Arte diffuse "Une île", une série fantastique conçue par le tandem de "Trauma" avec Laetitia Caste, Noée Abita et Sergi Lopez. Une série distinguée au festival Série Mania, mais qui est loin de faire l'unanimité dans l'équipe d' "Une heure en séries".

Laetitia Casta dans "Une île"
Laetitia Casta dans "Une île" © Angela Rossi

La série gagnante est ambitieuse, palpitante et belle. Le scénario est original et la photographie splendide

C'est ainsi que le jury du dernier festival Séries mania, composé de journalistes européens, a salué la série réalisée par Julien Trousselier à qui il a décerné au printemps le prix de la meilleure série française.

Les critiques qui entourent Xavier Leherpeur dans Une heure en séries n'ont pas exactement le même avis.

Xavier Leherpeur plante le décor :  "Une île éloignée du continent est le théâtre d’événements inquiétants. Les poissons, principale ressource de l'île, commencent à manquer cruellement. Encore plus grave, on retrouve sur la plage des cadavres d'hommes dont les lèvres sont scellées par une étrange croûte de sel. Au même moment, débarque Théa, une jeune femme autant mystérieuse que séduisante"

"Ça pourrait être une fable écologique et fantastique se déroulant dans un décor aussi sauvage que les autochtones qui y habitent, ajoute Xavier. Des autochtones fiers, au caractère bien trempé, qui s'appellent presque tous César et sortent la carabine quand on les escagasse un peu trop. Vous l'aurez compris, toute ressemblance avec une île française n'est évidemment que pure coïncidence. Sinon, pourquoi aurions-nous changé les noms ? 

Une île où le temps semble s'être arrêté et où les flics tapent encore à la machine  !

Une série signée Gaïa Guasti et Aurélien Molas, que l'on a vu à l'oeuvre dans Trauma. Avec la jeune Noée Abita assez formidable qu'on avait vu dans Le grand bain et Ava. Sergi Lopez qui fait ce qu'il peut, et Laetitia Casta, très généreuse de ses formes, marchant de façon ultra chaloupée et fronçant les sourcils pour avoir l'air menaçante. Actor's Studio... attention ! "

Laetitia Casta et Noée Abita
Laetitia Casta et Noée Abita / Image et Compagnie

Benoit Lagane : au final, la série se tient bien

Cette série a donc été distinguée par le festival Séries Mania. Benoit Lagane qui nous avait fait vivre ce festival chaque jour avec le podcast Séries Mania... sur écoute se souvient de sa première réaction : "J'étais sorti des deux premiers épisodes un petit peu inquiet en disant ‘Oui, d'accord, c'est très beau, c'est bien réalisé dans le sens où il y a des belles images. Les scènes aquatiques sont assez étonnantes.’ Donc j'étais pris dans l'étrangeté. Après, j'avais noté qu'on était complètement dans le conte, donc dans toutes les images d’Épinal que peut véhiculer le conte. 

Le jeu étrange, soutenu par la chorégraphie de Bianca Li de Laetitia Casta, est très particulier. 

Et puis, en reprenant la série quelques mois plus tard et en voyant la suite, poursuit Benoit, j'ai été happé. Vous disiez que c'était typiquement la Corse qu'on ne nomme pas. Non, ce n'est pas la Corse, c'est une île. Et d'ailleurs, on y tape à la machine parce que c'est un monde qui n'existe pas. En fait, ce n'est rien d'autre qu'une image complètement fantasmée. Donc, c'est du pur fantasme, de pures images d'Epinal. Avec deux, trois renversements intéressants et je trouve qu'au final, la série se tient bien."

Ava Cahen : "On a les fesse entre deux chaises"

"C'est une série qui arrive sur la chaîne. Après AD Vitam et après, Il était une seconde fois deux créations originales, de séries fantastiques françaises qui comme Une île dans une certaine économie, jouent à déconstruire les codes du genre en revenant sur les récits fondateurs ou sur les mythes fondateurs. Dans AD vitam, c'était le mythe de la vie éternelle. Dans Il était une seconde fois le mythe du monde parallèle, le voyage dans le temps et ici, c’est le mythe des sirènes et leur pouvoir sur les hommes qui ne sont que des hommes.

Laetitia Casta et Sergi López
Laetitia Casta et Sergi López / Image et Compagnie

Le premier épisode pose les bases du mystère et présente les protagonistes: Une adolescente qui cherche qui elle est, un groupe de pêcheurs au chômage, une créature mi-sirène, mi-mante religieuse qui aime bouffer les hommes, un flic borderline qui lui aime manger chinois et deux gardes-côtes qui vont mener l'enquête.

Malheureusement, la série, qui est un conte fantastique, ne tient pas vraiment toutes ses promesses. 

Le rythme est un peu ramolli, un peu raplapla. Les articulations dramatiques ne sont pas toujours bien construites. Ça manque de corps, ça manque de suspense. Même si la tentative est louable, je dois dire que c'est un pari intéressant en réalité, mais le résultat est un peu bancal. Ça manque de romanesque et ça manque de fantastique."

Isabelle Danel : "Ça ne fonctionne pas"

"Je voulais revenir sur cette notion « d’une île » parce c’est dit, redit, répété dans les dialogues : une île versus le continent. Et effectivement, on est dans la fable, etc. Mais ça ne fonctionne pas. Ça n'est que dit, ça n'est pas incarné à l'écran. 

Il n’y a rien qui fait de cette île cette espèce d'endroit, de fable un peu hors du temps. 

Il y a une machine à écrire, mais il y a aussi, quand ça les arrange, des téléphones portables dernière génération. 

Après, voulant regarder les six épisodes, j'ai fini quand même, sur les deux derniers épisodes, par trouver que la fable fonctionnait un peu mieux, quand ça se resserre sur les deux personnages - Théa et la jeune femme qu'elle est venue chercher - plus les deux ou trois qui s'occupent de d'essayer de les sauver, ça devient un peu plus intéressant. Donc, j'ai marché… un peu."

7 min

(Ré)écoutez l'intégralité de la séquence d'Une heure en série

Par France Inter

Une île est diffusée sur Arte et à revoir sur Arte.tv

Aller loin

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.