Laurent Poitrenaux aura traversé allégrement cette décennie. Il aura été présent dans presque toutes les éditions dirigées par Vincent Baudriller et Hortense Archambault pour des lectures, des ateliers et bien sur des spectacles qui vont marquer l’histoire du Festival d’Avignon. Cette année il sera le fou du roi Lear dans la carrière Boulbon, la boucle est bouclée.

C’est avec la Comédie de Reims et Christian Schiaretti que Laurent Poitranaux fait ses débuts au Festival en 1993 avec une trilogie présentée à l’Opéra-Théâtre : L'Homme, la bête et la vertu de Pirandello, La Poule d'eau de Stanislaw Witkiewicz et Les Mystères de l'amour de Roger Vitrac. L’année suivante il revient avec la même troupe pour un spectacle qui a marqué son époque : Ahmed le subtil d’Alain Badiou dans le cloître des Carmes. En 1996 il joue Brancusi contre Etats-Unis, Un procès historique, 1928 dans une mise en scène Eric Vigner.

Cette année il sera le fou du roi Lear dans la carrière Boulbon dans une version remaniée de l’œuvre de Shakespeare pour trois comédiens (avec Johan Leysen – Lear et Clothilde Hesme – Cordelia ). Pendant les répétitions du spectacle, Laurent Poitrenaux nous a accordé une heure de son temps pour naviguer dans ses souvenirs en commentant les photos de Christophe Raunaud de Lage, le photographe officiel du Festival.

2004Le Colonel des Zouaves de Olivier Cadiot

Mise en scène Ludovic Lagarde, avec la participation artistique : d'Odile Duboc, chorégraphe – La Chartreuse

Poitrenaux Colonel des Zouaves
Poitrenaux Colonel des Zouaves © radio-france / © Pascal Victor Artcomart

On le reprend plus de dix ans après la création. C’était le premier festival de Vincent Baudriller et Hortense Archambault. On a répété le spectacle pendant deux mois à la Chartreuse, c’était magique. Ce spectacle m’a accompagné, j’espère le jouer encore longtemps, même à soixante dix ans. C’est comme ma maison.

2007Richard III de Peter Verhelst librement adapté de "Richard III" de William Shakespeare

Mise en scène Ludovic Lagarde – Cloître des Carmes

Richard III
Richard III © radio-france / Christophe Raynaud de Lage

J’avais un très beau costume, on avait pensé au film « Casino » de Scorsese. C’était l’idée de reconstruire le cloître en rouge sang. Il y a un rapport au public extraordinaire dans cette salle. On a une impression de chose cosy avec ces personnes qui prennent l’apéro sur la terrasse au dessus, c’est assez drôle.

### ### **2010** – **Un mage en été** d'Olivier Cadiot Mise en scène Ludovic Lagarde – Opéra Théâtre
Mage en été
Mage en été © radio-france / Christophe Raynaud de Lage
> Après le succès du Colonel des Zouaves on a remis le couvert sur un autre monologue avec l’angoisse de tout perdre tellement on avait touché les étoiles. Et bien cela n’a pas été la cas. On eu l’impression en se retrouvant tous les trois avec Olivier Cadiot et Ludovic Lagarde autour de la table que l’on s’était quitté la veille. L’écriture d’Olivier avait changé, moi j’avais changé comme acteur. On a travaillé calmement et sereinement. Et je suis arrivé détendu le jour de la première ! Ma première réplique c’était « Allons fermons les yeux ! » ce qui est pas mal pour un spectacle de théâtre !
### ### **2010** – Un nid pour quoi faire d'Olivier Cadiot Mise en scène Ludovic Lagarde - Gymnase Gérard Philipe
Un nid pour quoi faire
Un nid pour quoi faire © radio-france / Christophe Raynaud de Lage
> C’était joyeux de démarrer en bande. C’est un spectacle tellement délirant, c’était entre Blake Edwards et Peter Sellers avec un mélange de modernité et de drôlerie qui a beaucoup troublé. On est arrivé avec un objet totalement iconoclaste d’une cour royale dans un chalet sous acide. Olivier Cadiot a pris comme point de départ l’exil du Shah d’Iran à Courchevel. Comment on maintient une royauté dans un cadre qui n’est pas fait pour. Cela a produit un spectacle détonant.
### ### 2011 – Jan Karski, (mon nom est une fiction) d'après le roman de Yannick Haenel Mise en scène Arthur Nauzyciel – Opéra Théâtre
Jan Karski
Jan Karski © radio-france / Christophe Raynaud de Lage
> Jan Karski, quelle histoire ! C’était la joie de retrouver Arthur. J’avais refusé beaucoup de projets après le succès d’Un mage en été, et il m’a proposé de lire le roman de Yannick Haenel. Et le spectacle a été d’une intensité folle. C’est un des décors que j’ai le plus considéré comme partenaire. C’est une reconstitution d’un couloir de l’opéra de Varsovie. C’était important d’avoir ce partenaire pour porter le texte : une heure vingt de texte comme un flot qui s’ouvrait. Il était très fort cet espace
### ### 2012 – Ebauche d’un portrait d'après le "Journal" de Jean-Luc Lagarce Mise en scène François Berreur - Auditorium du Grand Avignon-Le Pontet
Ebauche d'un portrait
Ebauche d'un portrait © radio-france / Christophe Raynaud de Lage
> Je suis parti sur ce projet pour quelques jours à Théâtre Ouvert dans le cadre de l’année Lagarce pour une sorte de lecture améliorée, et puis je l’ai joué plus de cent fois ! Il y a une manière de raconter la vie qui est merveilleuse. On va le reprendre l’année prochaine à l’occasion de la dernière saison de Micheline et Lucien Attoun à Théâtre Ouvert et on va faire un autre projet similaire sur les lettres de Jean-Luc Lagarce;
### ### 2012 – La Mouette d'Anton Tchekhov Mise en scène Arthur Nauzyciel – Cour d’honneur
La Mouette
La Mouette © radio-france / Christophe Raynaud de Lage
> J’ai fait la Cour d’honneur avec cette Mouette ! C’est une des plus belles scénographies que j’ai vu dans la Cour. Il a trouvé un rapport d’échelle et de matière dans un espace poétique qui arrive à lutter avec le lieu. Tout le monde disait que c’était une mauvaise idée de jouer Tchekhov dans la Cour. Arthur enlève tout apriori sur le texte avec quelque chose d’épique et de tragique dans la langue. L’école d’acteurs a été forte et solide. Tout le monde s’est engagé dans la machine. Le spectacle a divisé, c’était le jeu, personnage n’a été dupe.
### ### 2013 – Lear is in town - traduction et adaptation de Frédéric Boyer et Olivier Cadiot du "Roi Lear" de William Shakespeare, mise en scène Ludovic Lagarde > J’avais dit à Vincent Baudriller et Hortense Archambault que pour leur dernière édition je souhaitais être présent, même avec une lecture dans une cave. Là ce n’est pas une cave, c’est la carrière Boulbon. C’est le texte de Shakespeare centré autour de la figure de Lear de sa folie et de son traumatisme.
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