L'architecte Le Corbusier (ca 1938)
L'architecte Le Corbusier (ca 1938) © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

Une exposition sur Le Corbusier a débuté hier au Centre Pompidou à Paris sur fond de polémique. L'architecte suisse est accusé d'antisémitisme et de militantisme au sein de plusieurs organisations fascistes dans les années 1930.

Les conservateurs à Pompidou ne nient pas et affirment que cette partie de la vie de Le Corbusier avait été traitée dans la précédente retrospective en 1987. Mais, du coup, on regarde d'un autre œil cette exposition qui se voulait lumineuse.

L'exposition du Centre Pompidou se concentre sur la place du corps dans l'œuvre de l'architecte suisse.On y découvre des tableaux colorés, cubistes, qui tranchent avec la lecture refroidissante des ouvrages qui viennent de paraître.

Le journaliste Xavier de Jarcy a écrit "Le Corbusier, un fascisme français" (Albin Michel), il explique au micro de Stéphane Capron :

En 1934, il approuve un éditorial de la révue Prélude qui considère que les Juifs et les Francs-maçons ont ruiné, pillé, le pays. Et, en 1940, il se réjouit du sort qui leur est réservé [et] de la défaite de la France en août 1940.

Pour Olivier Cinqualbre , l'un des commissaires de l'exposition à Pompidou, Le Corbusier était avant tout attiré par un spectre très large de pouvoirs :

Il est, indéniablement, non pas attiré par les pouvoir totalitaires comme on veut l'entendre ici ou là, mais surtout il espère, dans les pouvoirs, recevoir des commandes.

Pour se sortir de cette polémique, le Centre Pompidou et la Fondation Le Corbusier ont annoncé l'organisation en 2016 d'un colloque sur la pensée de l'architecte pendant les années 1930 et sous l'occupation.

L'exposition "Le Corbusier - Mesures de l'homme" se tient au Centre Pompidou jusqu'au 3 août 2015.

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