Prononciation, temps après "après que", noms de métiers, accord des adjectifs de couleur… La langue française est semée d’embûches. Dans "Grand Bien vous fasse", des spécialistes ont évoqué pêle-mêle quelques points épineux de notre beau français.

Quelques pièges faciles à éviter
Quelques pièges faciles à éviter © Getty / Rebecca Nelson

Retrouvez ici les conseils et remarques de l’écrivain Daniel Lacotte, la correctrice Muriel Gilbert et l’ancien professeur Jean-Joseph Julaud évoqués dans l'émission Grand bien vous fasse.

L’orthographe, un marqueur social, mais pas seulement

Jean-Joseph Julaud : "Il ne faut pas oublier que la langue française est une conquête de la Révolution française. La langue est le ciment d’une nation."

À l’oral, les liaisons dangereuses

Muriel Gilbert : "Un grand classique qui heurte les oreilles : la liaison avec l’euro. Pourtant pour les euros, c’est très simple, c’est comme les ans. Tous les enfants de maternelle savent que l’on dit : j’ai deux ans qu’ils prononcent « j’ai deux z’ans ». Et dans la même idée : « papy a cent ans ». C’est pareil pour les euros. On dit cent euros en prononçant le t, mais deux cents euros, comme il y a un « s » : on dit « deux cents z’euros ».

Autre liaison mal à propos fréquente : « il va au cinéma » n’est pas « il « vat » au cinéma »"

Quelques erreurs fréquentes entendues et relevées par Daniel Lacotte : 

  • Une gageure » : un défi à relever, se dit « ga-jure »
  • « Bruxelles » se dit « brussel » 
  • « Chamonix », se dit « chamoni », comme « Avoriaz », qui se dit « avoria »
  • En revanche « pugnace » se dit bien en prononçant le « g» « gue » comme dans suggérer (et non pas su-gérer). Même chose pour « cognitif » que l’on dit « cog-nitif »" 

Et pour les mots commençant par « h », comment savoir ? Muriel Gilbert explique : "Le h est aspiré pour les mots d’origine germanique et pas pour les autres, d’origine latine : handicapé, haricot, c’est aspiré. On peut aussi ouvrir le dictionnaire : dans Le Robert le mot aspiré est précédé d’une petite apostrophe et dans Le Larousse, d’une petite étoile" 

Après "après que" ?

Daniel Lacotte : "On entend souvent le subjonctif après « après que » alors que c’est l’indicatif, le mode du réel. « Après que » induit que la chose s’est réalisée, on n’utilise donc pas le subjonctif, le mode de l’irréel."

Métro & numéro

Muriel Gilbert : "On dit « la ligne un » du métro et non « une » parce qu'ici le numéro veut dire « la ligne numéro un »" 

Ne pas confondre

Daniel Lacotte : "Ne pas confondre « en liste », et « en lice » (en compétition), « prolixe » (diffus, redondant) et « prolifique » (qui se multiplie rapidement). 

On écrit « Au temps pour moi » : cela vient du temps des pas des militaires. « Autant pour moi » est rentré dans l’usage, mais c’est impropre.

Accord des adjectifs de couleur

Jean-Joseph Julaud : "Ils prennent un « s » au pluriel (des tissus bleus), sauf ceux issus d'un nom commun : « des yeux marron » (des yeux de la couleur du marron).  Ils sont très nombreux comme abricot, acajou, sépia, ou turquoise etc. Il y a bien sûr quelques exceptions comme « mauve », « pourpre », « fauve » ou « rose » qui s'accordent. 

À noter : les adjectifs de couleur d'origine étrangère sont invariables : « auburn » ou « kaki ». 

Autre curiosité : l'adjectif composé de deux couleurs prend un trait d'union et il est invariable. Mais celui composé d'une couleur et d'un adjectif qualificatif ne prend pas de trait d'union tout en restant invariable. 

On fait attention lorsqu'un élément comporte deux couleurs ou plus, elles demeurent au singulier : des chemises gris et bleu (chaque chemise comporte du gris et du bleu)."

Féminisation des noms de métiers 

Daniel Lacotte : "Je prêche une attitude pragmatique plutôt que dogmatique. 

Dans les cas d’ « auteure » ou « d’autrice », je préfère « autrice » à cause de la morphologie du langage. Les mots en « teur » ont souvent donné des féminins en « trice » : « acteur » et « actrice », « illustrateur » et « illustratrice », « réalisateur » et « réalisatrice», « correcteur » et « correctrice » etc…

Mais il y a des mots qu’on ne peut pas féminiser : « médecin », on ne peut pas dire « une médecine » . Mais on peut parler de « docteur », et de « doctoresse »".

Et que faire quand on fait encore des fautes ? 

Pour se trouver une excuse, on peut toujours incriminer les correcteurs orthographiques ! Mais au-delà de quatre ou cinq fautes dans un petit texte, c’est impossible à comprendre. 

Alors il faut être malin et se faire relire. 

Pour progresser, on peut toujours faire des dictées ou répondre à des quiz d’orthographe. Et d'après les trois spécialistes, si on consacre, chaque jour, dix minutes à l‘orthographe ou à la grammaire, au bout de trois semaines, on tire au sort un des sujets revus, c’est retenu. 

Surtout, rappelez-vous : 

L’orthographe est un jeu... Et qu’il n’est pas intéressant si on gagne à tous les coups !

Aller plus loin

🎧  ÉCOUTER | L'émission Grand Bien vous fasse, sur France Inter : Quelques clés pour faire moins de fautes de français

📖  LIRE | Orthographe, pour en finir avec l’accord du participe passé

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