11 jours de spectacles et de fééries

« Le Festival du Merveilleux invite à pénétrer dans le monde de la féérie et à vivre pleinement la magie de cette période de l’année » confie Jean-Paul Favand, qui invite des conteurs ,des mimes, des acrobates , et des compagnies de spectacle vivant à se produire. Le maître des lieux, qui a libéré le musée de ses vitrines et qui met en scène ses milliers d’objets de curiosités tels des acteurs, a souhaité pérenniser ces ouvertures de fin d’année en créant ce festival. Pour l’occasion, des « Virtualia » , fééries numériques qu’il a conçues et créées cette année, seront exposées.Une fois entré, le quotidien devient « merveilleux », c’est une véritable fête pour les sens du visiteur. Les manèges, automates et oeuvres prennent vie dans ce monde de l’illusion en une fête de projections, de lumières et de sons à la manière des fééries à la cour du Roi Soleil. Sirènes, centaures, ombres féériques, tapis volant, masques de théâtre, paillettes et plumes de music-hall, lune de Méliès , géants, parades de marionnettes et licornes peuplent ce lieu enchanteur qui repousse les limites de l’imaginaire.

Théâtre du merveilleux
Théâtre du merveilleux © Pavillons de Bercy

Le Merveilleux

L’esthétique du Merveilleux s’est particulièrement développée au siècle des Lumières. Elle se retrouve dans diverses formes de spectacle vivant : ballets, opéras, pantomimes, parades, acrobaties, magie... Elle est d’autant plus appréciée qu’elle apparait au cours de périodes troublées et difficiles et permet d’échapper au quotidien. C’est un remède à l’inquiétude, un rêve accessible.Le genre est dominé par le spectaculaire. Il n’existe aucune limite à l’imaginaire de la féérie. Autrefois réservé à des privilégiés, quand Leonard de Vinci fabriquait des machines qui émerveillaient François Ier, la Révolution Industrielle le rend accessible à tous.Il a fait les riches heures du boulevard du Crime, cadre principal du film de Marcel Carné, Les Enfants du Paradis, avant de disparaître peu à peu au cours du 19e siècle des scènes conventionnelles qui privilégient un théâtre plus réaliste. Il trouvera une nouvelle place sur les foires, notamment au travers de fééries burlesques, dans les cirques, ou encore chez les illusionnistes comme Robertson, Houdin et plus tard Méliès.

Esmeralda
Esmeralda © Pavillons de Bercy

A la manière des fééries du Roi Soleil

Jean-Paul Favand, « le maître de cérémonie » souhaite offrir aux visiteurs un Festival du Merveilleux dans la lignée des fééries du Roi Soleil. En ces temps de crise où l’humeur est plutôt morose, il offre la possibilité d'oublier le quotidien et de se perdre le temps d'un rêve éveillé.Tel Alice, le visiteur est immergé dans un monde du rêve éveillé Il voyage d’un univers à un autre et découvre les 1001 trésors qui font la magie de l’endroit : un King-Kong amoureux des bananes de Joséphine Baker, des sirènes ensorceleuses, ou encore un gnome caché dans une botte de sept lieues perchée sur une jambe de géant, trouvée telle quelle dans une branche d’arbre. Jean-Paul Favand retourne d’ailleurs souvent sur les lieux afin de voir si la deuxième jambe n'a pas poussée...Guidé par une marionnette géante, il part à la rencontre d’une galerie de personnages étranges, Clovis le musicopathe, accompagné du Marquis, le magicien Monsieur Demoyencourt… Un peu plus loin, au calme il écoute les conteurs de l'âge d'or de France. Dans la rue décorée pour l’occasion il aperçoit des théières lumineuses suspendues à un arbre, et des poissons en cage alors qu'un crocodile grimpe dans un arbre ! Sans oublier les trois lutins facétieux que l'on ne voit jamais mais que l'on entend rire, seraient-ils en train de préparer une nouvelle farce ?Les Pavillons de Bercy, anciens chais construits à la fin du 19e siècle par l’architecte Lheureux, élève de Gustave Eiffel, sur les plans d’aménagement de Viollet-le-Duc, abritent depuis 1996 le Musée des Arts Forains, comprenant quatre espaces différents :- le Musée des Arts Forains, proprement dit - le Théâtre du Merveilleux - les Salons Vénitiens - le Théâtre de Verdure Ces espaces chargés d’histoire sont chacun scénarisés suivant des thématiques particulières :La fête foraine, le carnaval, les cabinets de curiosité, les jardins extraordinaires.

Quelques salles

Le Théâtre du Merveilleux Le Théâtre du Merveilleux remet à l’honneur une forme de spectacle qui avait cours à Paris entre 1800 et 1840. Pour créer des effets fantastiques destinés à susciter l’étonnement et l’émerveillement du public, les artistes du spectacle vivant utilisaient les dernières découvertes de la révolution industrielle naissante. Les éclairages et les projections (lanterne magique) y tenaient une place toute particulière. C’est cette forme de théâtre, innovante pour l’époque, ainsi que la mémoire des “Tivolis”, ancêtres de nos lieux de spectacles, qui habitent ce bâtiment.Cet espace s’est inspiré des contes, mythes et légendes, mélange de traditions et de techniques futuristes afin de provoquer magie et illusion. Ce lieu agit comme un déclencheur de l’imaginaire et du rêve éveillé grâce à l’orchestration de la lumière, du son, de l’image et des effets optiques. Quinze ordinateurs synchronisent 800 sources lumineuses et créent des liens éphémères entre les objets. Elles transforment l’espace en salle-spectacle de 1 800m² , où se produisent objets, invités et artistes. L’utilisation du son relève de la même démarche : transformer la salle en instrument de musique par le biais de l’informatique. Elle coordonne des instruments d’époques différentes : un orgue Mortier de 1920, un piano à queue automatique et un carillon électronique, conçu spécialement par Jacques REMUS , qui couvre l’un des murs sur toute sa longueur...Douze vidéoprojecteurs projettent des images sur des supports qui reconstruisent l’image ou sur des tableaux dont la peinture se mélange avec la projection . C’est une confrontation entre le réel et le virtuel. Ces images en trois dimensions laissent la liberté à chacun de lire l’histoire qu’il lui sied. Au Théâtre du Merveilleux, ouvrez tout grand les yeux … et les oreilles ! Cet espace est né après deux ans d’études et de recherches et une réelle démarche artistique lui a donné vie.

Manège et pont
Manège et pont © Pavillons de Bercy

Les Salons Vénitiens En hommage au carnaval donné par la Sérénissime République, ils mettent en scène un Palais Vénitien du 18e siècle. A l’époque, le carnaval de Venise durait six mois pendant lesquels, dissimulés sous des masques, l’ordre du quotidien était la transgression.Tout se conjugue ici pour inciter le visiteur à rompre avec le quotidien. Nous sommes dans un monde inversé, c’est la fête des fous, un bâtiment industriel s'est transformé en palais, on marche sur l’eau, l’extérieur devient intérieur.Des objets authentiques illustrent le thème de Venise en fête: sculptures en stuc, crépis ocres, loggias aux balustres blancs . A l’extérieur, la piazza est dallée de marbre de Vérone.De vraies gondoles de parade, luxueuses comme celles des doges, regroupées sur un manège qui recrée l’illusion de la navigation sur les canaux, offrent des coins d’aparté.Le décor est en place et les loggias accueillent des personnages vénitiens, symboliques et légendaires, qui font revivre Venise. Des automates entonnent des airs d’opéra dans un jeu de son et de lumière, défiant le temps, animés aussi bien par Antonio Vivaldi, que par la voix d’or de La Callas.Cette année , s’inspirant du travail réalisé au Théâtre du Merveilleux, les Salons Vénitiens se parent d’un nouveau spectacle. Un jeu de course de gondoles y est combiné à la technologie contemporaine et invite à découvrir une Venise sublimée.

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