La 19e édition du Festival de l’Imaginaire rend hommage aux grands maîtres et accueille les nouvelles générations : des artistes venus des quatre coins de la planète pour partager des moments d’émotion et d’esthétique avec le public en France et lui offrir ce qu’ils ont de plus précieux, leur art. Que ce soit de la musique, de la danse, des marionnettes, du chant, de la poésie, des colloques, nous questionnons le monde avec le même amour, le même émerveillement et la même joie de découvrir de quelle manière les autres l’abordent, avec leurs priorités et leurs points de vue qui sont, fort heureusement, différents des nôres.Les trois artistes syriens qui ouvrent le festival, Waed Bouhassoun, Hamam Khairy et Ibrahim Keivo,expriment cette diversité particulière à la Syrie, de la Djézireh au nord-est, au Djebel Druze dans le sud, en passant par la majestueuse et résistante Alep. Ils chantent leur pays dont la riche histoire nargue ceux qui n’ont de cesse de vouloir tout détruire. Mais les artistes sont là, et c’est toute l’histoire du pays, celle des rencontres culturelles et des croisements, tout le délicat maillage de la culture syrienne, qui se révèlent dans leur art, leur chant, leur musique, et tant qu’ils chanteront, s’exprimeront, tant qu’ils pourront transmettre, leur pays continuera d’être.

Syrie Waed
Syrie Waed © Festival de l'Imaginaire

Qu’ils jouent magistralement les épopées et les histoires de leurs panthéons complexes comme la divine Kapila Venu, ou qu’ils donnent à voir, avec grande délicatesse, le monde surnaturel qui fait partie de leur quotidien, comme les maîtres des marionnettes de Taïwan, les artistes invités du Festival de l’Imaginaire témoignent également de la vitalité de leur patrimoine culturel qui, loin d’être figé, nourrit leur créativité. Ils y puisent et s’en servent avec bonheur pour le questionner ou questionner leurs sociétés, leurs relations au monde. Telles les joutes poétiques des musiciens et poàtes du village d’Olymbos en Grèce, ou Yé Lassina Coulibalyet les balafons du Burkina Faso, une relecture du malambo parDiana Theocharidis , ou les insoupçonnables mélopées et chants des chœurs Setu ou de la délicate Junko Ueda. Tous reflètent indéniablement le cœur vibrant de leurs cultures respectives.

Nangyar Koothu Kapila Venu
Nangyar Koothu Kapila Venu © Festival de l'Imaginaire

Pour le temps fort consacré à la Corée, les grands maîtres invités comme Lee Jae-hwa, Kim Duk-soo ou Yang Sun-ok , pour n’en citer que trois, rappelleront que si ce pays est à la pointe de la modernité et de la technologie, il n’en a pas moins conservé son « âme », une esthétique et une relation au monde, – aux mondes, devrait-on dire ? – et aux êtres, complexe, empreinte d’un voile de nostalgie, sans doute d’une pointe de tragique, en lien avec l’histoire, récente, de ce pays qui sera évoquée par l’hommage rendu à une figure de la danse coréenne au destin exceptionnel, Choi Seung-hee , qui aura incarné les difficiles questions de choix de vie, d’appropriation du patrimoine culturel et de modernité.

Kim Duk-soo, Kim Ri-haé & SamulNori Hanullim Performing Arts Troupe
Kim Duk-soo, Kim Ri-haé & SamulNori Hanullim Performing Arts Troupe © Festival de l'Imaginaire

Arwad Esber , directrice de la Maison des Cultures du Monde

Lieux :

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