"Un chapeau de paille en Italie" est l’une des pièces les plus joyeuses de Labiche. Il s’agit d’un mariage rocambolesque. Deux versions de la pièce sont présentées à Paris. L’une dans la mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti au Théâtre Ephémère de la Comédie-Française. L’autre dans une mise en scène de Gilles Bouillon à la Tempête.

On rie et on s’amuse à suivre les aventures de Fadinard le jour de son mariage avec Emilie. Un mariage qui ne se passe pas comme prévu. Le matin du mariage, le cheval de Fadinard mange le chapeau de paille d’une jeune dame en ballade avec son amant. Parallèlement au mariage, Fadinard se lance dans une course contre la montre pour retrouver un chapeau identique entrainant dans son sillage tout le mariage, dont sa belle famille qui le soupçonne d’avoir une liaison.

Pierre Niney
Pierre Niney © Radio France / Christophe Raynaud de Lage

La pièce est une succession de quiproquos cocasses qui dépasse le traditionnel trio femme/mari/amant. Elle est bien plus profonde qu’il n’y parait, avec sa galerie de personnages représentatifs de la société du 19ème siècle.

La distribution est portée par un excellent comédien dans chacune des mises en scène. Frédéric Cherboeuf chez Gilles Bouillon et Pierre Niney chez Giorgio Barberio Corsetti.

Pierre Niney est un jeune comédien. Pensionnaire depuis deux ans, il trouve ici son premier grand rôle au sein de la troupe de la Comédie-Française. Il court, il saute, il bondit sur la scène

La musique est très présente dans les deux mises en scène. Chez Giorgio Barberio Corsetti, il y a un côté « comédie musicale » fortement revendiqué. Le metteur en scène italien a placé l’action de la pièce dans les années 70 avec de très beaux costumes de Renato Bianchi ( les pantalons pattes d’eph sont ainsi remis au goût du jour et Pierre Niney fait parfois penser à John Travolta dans Saturay Nigth Fever !) Les chansons d’Hervé Legeay nous font voyager dans l’univers du Rockabilly jusqu’au confins du jazz manouche.

La mise en scène la plus séduisante est celle de Gilles Bouillon. Il souffle un esprit de film burlesque pendant toute la pièce. On pense à Buster Keaton ou à Laurel et Hardy.

Un chapeau de Paille en Italie
Un chapeau de Paille en Italie © Radio France

La scénographie magnifique de Nathalie Holt est composée de parois grises et blanches qui transforment l’espace au fil de l’action, avec pour chaque acte des dominantes de couleurs. Le rouge et le vert dans le premier acte chez Fadinard, le rose bonbon dans le deuxième acte chez la modiste, puis le rouge chez la Baronne (ci contre), le jaune chez Beauperthuis, pour finir avec un bleu nuit lorsque la troupe entonne « Ah vraiment c’est atroce, quelle affreuse noce ! ».

L’univers scénique de Giorgio Barberio Corsetti manque parfois de cohérence et l’action se dilue un peu trop sur l’immense scène du Théâtre Ephémère. Le spectacle est enfin malheureusement coupé par un entracte totalement inapproprié. Il rompt l’élan de l’action.

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