L’exposition au musée d’Art Ludique présente en 400 documents (originaux, extraits, story-boards, maquettes) l’art de l’animation des studios Disney.

Extrait de l'affiche de l'exposition Walt Disney, le mouvement par nature
Extrait de l'affiche de l'exposition Walt Disney, le mouvement par nature © Le Musée d'Art ludique

Après les expositions sur les studios Blue Sky, Aardman, Pixar et Ghibli, le Musée d’art ludique poursuit son exploration de l’animation et présente "Walt Disney, le mouvement par nature", jusqu'au 5 mars 2017. Une exposition réalisée avec la Disney Animation Research Library en Californie où sont stockés plus 65 millions de croquis, études, peintures et autres story-boards.

Cette exposition met l'accent sur le souci permanent des studios Disney de coller à l’air du temps, et pour cela d’innover ou d’adopter les techniques de pointe.

Dessin de Dumbo par Bill Peet, l'un des dessinateurs des studios Disney de 1937 à 1967
Dessin de Dumbo par Bill Peet, l'un des dessinateurs des studios Disney de 1937 à 1967 © Walt Disney

Pour faire rêver des générations d’enfants, les studios ont suivi la démarche du fondateur, Walt Disney : toujours se renouveller pour faire des plans originaux et inoubliables.

Artistiquement, le graphisme, les couleurs, la construction des plans sont toujours très travaillés. Walt Disney était influencé par les illustrations d'artistes européens : Gustave Doré, John Tenniel, Honoré Daumier... Venu en 1935 pour recevoir une médaille honorifique de la Société des Nations, le créateur en a profité pour ramener des livres illustrés européens dans ses studios californiens, afin de constituer une réserve d'images destinée à inspirer la production des studios (ses influences artistiques étaient présentées avec brio lors de la brillante exposition du Grand Palais en 2007)

Techniquement, Walt Disney va très vite intégrer dans ses films les nouvelles techniques cinématographiques au fur et à mesure de leurs apparitions - voire même en inventer d'autres. Ce sont les studios Disney qui introduisent la couleur dans le cinéma d'animation (Flowers and Trees, 1932), améliorent la profondeur des plans avec la caméra multiplane (Le Vieux Moulin, 1933), utilisent l'image informatique (Tron, 1982), se lancent dans la réalisation du premier long-métrage entièrement en image de synthèse (Toy Story coproduit avec Pixar, 1995)...

Steamboat Willie (1928) est le premier film animé sonore de l'histoire du cinéma - le premier film sonore en prise de vue réelle n'avait qu'un an, ce qui montre la réactivité permanente de Walt Disney. Ce court-métrage est présenté dans l'exposition.

Ces formats courts animés étaient à l'origine projetés en première partie de séance au cinéma et remportaient un vif succès.

Autre révolution dans l'histoire du cinéma : Blanche-Neige (1937) est le premier long-métrage d'animation à la fois sonore et en couleur. Il y utilise la caméra multiplane, testé en parallèle de la production du film dans un court-métrage, Le Vieux Moulin (1937) : cette caméra permet de donner un effet de profondeur au dessin animé en utilisant plusieurs niveaux mobiles pour poser des celluloïds

Jean-Jacques Launier, commissaire de l'exposition :

Dès les début : le son synchronisé, puis la couleur, le long métrage d’animation, c'est [Walt Disney]…

Walt Disney est, comme Hergé à la même époque, obsédé par le mouvement. Et pour cela va baser sa pratique sur une observation du réel.

Walt Disney dessinant un faon en 1942 pour Bambi
Walt Disney dessinant un faon en 1942 pour Bambi © Disney

Jean-Jacques Launier, commissaire de l'exposition :

Je sens que nous ne pouvons assurément pas faire de choses merveilleuses basées sur le réel, à moins de connaitre d’abord le réel.

Walt Disney a également inventé l'un des procédés fondamentaux aujourd'hui de la création d'un film : le storyboard. Comme l'animation est un procédé très lent et cher à produire, les plans du films sont présentés sur des panneaux, ce qui permet d'avoir une première approche du film complet dans sa continuité, ses moments d'émotion, ses rythmes - et cela avant de se lancer dans la production. Parfois, les storyboard sont interprétés par l'équipe (imaginez Walt Disney en train de mimer chaque nains de Blanche Neige - et l'histoire dans son ensemble pour convaincre du bien-fondé de son projet en 1935...).

Dans l'exposition, on peut voir le story-board d'une scène des 101 Dalmatiens :

Quand Cruella poursuit les 101 dalmatiens. Le story board
Quand Cruella poursuit les 101 dalmatiens. Le story board © Studios Walt Disney

Pour les amateurs, une courte présentation du procédé - très claire mais en anglais - est consultable ici.

D'autres images de l'exposition

Dans l'exposition, Mickey et Minnie
Dans l'exposition, Mickey et Minnie © Walt Disney/Musée d'Art ludique/A.D./France Inter
Dessins de La Belle et le clochard (1955)
Dessins de La Belle et le clochard (1955) © Studios Walt Disney/Musée d'Art ludique/A.D/France Inter
Les maquettes de la voiture de Cruella dans Les 101 dalmatiens
Les maquettes de la voiture de Cruella dans Les 101 dalmatiens © Radio France / Studios Walt Disney/A.Douhaire/France Inter

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