Réécoutez les moments forts des entretiens de Boomerang cette semaine. Augustin Trapenard s'entretenait avec l'ancien président américain Barack Obama, la comédienne Ariane Ascaride, la DJ Barbara Butch et le chanteur musicien Hervé. Il rendait hommage à l'écrivain Jean-Claude Carrière mort lundi à l'âge de 89 ans.

"Les mots peuvent être utiles pour essayer de toucher le cœur des gens" - Barack Obama au micro de Boomerang
"Les mots peuvent être utiles pour essayer de toucher le cœur des gens" - Barack Obama au micro de Boomerang © Getty / Natalia Gdovskaia / EyeEm

Grâce au mix de fin de semaine d'Anouk Roche, ne manquez pas les meilleurs moments des entretiens de Boomerang cette semaine

13 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 12 février 2021

Par Anouk Roche

Barack Obama

À l’occasion de la sortie du premier tome de ses mémoires Une terre promise (Fayard), l’ancien président américain, prix Nobel de la paix, Barack Obama s’est confié à Augustin Trapenard

BO : "Je pensais que la politique consistait à faire les choses correctement, à penser le plan économique parfait. Je pensais que si j'avais le bon plan, ça suffirait. Et pourtant, ironiquement, si je suis devenu président, ce n'ai pas à cause d'un plan particulier, mais parce que je racontais une histoire sur l'Amérique et, par extension, une histoire que je racontais sur le monde. C'est une histoire à laquelle je crois toujours et qui dit que nous pouvons arriver à certaines règles, énormes, et à certains principes qui nous permettent de vivre ensemble, de résoudre nos différents de manière non violente ; qu'il existe certains principes universels de liberté de parole, de réunion de religions, qui doivent être valorisés, et les droits humains. 

Un bon exemple, c'est celui de Charleston. J'étais invité à prononcer l'oraison funèbre. Ca a été très dur. À la fin du discours, j'ai chanté ce chant, mais c'était un exemple d'un moment où j'ai joué un rôle symbolique en servant le pays, et en utilisant des mots, essentiellement de la poésie, pour faire jaillir un espoir commun hors du désespoir". 

Les mots peuvent être utiles pour essayer de toucher le cœur des gens, pour qu'ils se voient et éprouvent de l'empathie

J'étais ce gamin métis, né à Hawaï, dans une famille pas très aisée. Ce serait malhonnête de prétendre au statut d'outsider. J'ai été président des Etats-Unis, les gens achètent mes livres. De toute évidence, j'ai trouvé une place dans la société. 

Ce qui ne m'a jamais quitté, c'est une croyance que ma mère m'a inculquée : 

Je ne suis pas pire que quiconque mais je ne suis pas meilleur que quiconque, en termes de condition humaine, il y a une dignité inée que nous possédons tous

Certains d'entre nous ont plus de possibilités que d'autres, certains d'entre nous, en partie, grâce à la chance et au hasard, se retrouvent dans des positions d'influence et de pouvoir, mais sans jamais perdre de vue le fait que nous naissons, nous mourrons, nous aimons, nous avons des déceptions, nous faisons des erreurs. Je ne pense pas avoir jamais perdu cette perspective, cette qualité". 

▶︎ Retrouvez l'interview-radio exclusive de Barack Obama dans Boomerang : 

Ariane Ascaride

À l'occasion de la sortie de son livre "Bonjour Pa", où elle se décrit à travers une série de lettres adressées à son père défunt, la comédienne s'est exprimée au micro d'Augustin Trapenard : 

AA : "Je pense que, par moments, la vie fait qu'on doit être des porte-paroles. Ça ne m'embarrasse pas du tout, je n'oublie pas du tout ma culture, mes racines, au contraire, je les revendique. De temps en temps, je sens bien qu'on me reproche de porter un peu la voix un peu trop fort, mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? 

Si je ne parle pas pour moi, qui va parler ?

Dans des temps où le cynisme est tellement fort que, si vous parlez avec votre cœur, on vous regarde un tout petit peu avec un air narquois du genre "elle est mignonne, elle est mignonne… de dire ça". C'est ça qui est terrible ! C'est ce qui me bouleverse. 

Il faut parler avec le cœur et la tête. Je pratique les mots tout le temps, il y a des mots qui sont beaucoup plus forts que des coups de poing

Il y a peut-être des phrases qu'on vous a dites dans votre vie que vous n'oublierez jamais et qui vous ont fait une cicatrice à l'âme bien plus importante qu'un coup de poing".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Barbara Butch

Révélée il y a une dizaine d'années comme l'un des grands noms de la Nuit, son éclectisme a permis de continuer à faire la fête même pendant le premier confinement par l’organisation de fêtes virtuelles sur Zoom. La DJ était au micro d'Augustin Trapenard

BB : "J'aurais aimé avoir un rôle modèle qui ne m'oublie pas dans ses combats, qui n'oublie pas la petite grosse, la petite juive, la petite fille d'immigrés. Pour moi, c'est important aujourd'hui de m'investir dans tous ces combats-là, dans tous ces sujet-là et d'essayer d'inclure toutes les personnes qui se sentent rejetées.

J'ai compris depuis longtemps que mon existence était politique, dans le sens où je suis juive, je suis lesbienne, je porte beaucoup de combats, de choses et, je suis grosse.

Je me suis dit que j'allais essayer d'en faire quelque chose à coups d'humour et d'amour. On est toujours dans la lutte et je pense que le dance floor est un endroit politique. Si j'arrive à le faire, peut-être que ça va ouvrir les portes à énormément de personnes et que, finalement, la norme ne sera plus la norme qu'on connaît aujourd'hui. Que ce sera normal de voir, dans des campagnes de modes, des personnes trans, des personnes grosses, que simplement, tout le monde soit normal.

Adolescente, je voulais être saxophoniste de jazz professionnelle. J'ai eu un professeur de saxo qui était un gros connard. Ça m'a arrêtée dans mon élan, et j'ai trouvé un refuge : 

J'ai toujours de la musique dans les oreilles et ça me donne confiance

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Hommage à Jean-Claude Carrière

Le célèbre écrivain, penseur, metteur en scène et scénariste qui a travaillé avec les plus grands cinéastes, est décédé lundi à l'âge de 89 ans. Boomerang a souhaité lu rendre hommage en diffusant un entretien d'octobre 2019, lorsqu'il présentait son livre "Ateliers" : 

J-C C : "Je suis un athée convaincu et définitif depuis longtemps. J'ai beaucoup travaillé sur l'histoire des religions pour beaucoup de sujets, et c'est passionnant parce que ça nous apprend beaucoup sur nous-mêmes, sur nos manques, nos embarras, nos désarrois, nos espérances, etc. Par exemple, le problème du mystère de l'existence du mal dans le monde. 

Si Dieu est universellement bon pourquoi le mal existe-t-il ? Est-ce que Satan existe ? Est-ce que le diable existe vraiment ? Ne faut-il pas admettre que le mal est quelque part ? 

J'écris quelques phrases sans savoir pourquoi j'écris ni ce que je vais écrire

Heureusement, les gens qui disent avoir trouvé leur vérité, qui savent qui ils sont, ce sont des gens qui font carrière, ce qui n'est pas du tout mon cas. 

On m'a proposé, à plusieurs reprises, de me présenter à l'Académie française, mais je n'ai pas l'esprit académique du tout". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Hervé

Au croisement de Bashung et de Daft Punk, on se rappelle de son clip "Si bien du mal" qui avait fait sensation durant le premier confinement. L'étoile montante de la jeune scène musicale française, le musicien était au micro de Boomerang

H : "J'ai eu besoin de me raconter à un moment, ce dont je n'avais jamais imaginé par les textes, par les chansons. Je me souviens très bien de la première chanson que j'ai enregistrée : je suis descendu et je me suis dit que c'était exactement ça que je voulais faire. Ça a été une évidence. 

▶︎ Ne passez pas à côté de la carte blanche de Hervé, une composition inédite qui mélange la poésie d'Eric Cantona et la musique de T.Rex

La chanson ça me fait du bien et c'est surtout un terrain de jeu pour moi

Ça veut dire que je m'amuse énormément à écrire et, parfois, des phrases qui peuvent sonner anodines dans un couplet peuvent faire résonner en moi quelque chose de très précis, de très brutal et douloureux. 

Jeune, quand j'entendais le son du piano, je me mettais à jouer sur la table et j'avais les larmes aux yeux, ça coulait, ça coulait ! C'est le champ des possibles que ma mère m'a offert en m'offrant un clavier". 

Le clavier devient le psy

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Aller plus loin

🎧  SUIVRE - Boomerang : Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05

▶︎▶︎▶︎ @BoomerangInte