Une île, une sirène et des morts suspectes. Cette série fantastique et romanesque que diffusera Arte propose une relecture moderne du mythe des sirènes.

Laetitia Casta dans Une île
Laetitia Casta dans Une île © Image et Compagnie

La série gagnante est ambitieuse, palpitante et belle. Le scénario est original et la photographie splendide

C'est ainsi que le jury, composé de journalistes européens, a salué la série réalisée par Julien Trousselier. Une île a ainsi été sacrée meilleure série française.

Une île a été tourné en Corse. La série est produite par l'équipe de Mafiosa, ce n'est donc pas surprenant. Mais Une île ne se passe pas en Corse. Cette île est mystérieuse. Il y a des morts en mer mais aussi sur terre. Et toutes ces disparitions surviennent au moment ou une femme Théa, possiblement une sirène, interprétée par Laetitia Casta est retrouvée nue dans la cale d'un bateau de pécheur.

Qui est Théa et que veut-elle? Pour en savoir plus sur ce tournage humide, Benoit Lagane a rencontré Laetitia Casta.

Lors du premier rendez-vous avec le réalisateur, l'actrice avoue avoir été un peu sur ses gardes : "Par rapport à cette idée de sirène, j'attendais de voir ce que Julien Trousselier voulait raconter. Pourquoi il était touché par cette histoire, pourquoi il voulait raconter tout ça. Et il m'a convaincu. D'abord son envie esthétique. J'ai trouvé ça très intéressant. Et puis ce qu'il veut raconter sur les femmes aussi.

Il m'a raconté des choses très intimes de lui. Ça m'a énormément touchée et donc je me suis sentie vraiment en confiance et donc j'ai eu envie d'interpréter ce personnage assez étrange et à la fois assez proche de ce que je peux être dans ma nature profonde. Sans aller jusqu'à tuer les hommes, bien sûr."

Une sirène qui s'humanise

"J'ai fait un travail inversé. D'abord j'ai occulté l'idée de la femme et de la maternité. On est dans quelque chose plus de l'ordre du serpent, dans l'instinct, dans les odeurs, dans le regard. Sur le tournage, j'étais un peu à part. Chaque fois que j'arrivais, je tuais quelqu'un, c'était assez particulier. Je devais être dans une sorte de concentration un peu solitaire. Comme Théa peut l'être dans l'histoire.

J'ai travaillé avec Bianca Li. Je me suis dit que ça allait être intéressant de ne travailler que sur le corps, sur la sensation, la respiration, une manière de bouger comme les poissons. C'était un peu étrange mais j'ai adoré faire ça.

A la télévision, on n'a pas beaucoup de temps pour la concentration, il faut être dedans, malheureusement et en même temps c'est comme ça, je n'avais pas le choix

Bianca Li, j'en ai parlé à la productrice et au réalisateur, mais j'étais persuadé de ça. Souvent on est dans quelque chose d'intellectuel et là ce n'était pas du tout l'idée. Il fallait justement lâcher prise. J'ai pris beaucoup de plaisir à faire ça."

Cette mini-série en 6 épisode sera diffusée à l'automne sur Arte.

Ecouter l'entretien de Benoit Lagane avec Laetitia Casta, Sergi Lopez et Julien Trousselier :

16 min

Laetitia Casta, Sergi Lopez et Julien Trousselier

Par France Inter

L'instant critique

Tout au long de Séries Mania, Benoit Lagane a réuni chaque jour autour de lui des critiques pour parler des séries présentées dans le festival. A propos d'une île, si tous saluent la qualité esthétique, et la réalisation de la série, il y quelques bémols.

Iris Brey de France Culture a été très déçue : "On est du point de vue des hommes sur le mythe des sirènes, donc des femmes qui vont vous dévorer. Tout est simplifié. C'est comme si le désir féminin était mortifère pour les hommes. C'est bien réalisé, il y a des plans dans l'eau qui sont magnifiques, Laetitia Casta est magnifique. Mais il y a un sexualisation de toute les actrices jolies qui m'est insupportable.

Olivier Joyard : Ce n'est pas une catastrophe industrielle du tout. Julien Troussellier a un sens du rythme et de l'espace. Mais, sans vouloir spoiler trop. Sur la façon dont le pouvoir de ces femmes se révèle. C'est d'une confusion intellectuelle totale. Je veux bien de l’ambiguïté, du désir, de la sensualité. Mais ça va toujours un peu dans le même sens.

Pierre Langlais : Alors effectivement il y a de très beaux plans et c'est loin d'être vilain et c'est loin d'être mal joué. Ce qui m’embête parmi plein de chose, cette île n'est pas défini, donc on ne sait pas dans quelle culture on est. On ne sait pas dans quel monde on est. On ne sait pas, même géographiquement trop à quoi elle ressemble cette île, donc ça rajoute à cette impression de flottement.

Julias Baudin : Je crois que tout a été dit. je suis extrêmement déçu, pour tout ce que vous avez dit. ça ne m'a pas intéressé du tout

Ecouter le débat des critiques :

15 min

Le débat des critiques sur Une île

Par France Inter

Aller + loin

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