Construit en 1810 à la demande de Napoléon Ier, le Canot Impérial était resté à Brest jusqu'en 1943, puis transféré à Paris pour éviter les bombardements de la guerre. Après 75 ans au musée de la Marine, il retrouve donc le chemin de la Bretagne.

Le créneau a duré plusieurs heures, centimètre par centimètre
Le créneau a duré plusieurs heures, centimètre par centimètre © Radio France / Jade Peychieras

C'est une opération particulièrement minutieuse et impressionnante qui a eu lieu ce dimanche après-midi devant le musée national de la Marine, à quelques mètres à peine du Trocadéro : la sortie du Canot Impérial de Napoléon Ier, 75 ans après son arrivée. Ce canot, construit en 21 jours à la demande de l'Empereur pour inspecter sa flotte à Anvers en 1810, était resté à Brest jusqu'en 1943. Pour éviter les bombardements de la guerre, il est décidé de le conduire à Paris, pour l'exposer deux ans plus tard au tout nouveau musée de la Marine. 75 ans plus tard, il effectue donc le même chemin en sens inverse. En lieu et place du musée, un container empaqueté dans une grande bâche noire, pour éviter l'humidité. "A l'intérieur du container, il y aune structure en fer qui permet au canot de ne pas bouger", explique le Commissaire général Vincent Campredon, directeur du musée, en costume blanc et casquette de marin. "C'est du bois, avec l'âge il devient fragile, il a fallu prendre mille et une précautions"

Un créneau de quatre heure pour le faire sortir

Avec ses 20 mètres de long et ses 4,20m de large, impossible de passer par la porte, il a fallu percer l'un des murs d'enceinte. Vient ensuite une des étapes les plus délicates : "Le faire pivoter sur lui-même, de façon à le mettre dans l'axe qui va lui permettre de sortir", détaille Annie Madet-Vache, la conservatrice. Un créneau de quatre heures, centimètre par centimètre. Une fois dehors, une grue attend le canot. On aperçoit alors dans le ciel de Paris un container volant, se poser sur la remorque d'un camion, prêt à partir pour une épopée de 600 kilomètres. Impossible de passer par l'autoroute, le convoi exceptionnel devra emprunter les départementales. Son arrivée est prévue à Brest mercredi matin. Avant d'être exposé au plateau des Capucins, le canot devra rester trois mois dans sa boîte, le temps de s'habituer petit à petit à ses nouvelles conditions de température et d'humidité.

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