La vie de Norodom Siahnouk racontée en khmer
La vie de Norodom Siahnouk racontée en khmer © Michèle Laurent

La pièce écrite par Hélène Cixous, « L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge » a marqué l’histoire du Théâtre du Soleil. En 1985, Ariane Mnouchkine assurait la mise en scène, en 2013 Georges Bigot et Delphine Cottu, deux anciens du Théâtre du Soleil reprennent le flambeau avec une troupe cambodgienne.

C’est l’histoire d’un long processus qui puise ses origines au moment de la création du spectacle en 1985 au Théâtre du Soleil. Asley Thomson, étudiante dans les cours d’Hélène Cixous se prend de passion pour le Cambodge et part y vivre avec l’intention de faire connaître cette pièce au Cambodgiens. Il aura fallu beaucoup d’abnégation pour que ce projet prenne vie. En 2007 des ateliers sont menés par Georges Bigot et Delphine Cottu avec les élèves d’une banlieue défavorisée de la deuxième ville du pays, Battambang. Ils font partis d’une ONG qui s’appelle Phare Ponleu Selpak (« La lumière de l’art ») qui s’est installée depuis 1986 dans un camp de réfugiés. PPS entend favoriser l’éducation, la danse et les arts pour que ces jeunes gens dépassent les traumatismes de la guerre. Les élèves y font du théâtre social qui parle des problèmes sociaux, de la drogue, de la condition des femmes dans les petits villages et dans les pagodes et surtout du cirque. Dès les premiers ateliers, Georges Bigot a senti qu’une nouvelle aventure allait se dessiner.

Georges Bigot et ses comédiens khmers
Georges Bigot et ses comédiens khmers © Michèle Laurent

Georges Bigot incarnait Norodom Sihanouk en 1985 . Pour la création en langue khmer, c’est un petit bout de femme qui reprend le rôle dans cette version .

Elle s’appelle San Marady. Elle est étonnante. Elle empoigne le rôle avec une belle vivacité qui ne faiblit à aucun moment. Autour d’elle, toute la troupe est également remarquable. On sent une vraie détermination, un souffle enivrant à raconter l’histoire de leur pays.

Leur jeu est précis, leurs regards en disent longs sur leur bonheur d’être sur scène. Les scènes s’enchainent avec vigueur, il n’y a pas de temps mort. Sur ce plancher en bois magnifique, avec pour seul décor en fond de scène un rideau orange et deux bancs côté jardin, les comédiens et les musiciens khmers nous font voyager dans cette fresque politique et humaine quasi shakespearienne.

La pièce se joue en deux époques ou en version intégrale (le samedi) jusqu’au 19 octobre au Théâtre du Soleil à la Cartoucherie.

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