Volkswagen , compagnie allemande respectable de l'automobile et réputée pour sa fiabilité, se voit aujourd'hui entachée par un scandale d'une ampleur internationale . Le géant mondial possède dans son giron les marques Audi, Skoda, Seat, Bentley, Bugatti et Lamborghini mais aussi Porsche, Ducati et les poids lourds Scania et Man .

L'objet du scandale ? Des logiciels installés sur les moteurs diesel truquaient les émissions polluantes des véhicules et 11 millions de voitures vendues entre 2009 et 2015 seraient concernés. Les têtes vont tomber, les dossiers seront instruits, les cours de la bourses vont chuter et on ne peut pas encore mesurer réellement l'impact sur l'image de marque auprès du grand public. L'amende américaine pourrait se chiffrer autour des 18 milliard de dollars. Le groupe fraichement n°1 mondial est donc passé du côté obscur de la Force.

Mais il n'est pas le premier. Souvenez vous. En 2009, Toyota rappelait près de 9 millions de véhicules à cause d'un défaut sur l'accélérateur et les freins. General Motors n'était pas en meilleure position avec 30 millions de véhicules dangereux laissés en circulation. Les amendes respectives se portaient à 1.2 milliard et 900 millions de dollars. Malheureusement des automobilistes l'ont payé de leurs vies. Idem pourle groupe Mitsubishi en 2002 qui avat laissé sortir de l'usine des véhicules avec des défauts... dissimulés. Ford aussi dans les années 70 laisse partir sur les routes américaines sa Pinto avec un réservoir d'essence qui peut s'enflammer à n'importe quel moment. Et il valait mieux ne pas lui rentrer dedans. Idéal pour les barbecues improvisés sur la route des vacances.

Heureusement, si je puis dire, il y a eu des scandales plus "décalés" dans le secteur de l'industrie automobile avec deux voitures. Elles auraient pu sortir des mêmes usines avec leurs portes papillons. L'une est presque tombée dans l'oubli, l'autre est devenue une icone.

Ma cabane au Canada

Bricklin SV-1 est le concept du millionnaire américain Malcolm Bricklin , et fut dessinée par Herb Grasse ... à qui l'on doit la Batmobile des années 60, ça ne s'invente pas. SV signifiait Safety Vehicle. L'homme d'affaire destinait la Bricklin SV-1 au marché américain avec son design futuriste et sa carroserie en fibre de verre, le tout à un prix bas. Il installe ses usines dans le Nouveau Brunswick au Canada et obtient une aide de financière de Richard Hatfield , alors premier ministre de l'état. Mais l'argent part aux Etats-Unis pour développer la voiture. Au Canada, on s'empètre dans la poutine. Les usines tournent au ralenti. La voiture coûte trop cher à produire. C'est le gouvernement qui paye les employés de l'usine. On demande des comptes à Hatfield qui renfloue les caisses car les élections approchent. Démarrée en 1974, la production s'arrête en 76. La note pour le contribuable canadien s'élève à 24 millions de dollars. Un seul modèle se trouve en France.

Retour vers le futur

Un peu comme Bricklin, John DeLorean est un homme d'affaires. Il lance le projet DMC pendant que Bricklin produit sa voiture. Mais Delorean a une autre experience de l'automobile. Il est ex vice président de General Motors et ingénieur de formation. La partie devrait donc être plus facile... ou pas. Une usine est construite en Irlande du Nord et la production démarre en 79. Comme dans la pub pour une barre chocolatée, l'usine a deux entrées : une pour les catholiques et une pour les protestants. Le premier modèle sort en 1982. Il s'appelle DMC-12 . Il est cher, pas pratique. Sa finition n'est pas terrible et sa conduite ne fait rêver personne. Mais son look est inimitable.

Malheureusement le succès n'est pas au rendez-vous. Comme pour Bricklin, la production n'est pas rentable et pour ne rien arranger, John Delorean se retrouve impliqué dans un trafic de drogue, pris entre le feu du FBI et de la DEA . Même si il sort blanchi, la Delorean n'y survit pas et la firme ferme la même année, avec 100 millions de dollars d'investissement engloutis. La Delorean DMC 12 entre dans la légende trois ans plus tard avec le film "Retour vers le futur"

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