parlais le catalan à maison. C'est pour ça aussi que, des fois, je parlais mieux avec ma guitare et en chanson. Parfois, c'était mieux qu'avec les mots".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

🎧  CARTE BLANCHE - Le chanteur a repris "Historia de un amor" de Carlos Eleta Almarán

Clémence Poésy 

L'actrice française, révélée dans Harry Potter et la Coupe de feu, par son célèbre rôle de Fleur Delacourt, est à l'affiche de la nouvelle série "En thérapie" d'Eric Toledano et Olivier Nakache. Au micro d'Augustin Trapenard, elle est venue partager sa passion du cinéma

CP : "Je pense constamment à la justesse de ce propos-là, celui qui consiste à se demander qu'est-ce qui se passe quand on ne pense plus ? J'ai travaillé avec un acteur anglais avec lequel j'avais une scène très difficile à faire. On ne savait pas du tout comment est-ce qu'on allait approcher cela et il m'a dit à ce moment-là "tu sais, dans ces moments-là, c'est le corps qui lâche en premier, et, tout d'un coup, c'est l'adrénaline qui arrive et c'est ça qui lâche en premier". Tout d'un coup, après cette phrase, je l'ai regardé, j'ai vu ses mains se mettre à trembler, et j'ai des larmes qui me sont montées aux yeux parce que le corps, en effet, ne suit pas toujours. C'est ça qui est saisissant".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

🎧  CARTE BLANCHE - Clémence Poésy a lu un texte de Julos Beaucarne pour rendre hommage à sa famille 

Hervé Le Corre

À l'occasion de la sortie de son tout dernier livre "Traverser la nuit", l'écrivain de roman noir s'exprimait est revenu sur son style d'écriture qu'il pense en une obscurité littéraire éclairée afin de mieux retranscrire les maux de la société et retrouver ainsi le sens du collectif. L'entretien de Hervé Le Corre

HLC : "J'ai été 38 ans enseignant, et si j'ai fait ce boulot pendant tout ce temps-là, c'est que j'ai vraiment pensé qu'on pouvait leur apprendre le plaisir par l'écriture. 

Je n'ai jamais voulu faire de cette activité d'auteur un métier, mais c'est un travail qui fait qu'on va être amené à juger que tel ou tel adjectif est de trop ; on va trouver que cette phrase est trop longue ; qu'une phrase sans verbe s'adaptera. Ce sont des petites sonorités, c'est du rythme. C'est presque comme une espèce de musique silencieuse, qui tient de l'harmonie, du rythme, une harmonie due aux sonorités ou aux matières. Tout cela est évidemment silencieux et, par moments, pour entendre ça, je me lis un petit peu à voix haute pour voir ce que ça donne, pour voir si ça tient, c'est tout un travail d'artisan, d'ébéniste.

Comme disait Rimbaud, j'écris pour fixer des vertiges. C'est très ambitieux, presque vaniteux de dire ça, mais je ne trouve pas d'autre formule pour résumer ce que j'éprouve. À savoir cet aspect de vertige douloureux à la vision du monde tel qu'il tourne, cette espèce de maudit manège dans lequel on est tous entraînés. À un moment donné, je vais, en écrivant un roman, essayer de bloquer la machine, de mettre un peu d'ordre dans tout ça, de l'ordre dans l'écriture. 

Cette noirceur-là, c'est un réceptacle naturel et la seule façon que j'ai trouvée pour l'instant de dire ce que j'éprouve. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

J'ai résisté et j'ai envie de dire que le mot résister, dans une certaine gauche, finit par être un peu insuffisant. Mais enfin c'est toujours une conviction que j'essaie, malgré les vertiges, de maintenir, de construire, de raisonner. Cette croyance dans l'idée que, si on s'y met ensemble, on devrait s'en sortir et résister face à cette individualisation, à cet égoïsme de consommateur-producteur auquel on en est réduit. Surtout en ce moment avec la crise épidémique".

🎧  CARTE BLANCHE - Hervé Le Corre critique les effets dévastateurs du capital qu'il juge plus insidieux en période de crise : 

Geneviève Fraisse

La philosophe et historienne de la pensée féminine et féministe vient de sortir Service ou servitude. Essai sur les femmes toutes mains (Éditions Points). Elle est venue nous raconter l'évolution de la sororité, du féminisme dans l'histoire et ses grandes figures symboliques, l'évolution des mentalités depuis MeToo. Son interview au micro de Boomerang

GF : "Ce sont les mots qui m'ont sauvée de l'affect que j'ai manqué à un certain moment de ma vie. 

Les livres sont mes meilleurs amis, c'est un trésor

J'ai encore cette représentation sur les livres qui date de la fin de mon adolescence, qu'il ne fallait pas toucher aux bibliothèques parce qu'on allait déplacer les livres… Je me les suis représentés comme grillagés. Ce n'est pas qu'on nous interdisait de lire, mais il y avait tout de même certains empêchements. Il faut pouvoir accéder aux livres !

La domination, elle, va se répéter. Quand on nous dit que "vous serez content quand vous aurez déconstruit les stéréotypes parce que, après, viendra l'émancipation de manière mécanique" Non… ça ne se passe pas comme ça. On voit, à l'intérieur de l'émancipation des femmes, comment il faut contourner les mécanismes de la domination.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

C'est le "pour toutes" qui arrive avec la démocratie, et pas seulement quelques unes. C'est l'identité de raison : je peux penser, je peux savoir, je peux apprendre comme toi, c'est le XXe siècle qui la parachève cette identité, ainsi que le cycle de lois qui va jusqu'à l'autorisation parentale partagée. 

Il y a des lois qui changent des choses mais, globalement, en ce qui concerne la mise en cause du système dans sa totalité, peut-être que c'est le corps collectif qui y arrivera. 

C'est ça le XXIe siècle : avec l'exemple de la parité, c'est pour être enfin inclus. La question de Metoo ce n'est pas ça".

Ce que veut sous-entendre Metoo, c'est "votre système, il déconne

🎧  CARTE BLANCHE - Geneviève Fraisse lit Fanny Raoul, une féministe du XIXe siècle

Jean-Claude Floc'h

Il figure parmi l'un des nombreux artistes majeurs du neuvième art que cela soit dans l'illustration et la bande dessinée. Il vient de sortir La femme de ma vie, une délicieuse introspection conjugale, un livre idéaliste qui dépeint deux personnes heureuses de vivre et de s’aimer pour la vie entière. Son entretien au micro d'Augustin Trapenard

J-C F : "Le pinceau m'a tout de suite énormément attiré parce que j'y vois véritablement rien d'autre qu'un art martial, parce que vous peignez par la force de votre esprit, parce que, sinon, vous vous écrasez lamentablement. 

Le dessin parfait n'existe pas : c'est un tas d'imperfections qui fait la perfection

Qu'est-ce que c'est qu'un artiste ? C'est quelqu'un qui se penche au plus près du précipice, c'est là que ça se passe. C'est un art martial. Vous voyez tout de suite si vous en avez ou si vous n'en avez pas. 

Je pense à ce mot délicieux du poète Walter Scott qui dit "Je suis né nu et écossais, mais je suis venu sur terre pour tracer ma route". On ne fait pas le métier que j'ai fait parce qu'on sait dessiner, on le fait parce qu'on veut être libre d'abord. 

Je crois que la seule façon de pouvoir vivre, c'est c'est celle qui a été un peu la mienne quand j'avais 17-18 ans. Je me suis dit que si la vie ne me satisfaisais pas, tu te flingues d'une certaine manière. 

À propos du LSD, je ne pense pas que ces années-là soient vraiment formatrices. Les années formatrices sont celles, au contraire, d'une sorte de candeur et d'une fraîcheur incroyables. Et croyez-moi, quand on a 67 ans comme moi, il faut embrasser la vie pleinement, sans doute en fuyant la modernité". 

J'ai bien peur d'être du XXe siècle jusqu'au bout

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Aller plus loin

🎧  SUIVRE - Boomerang : Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05

▶︎▶︎▶︎ @BoomerangInte