Après "Les Patriotes" et "Möbius", Eric Rochant proposait en 2015 "Le bureau des légendes". Avec cette série, il s'attaquait à nouveau à un sujet qu'il affectionne et connait bien : l'espionnage. L’une des caractéristiques de la série est d'ailleurs son souci du réalisme.

La bureau des légendes - Saison 4
La bureau des légendes - Saison 4 © Canal+

Au sein de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), un département appelé le Bureau des légendes (BDL) forme et dirige à distance les "clandestins", les agents les plus importants des services du renseignement extérieur français. En immersion dans des pays étrangers, ils ont pour mission de repérer les personnes susceptibles d'être recrutées comme sources de renseignements. Opérant dans l'ombre, "sous légende", c'est-à-dire sous une identité fabriquée de toutes pièces, ils vivent de longues années dans une dissimulation permanente.

Au début de la première saison, Guillaume Debailly, alias Paul Lefèbvre, alias Malotru, revient d'une mission clandestine de six années en Syrie, mais contrairement aux règles de sécurité, il ne semble pas avoir abandonné sa légende et l'identité sous laquelle il vivait à Damas. Et ça, c'est pas bien. 

Mais c'est aussi grâce à ça que quatre saison plus tard, nous sommes tous accrochés aux aventures de Malotru, Socrate, Phénomène, Moule à Gaufre, Cyclone... (Pour l'anecdote, au cas où vous découvriez la série, les pseudonymes des agents sortent tout droit de Tintin. Ce sont quelques-unes des insultes et expressions favorites du capitaine Haddock.)

Mais qui est Malotru ? 

Le mieux placé pour en parler est encore son créateur : Eric Rochant. Au micro de Sonia Devillers dans L'instant M, il explique :

"Ce qui est intéressant avec le personnage de Malotru, c'est que c'est un personnage toxique. Le personnage joué par Mathieu Amalric parle de cette toxicité. 

C'est un virus, vous vous le refilez les uns aux autres

C'est intéressant de savoir d'ou vient cette toxicité. Il a été déloyal une fois. Il a enfreint une règle. Ayant enfreint une règle, il y a maintenant une fuite en avant.

Il a enfreint cette règle par amour. Parce qu'il aime une femme, il se croit autorisé à jouer un peu avec sa légende et à prendre des risques. Et en faisant ça, il enfreint une règle qui est très importante. Ça n'a l'air de rien au moment de la saison 1, mais en fait ça a ouvert les vannes de la toxicité.

Moi, ce qui m’intéresse dans le personnage de Malotru, c'est qu'au lieu d'être dans le déni, il essaye d'être droit. 

Il essaye d'avoir une certaine éthique, il essaye d'être juste et c'est tout le problème de cette saison 4, c'est qu'il voudrait bien rentrer, il voudrait bien payer, mais payer le prix juste.

On aime ce personnage parce qu'il incarne quelque chose qui est fondamental chez nous tous : il incarne la tension qu'il y a entre l'engagement personnel, donc affectif, et l'engagement collectif. Ce sont deux types d'engagements qui peuvent très souvent venir se contredire. Ce sont des choses qui sont exacerbées dans le monde du renseignement.

Malotru incarne ça, mais il l'incarne de manière sincère."

Aller + loin

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