Grâce au mix du best-of de Boomerang, retrouvez tous les meilleurs moments de cette semaine. Augustin Trapenard recevait la comédienne Sandrine Kiberlain, l'écrivaine Marie NDiaye, l'actrice, chanteuse et mannequin Ophélie Winter, la documentariste Amandine Gay et la cheffe d'orchestre et metteuse en scène Sarah Koné.

"La voix est un instrument très rare, à plusieurs cœurs" - Le best-of de Boomerang
"La voix est un instrument très rare, à plusieurs cœurs" - Le best-of de Boomerang © Getty / Sunny

Le best-of de Boomerang mixé par Anouk Roche

14 min

Le best-of de Boomerang du vendredi 18 juin 2021

Par Anouk Roche

Sandrine Kiberlain

Grande figure du cinéma français populaire, la comédienne est à l’affiche de "Les 2 Alfred", de Bruno Podalydès, qui redonne toute son importance à la confiance en l'autre sans en avoir peur, l'importance des rencontres, et du rêve. Retrouvez Sandrine Kiberlain aux côtés d'Augustin Trapenard

SK : "Françoise Sagan, c'est quelqu'un qui s'en foutait de plaire, qui était tellement elle-même, qui allait au bout de ce qu'elle était elle-même… Ces personnes-là sont les personnes les plus émouvantes et les plus fascinantes à rencontrer. Elle me touche infiniment parce que je trouve qu'elle sait dépasser le regard des autres, ce que les autres vont penser de vous, tester soi-même à n'importe quel prix [...]

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Comme premier film, je crois que j'avais vu "Marie Poppins" et, le lendemain, "Les Enchaînés d'Hitchcock". Mais, en sortant de "Marie Poppins", il pleuvait et je me suis prise pour elle, j'avais l'impression que ma vie avait été transformée par le cinéma. 

J'ai changé de vie avec certains films qui m'ont fait vraiment évoluer et m'ont fait comprendre des choses, m'ont emmenée ailleurs, m'ont sauvée de certaines situations

C'est vraiment là que j'ai compris qui j'étais, ce que je voulais faire, ce qui m'amusait, j'ai découvert ma vie qui commençait".

CARTE BLANCHE - Sandrine Kiberlain lit Marceline Loridan-Ivens

Marie NDiaye

Renommée pour sa brillante plume, la lauréate du Goncourt 2009 pour Trois Femmes puissantes est aussi dramaturge. Retrouvez son entretien auprès d'Augustin Trapenard à l'occasion de la sortie de sa nouvelle pièce "Berlin, mon garçon", mise en scène par Stanislas Nordey, au Théâtre de l’Odéon. 

MN : "Le livre, au sens littérature, c'est ce qui m'a autorisé à vivre. 

J'ai toujours eu le sentiment que, sans les livres, je n'aurais jamais réussi à traverser la vie

C'est ce qui fait que je suis là, près de vous. J'ai grandi avec les contes du monde entier, tout particulièrement un livre de contes que me lisait ma mère avant que je sache lire. C'était des contes et légendes du Sénégal, ce sont les contes qui se sont imprimés le plus durablement dans mon esprit. Peut-être qu'ils me faisaient ressentir que le monde réel n'était pas le seul et qu'on pouvait aussi habiter en imagination un monde plus riche, plus dense, pas forcément plus beau que ce que le monde des contes était friand, mais en tout cas que la seule plate réalité n'était pas le seul monde qu'on avait le droit d'habiter [...]

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Je ne sais pas quelle idée j'avais de ce qu'était un enfant. J'ai toujours essayé de me mettre à leur hauteur, de me rappeler dans quelle vulnérabilité on se trouve lorsqu'on est enfant, de me rappeler toujours que je me sentais enfant, extrêmement fragile et de prendre en compte cette fragilité-là. Le fait que, l'enfant, en dehors de ceux qu'il aime, est un être absolument vulnérable". 

🎧  CARTE BLANCHE - Marie Ndiaye : "Ma mère ourdissait son avenir secret, violent et minutieusement choisi"

Ophélie Winter

La star et égérie médiatique des années 1990, revient avec "Résilience", son autobiographie dans laquelle elle partage le récit de sa vie, les expériences qui l'ont forgée et comment la résilience s'est offerte à elle au point de changer sa vie. Ophélie Winter était dans Boomerang.

OW : "On m'a "bimboisée", j'ai détesté ce mot parce que, en France, les gens utilisent les mots vraiment à mauvais escient… Déjà quand on parle de moi comme une poupée, je me sens, moi comme un garçon, et je ne supporte pas les gens de la jet set. J'ai du mal. Je peux m'y fondre pour une soirée, le temps d'une heure ou deux, et après ça me gonfle. Il y a erreur sur le casting. 

Je suis une sauvage, un loup, j'ai besoin de courir dans la lumière, le soleil, l'océan

Je rêvais d'un rôle comme "Tomb Rider". Pas nécessairement être jolie, j'avais envie d'un truc comme "Monster" avec Charlize Theron, un truc où t'es moche, qu'on puisse me raser la tête, qu'on me mette dans la boue, qu'on me fasse faire un truc de militaire. En plus j'ai fait du kickboxing pendant des années, donc j'ai envie de montrer ça aux gens ! [...]

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Amandine Gay

À l'occasion de la sortie de "Une histoire à soi", la documentariste est revenue sur la nécessité que représente pour elle le besoin de relayer la parole des personnes victimes des représentations sociales. Comme, dans son dernier film, avec les adoptées nées à l’étranger. Amandine Gay était au micro d'Augustin Trapenard

AG : "La patineuse Surya Bonaly a été très déterminante dans mon parcours. Moi, je n'avais pas de personnes noires et encore moins de personnes adoptées, de jeunes femmes adoptées dans l'espace public. Surya a jailli comme ça sur la glace, avec ces tenues qui étaient incroyables, avec une technique qui était absolument incroyable. Elles aurait dû gagner. Et, pour moi, le geste de Surya, c'était aussi apprendre que non, on n'a pas à accepter les discriminations la tête baissée, on a le droit de faire valoir son talent. Ce qui lui est arrivée était éminemment injuste. En grandissant, je me suis rendue compte que ça a été vraiment un moment déterminant pour plein de femmes noires en France, mais pas seulement. 

Je pense à tous les moments où j'ai vécu des humiliations, où j'ai senti que mon talent n'était pas reconnu, que je me disais qu'il fallait que je fasse comme Surya : ne pas baisser la tête !

C'est notre histoire qui est taboue. C'est notre histoire coloniale et esclavagiste. Le terme "race", en tant que construction sociale historique a un impact au quotidien dans la vie des personnes racisées, des personnes qui font l'objet d'un processus de racisation, c'est-à-dire une assignation à une catégorie. 

Si je me lève un matin et que j'ai décidé que je n'étais plus noire, mais avant tout un être humain, je vais quand même avoir du mal à trouver un emploi, un logement. C'est pour ça que j'ai parlé des postures théoriques et idéologiques dans lesquelles on se retrouve enfermés. 

Il faut qu'on arrête de planer au-dessus de la réalité et qu'on s'ancre dans le concret, dans ce qui fait souffrir les gens

Les enfants, on a du mal à les considérer comme des personnes. Moi, j'aime souvent dire que les enfants sont juste des personnes avec moins d'expérience, mais ça reste des personnes avec moins d'expérience et avec moins de droits. C'est très récent de considérer les enfants comme des personnes à qui on pourrait donner les droits. Les enfants n'ont pas de droits civiques, ils n'ont pas le droit de donner leur avis. 

L'enfance, c'est peut-être l'endroit où se joue le plus précisément les rapports de pouvoir parce qu'un enfant, il est dépendant de vous, il est dépendant pour sa survie,  dépendant de vous pour apprendre à appréhender le monde autour de lui [...]

Il y a quand même un espace dans lequel les femmes ont un rapport de pouvoir tout à fait surplombant, qui est dans le rapport aussi à l'enfance, dans "Comment on s'occupe de ses enfants". Je pense que, réfléchir à cela ne nous protège pas forcément, et ne nous empêche pas de nous aussi perpétuer dans des rapports de pouvoir toxiques [...]

J'aime souvent rappeler qu'une des choses qui nous a distingués des grands singes, dans l'histoire de l'évolution, c'est justement la capacité humaine à élever collectivement les enfants. C'est ça qui nous a permis de progresser, tant sur la question du langage, c'est l'élevage coopératif des enfants. Ce qu'on observe aujourd'hui dans les pays occidentaux, ce modèle d'exclusivité parentale (un papa et une maman) c'est une espèce d'anomalie historique". 

Si on arrivait à revenir à une perception où les enfants appartiennent à la collectivité, s'appartiennent à eux-mêmes, il y aurait beaucoup moins de souffrance

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Sarah Koné

La fondatrice de la maitrise populaire de l’Opéra Comique est venue confier sa passion pour la transmission artistique au micro d'Augustin Trapenard. 

SK : "Ma place, je crois que je l'ai trouvée. J'adore quand ma voix est perdue dans le cœur. Je trouve que c'est un instrument très rare, un instrument à plusieurs cœurs, et on sent très vite quand on est au bon endroit du point sensible quand on arrive à conjuguer ensemble, à respirer ensemble parce qu'on le pratique régulièrement. Très rapidement, on a l'impression qu'on parle une langue forte et riche de pleins d'individualités. 

Faire de la musique ensemble, c'est accepter de vibrer ensemble et se mettre dans un état de fragilité. "Ensemble", c'est très intime comme chemin

Mon chemin à moi, il était à faire par un collectif, c'est une situation paradoxale. On tourne le dos au public quand on occupe mon poste, mais par contre, on est face à l'immensité du cœur et on a tous les soubresauts du trac et puis des émotions qui naissent chez chacun des chanteurs. 

La voix, c'est l'instrument le plus démocratique : réussir à dompter sa voix, c'est quand même se faire un sacré passeport

C'est une arme qu'on a bien du mal à empêcher : elle passe les portes, elle passe les grilles des prisons, elle passe les murs. C'est à mes yeux l'arme la plus puissante [...] 

Je suis très exigeante avec les enfants parce que leur voix est déjà très forte en tant qu'individu. C'est ce chemin-là que j'aime donner à la maîtrise de la place qu'on donne à l'enfant : la confiance qu'on donne à l'enfant en tant que petite personne à part entière et pas juste "être adulte en devenir". 

Aller plus loin

🎧  SUIVRE - Boomerang : Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05

▶︎▶︎▶︎ @BoomerangInte