Qui se cache derrière cet hymne intemporel ? Dans quelles circonstances a-t-il vu le jour ? Pourquoi accompagner les luttes en musique ?

Manifestations à Paris
Manifestations à Paris © Getty / Fred de Noyelle

Avec sa reprise du Chant des partisans, le collectif Motivé-e-s s'invite dans toutes les manifestations (de gauche) depuis plus de 20 ans, comme le rappellent Mouss et Hakim du collectif.

"Ami, entends-vu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?" sont les mots qui ouvrent cet hommage à la résistance. Des paroles et une mélodie intemporelles qui transportent ceux qui l'entonnent.

L'acte de naissance de cette chanson se fait en pleine seconde guerre mondiale, de l'autre côté de la Manche. Ecoutez les Motivés au micro de Matthieu Culleron :

Un générique d'émission de radio...

C'est à une émigrée russe que l'on doit cet hymne à la liberté. Anna Marly, engagée dans la résistance, est réfugiée à Londres au moment où elle est contactée par la radio de la France Libre. On lui demande simplement un indicatif pour l'émission "Honneur et Patries".

Parmi les mélodies qu'elle propose, une retient l'attention. Les paroles de départ sont en russe.

Anna Marly souhaite rendre hommage aux combattants russes qui résistaient à l'envahisseur allemand. Totalement sous le charme de cette mélodie improvisée, Maurice Druon et Joseph Kessel s'en saisissent et proposent de réécrire les paroles en français.

... qui devient une arme

Il faut imaginer les soldats l'entendre pour la première fois de l'autre côté du poste. Ils sont nombreux à avoir confié à la musicienne que cela leur a permis de reprendre du courage.

Parmi ces témoignages, un a particulièrement retenu son attention comme elle le confiait lors d'une interview donnée à l'Express, celui de l'un des Frères Jacques :

Madame Marly, il faut que vous sachiez que l'un de mes amis, avec trois autres de ses compagnons, chantait "Le Chant des partisans" en creusant sa tombe avant d'être fusillé par les Allemands...

La dureté et la tristesse de ce chant n'en font pas moins une arme.

Anna Marly souhaitait avant tout que les générations futures n'oublient pas le sacrifice des résistants et leur amour pour la patrie, ainsi que le courage des femmes.

Avant tout, lier les gens

Joseph Kessel :

Un peuple qui n'a pas de chanson est un peuple qui ne peut pas se battre

Une formule qui, à elle seule, explique la ferveuremployée à reprendre ce chant encore aujourd'hui.

Les reprises, réinterprétations sont nombreuses : Yves Montand, Johnny Hallyday, Benjamin Biolay ou encore Jean-Louis Murat.

Une ligne mélodique d'une sobriété sans équivalent, facilitant ainsi sa transmission sans pour autant lui enlever de sa portée.

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