Fondé en 1947 par Jean Vilar, le Festival d'Avignon est aujourd'hui l'une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain.

Don Juan de Molière, mise en scène Jean Vilar - 1953
Don Juan de Molière, mise en scène Jean Vilar - 1953 © Collection Marc Enguerand

France Inter sera en direct du Festival d'Avignon les 13 et 14 juillet pour ses magazines de l'été avec Julia Molkhou dès 18h ainsi que pour deux enregistrements de l'émission Le Masque et la plume de Jérôme Garcin le 14 juillet à 14h.

Chaque année, en juillet, Avignon devient une ville-théâtre, transformant son patrimoine architectural en divers lieux de représentation, majestueux ou étonnants, accueillant des dizaines de milliers d'amoureux du théâtre de toutes les générations.

Répétition de La Mort de Danton de Georg Büchner mise en scène Jean Vilar - 1948
Répétition de La Mort de Danton de Georg Büchner mise en scène Jean Vilar - 1948 © Aucun(e)

Le programme est composé d'une trentaine de spectacles, mais aussi de lectures, d'expositions, de films et de débats, qui sont autant d'entrées dans l'univers des artistes invités. Il y a, chaque soir au Festival, une ou plusieurs "premières", qui font d'Avignon un véritable lieu de créations et d'aventures, pour les artistes comme pour les spectateurs.

Le Festival d'Avignon offre au spectateur le plaisir de la découverte avec celui de la réflexion, faisant de la ville un forum d'où se dégage une atmosphère d'engagement dans son temps et du théâtre un espace propice au dialogue et aux débats, parfois passionnés.

►►► Quelques spectacles

Où sont les ogres ?
Où sont les ogres ? © Aucun(e)

De nos jours, dans une grande ville, une femme vit seule avec sa fille, Hannah. Celle-ci ne sort plus de sa chambre. Tiraillée par d'étranges envies qui la mettent mal à l'aise et l'éloignent des autres, elle n'a d'yeux que pour celle qu'elle n'a jamais vue mais qui la comprend comme une soeur : Angelica. Elles discutent jour et nuit sur Internet. Et pendant les sommes que pique Angelica à tout bout de champ et qui peuvent durer un certain temps, Hannah guette ses écrans et angoisse à l'idée que son amie l'ait oubliée. La mère d'Hannah consulte un ami médecin : sommes-nous bien sûrs qu'Hannah ne discute pas avec une intelligence artificielle ? Il faut réagir, sortir, se divertir.... Le patron du grand restaurant voisin a invité un cirque ; excellente occasion pour Hannah de faire montre d'accepter un peu de sociabilité... d'autant que la fille du patron, va-t-elle découvrir, n'est autre qu'Angelica. Une fois réunies à la campagne, en chair et en os, les deux adolescentes partagent leurs secrets et leur nature particulière... Auteur et metteur en scène Pierre-Yves Chapalain mêle rêve, magie et virtualité pour explorer les instincts naissants des jeunes filles. Ravageurs ou créateurs ?

Texte et mise en scène Pierre-Yves Chapalain / Collaboration artistique Yann Richard / Scénographie et lumière Éric Soyer

Antigone
Antigone © Aucun(e)

Etéocle et Polynice, fils d'Œdipe et de Jocaste, frères d'Ismène et d'Antigone, ont combattu l'un contre l'autre et ont péri sous un coup réciproque. Thèbes, que défendait Etéocle de l'assaut de son frère, est dirigée par Créon, frère de Jocaste. Le tyran, dès l'annonce de leur mort, promulgue une loi pour distinguer les frères, « le bon et le méchant » : interdiction est faite à tous les citoyens de rendre à Polynice les hommages funèbres. Sophocle, le plus psychologue des poètes antiques grecs parvenus jusqu'à nous, déploie le destin d'une soeur, Antigone, et sa détermination à rendre à ses deux frères les honneurs qu'elle leur doit...

Texte Sophocle / Traduction Shigetake Yaginuma / Mise en scène Satoshi Miyagi / Musique Hiroko Tanakawa / Scénographie Junpei Kiz

  • Timbuktu, de Abderrahmane Sissako, cinéma
Timbuktu
Timbuktu © Aucun(e)

Non loin de Tombouctou, Kidane entouré de sa femme, de sa fille et de son petit berger âgé de 12 ans, mène une vie simple et paisible dans les dunes à l'inverse de la ville où les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Mais le jour où il tue accidentellement le pêcheur qui s'en était pris à sa vache préférée, son destin bascule et il doit faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d'ailleurs...

La projection sera suivie d'une rencontre avec Kettly Noël, actrice du film

La Fiesta
La Fiesta © Aucun(e)

Manifestation d'une certaine culture espagnole qui traverse l'année de fêtes populaires en temps sacrés avec les carnavals et les pèlerinages. Mais aussi moment précis et codifié du spectacle flamenco au cours duquel les artistes sonnent le final en changeant de rôle (fin de fiesta). Quand Israel Galván pense à ces instants, le chorégraphe andalou revoit des artistes pour lesquels la fête s'apparente au travail et perd sa nécessité intérieure ou encore des milliers de gens pris en étau dans les rues, incorporés dans des foules compactes dont on ne peut s'échapper.

Conception, direction artistique et chorégraphie Israel Galván / Dramaturgie Pedro G. Romero / Musique Israel Galván et Niño de Elche

L'enfance à l'oeuvre
L'enfance à l'oeuvre © Aucun(e)

Qu'est-ce qui nous « travaille » dans le temps de l'enfance ? La rêverie, l'immobilité divagante ne sont-elles pas les prémices de l'inventivité ? Traversant les premières projections de quatre grands auteurs, Robin Renucci alterne les formes littéraires et sonde les sources de la vocation artistique. Henri Michaux trace le voyage de l'âme quand, du corps arrêté, elle se détache pour s'en aller nager. Marcel Proust, enfant, désespère de recevoir un baiser maternel pour s'endormir et s'aperçoit ensuite que le délice résidait dans l'attente. Arthur Rimbaud, très jeune, écrit en vers comment les premiers poèmes naissent en même temps que les premiers émois. Romain Gary qui n'est que promesse et destin pour sa mère se sent surchargé mais aussi gonflé d'amour et d'ambition. Pour ces enfants singuliers, les attachements comme les contraintes sont mises à l'oeuvre : le besoin d'exprimer devient addiction aux symboles, et les voilà poètes. En dialogue avec le piano de Nicolas Stavy, et dans un apaisement corporel propre au rêveur, Robin Renucci invite les spectateurs à revoir en eux-mêmes le travail invisible qui nous fait humains : l'aspiration au rêve, le désir de l'inouï.

Textes Romain Gary, Marcel Proust, Arthur Rimbaud et Paul Valéry / Mise en scène Robin Renucci / Musique Franz Liszt, Sergueï Rachmaninov, Franz Schubert, Robert Schumann, Alexandre Scriabine et Piotr Llitch Tchaïkovski / Collaboration artistique Nicolas Kerszenbaum et Nicolas Martel / Avec Robin Renucci, Nicolas Stavy

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