Le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes a été créé en 1961 par Les Petits Comédiens de Chiffons ."Tous les deux ans, Charleville-Mézières accueille le plus important festival de marionnettes au monde et le plus grand rassemblement de marionnettistes venus des cinq continents.La ville se métamorphose en un immense castelet : toutes les salles, les gymnases, les rues, les cours et les places fourmillent de spectacles, toujours plus inventifs et surprenants les uns que les autres. Loin d’être un art poussiéreux et infantile, la marionnette s’adresse à tous et constitue un des pans les plus dynamiques et créatifs de la scène contemporaine, flirtant pleinement avec les autres arts (théâtre, danse, arts plastiques et numériques, arts de la piste, street arts) et les formes les plus étonnantes et innovantes.Aux côtés de nos deux compagnies d’artistes associés et fil rouge du festival : Les Anges au Plafondet Duda Paiva Company, venez découvrir l’extrême diversité et l’extraordinaire foisonnement des spectacles proposés durant cette 18e édition. Venant de Russie, d’Écosse, d’Australie, du Japon ou du Brésil et de bien d’autres pays, toutes les marionnettes et leurs sympathiques avatars se sont donnés rendez-vous à Charleville-Mézières. Dix jours de fête inoubliable pour découvrir avec délice les nouveaux territoires des arts de la marionnette d’aujourd’hui.Save the date **Jean-Luc Félix,** PrésidenceAnne-Françoise Cabanis , Direction

►►► [Ré]Écoutez le reportage de Stéphane Capron, Les Marionnettes, reines à Charleville-Méziéres.

Le festival s'exporte

Une décentralisation d’une trentaine de spectacles du INest organisée pendant et après le Festival dans des communes du département des Ardennes, dans la région Champagne-Ardenne, en Picardie, en Île-de-France, ainsi qu’en Belgique. Organisée, développée et coordonnée par le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, en partenariat avec l’association Côté Cour en Ardennes et les Champs de la Marionnette en Essonne, et avec le soutien de la Région Champagne-Ardenne.

Une médiation culturelle

Le Festival déploie des actions de sensibilisation et de médiation culturelle autour des arts de la marionnette, en lien avec les acteurs présents sur le territoire.L’objectif est d’intégrer des populations périphériques en amont et pendant le Festival, de faire évoluer les représentations mentales de la marionnette, de mieux appréhender et de s’approprier les démarches créatives, de profiter pleinement de l’événement et de la présence des artistes. Le Festival offre ainsi la possibilité de confronter les arts de la marionnette à des nouveaux publics et à des nouveaux territoires, réels ou imaginaires.Nous développons un travail de médiation et engageons des partenariats artistiques avec les associations, les centres sociaux, l’hôpital, la prison, l’Éducation Nationale (dispositifs collèges et lycéens au Festival, PAG, résidences d’artistes à l’école) ; et l’ensemble des publics à travers une formation pour nos 500 bénévoles et un projet participatif sur la mémoire du festival et des festivaliers. La compagnie Les Enfants Sauvages a mené une résidence d’un an et créera son spectacle à l’issue de ce séjour.Le spectacle d’ouverture de la Compagnie Transe Express , intègrera vingt Carolomacériens désireux de s’inscrire dans un projet artistique et de vivre de l’intérieur un moment important du Festival.

Les Offs

Le Street Festival : Parallèlement à sa programmation officielle de projets de rue, le Festival coordonne et soutient le Street Festival qui se déploie dans l’espace public, et déambule dans les rues, investissant places et jardins. Une soixantaine de compagnies environ seront présentes.Le OFF Salle : Une programmation de spectacles coordonnée par la MJC Gambetta, en concertation avec les centres sociaux et les structures de quartiers.Les OFF du OFF : Une multitude d’initiatives à débusquer dans divers lieux de la ville (bars, salles...).Sans oublier les expositions : Grandeur nature (Vincent Muteau ) rue d'Aubilly et à l'ancien hopîtal Corvisart, La ronde des ombres (Jean-Pierre Lescot ) au musée de l'Ardenne, Tête à tête (Natali Fortier ) à la Galerie Le Caveau et Arts numériques et marionnettes à la Médiathèque Voyelles, Dollscenettes au Théâtre de Charleville-Mézières, Une école d’art dans la ville à la Vitrine du Conseil Départemental et une exposition dans l’espace public de Petr Kurecka dans le cadre d’un projet mené avec Duda Paiva .

Quelques spectacles

  • OUTPOSTRoyaume-Uni

Green GingerEn 2013, le Festival a accueilli la branche française (celle du fondateur Terry Lee installé dans la Meuse depuis 2009) de la compagnie Green Ginger fondée à Tenby en 1978. Cette fois, c’est la branche british de Chris Pirie qui sera accueillie avec sa dernière création Outpost . Venant de l’illustration, Chris Pirie rejoint la compagnie en 1986 et précise l’identité visuelle des fameuses marionnettes de latex de Green Ginger : entre BD et caricature à la Spitting Image - l’équivalent anglais des Guignols de l’Info . Dignes artisans britanniques de la satire sociale vue au travers d’une imagerie marionnettique absurde et d’un humour surréaliste et noir, les Green Ginger sont parrainés par le réalisateur Terry Gilliam (ex-Monty Python ). Dans Outpost , deux gardes-frontières, Luis et BK, sont stationnés de part et d’autre de la limite de leurs deux pays imaginaires. Luis croit en l’ordre et la discipline. BK pense qu’il vaut mieux savoir prendre le bon côté des choses. Mais il est persuadé que quelque part là-bas, l’esprit d’une créature mystérieuse hante le désert. C’est en découvrant par hasard cet autre monde étrange que les deux gardes vont descendre dans les entrailles de la politique, de la tyrannie et du meurtre. Abordant la question du nationalisme, du pouvoir et les conséquences terribles que l’utilisation des WC d’un autre peut entraîner, Outpost est une création absurde, pleine de suspense.Créé parGreen Ginger avec l’association de Tobacco Factory Theatres at Nordland Visual Theatre ; Mise en scène : Joseph Wallace ; Ecrivain : Mike Akers ; Musique : The Bower Brothers

Outpost de Green Ginger
Outpost de Green Ginger © Adam DJ Laity
  • GUERRE ET PAIXCanada

Le théâtre du sous-marin jaune & Le théâtre de Quartier Fondé en 1994 à Québec par Antoine Laprise etLorraine Côté , le Théâtre du Sous-Marin Jaune est un «mini-théâtre épique qui présente des classiques de la bibliothèque universelle afin de questionner les textes essentiels de notre civilisation. À son actif, Candide d’après Voltaire , La Bible , Le discours de la méthode de Descartes , Les Essais de Montaigne . Le directeur artistique de la compagnie est lui-même une marionnette : c’est le Loup Bleu , philosophe sarcastique, qui joue le rôle de narrateur omniscient. Guerre et Paix est une adaptation de Louis-Dominique Lavigne du roman de Tolstoï . Ici le point de vue des événements entourant les campagnes napoléoniennes en Russie est celui des Russes. Jonglant entre dévotion et manque de respect, entre adaptation et pillage, cette fresque marionnettique relate les passions et tourments d’un peuple dans une guerre où même l’hiver est à combattre. Une réflexion sur l’amour, sur le quotidien qui se vit à l’ombre des champs de bataille et sur l’Histoire. Une Histoire où la liberté d’action des héros, des grands hommes, est remise en cause, où le hasard joue un rôle déterminant.Texte : Louis-Dominique Lavigne , assisté du Loup bleu (d’après Tolstoï ) ; Mise en scène : Antoine Laprise ; Assistance à la mise en scène : Diane Fortin ; Avec : Paul-Patrick Charbonneau, Antoine Laprise, Jacques Laroche, Julie Renault ; Décor et lumières : Christian Fontaine ; Conception marionnettes et costumes : Stéphanie Cloutier ; Accessoires et assistance au décor : Erica Schmitz ; Environnement sonore : Martin Tétreault ; Assistance aux accessoires et au décor : Marcel Coulombe, Valérie Gagnon Hamel ; Fabrication des marionnettes : Stéphanie Cloutier, Amélie Montplaisir, Laurelou Famelar ; Répétitrice et oeil extérieur : Lise Gionet

Guerre et Paix par le Théâtre du Sous Marin Jaune
Guerre et Paix par le Théâtre du Sous Marin Jaune © Nicolas Franck Vachon
  • LE REVE D'ANNA France

Trois-Six-Trente / Bérangère Vantusso Artiste invitée sur l’édition 2013 du Festival, Bérangère Vantusso revient cette année avec Le Rêve d’Anna , une pièce d’Eddy Pallaro . Avec cette fable sociale et enfantine la compagnie poursuit sa recherche dans le domaine des figures hyperréalistes à taille humaine.Anna vit seule avec son père qui est préoccupé par la recherche d’un travail. Elle rêve d’un cheval blanc avec qui elle parle et qui la réconforte. Son amie Louise, elle, est visitée par un taureau brutal qui lui apparaît en cauchemar. Anna ne sait pas toujours distinguer le rêve de la réalité, ce qui lui cause quelques soucis au quotidien, notamment à l’école où les autres ont du mal à la suivre.Tout est double dans la pièce d’Eddy Pallaro , chaque personnage, chaque entité du récit trouve son complément, son contraire ou son équivalent. Le Cheval et le Taureau, l’adulte et l’enfant, l’imaginaire et le réel, le rêve et le cauchemar, la vérité et le mensonge, l’école et l’entreprise. L’échelle des valeurs « convenues » est remise à plat, avec beaucoup d’humour et de tendresse.

Le rêve d'Anna par la Compagnie Trois Six Trente
Le rêve d'Anna par la Compagnie Trois Six Trente © Ivan Boccara

Mise en scène : Bérangère Vantusso ; Interprétation : Anne Dupagne, Guillaume Gilliet, Christophe Hanon, Junie Monnier, Philippe Rodriguez-Jorda ; Conception marionnettes : Marguerite Bordat, Bérangère Vantusso, Einat Landais ; Réalisation marionnettes : Marguerite Bordat, Einat Landais, Sébastien Puech, Michel Ozeray, Carole Allemand, Sophie Coeffic, Laurent Huet ; Costumes : Sara Bartesaghi Gallo ; Perruques : Nathalie Régior ; Scénographie : Marguerite Bordat ; Création lumière : Maryse Gautier ; Création sonore Aline Loustalot ; Construction décor : François Gauthier-Lafaye ; Peinture : Pierre-Guilhem Coste ; Régie générale et régie lumière : Philippe Hariga ; Régie son : Vincent Petruzzellis ; Assistante décor, mise en scène, marionnette : Cerise Guyon ; Coproduction : Théâtre de Sartrouville et des Yvelines–CDN, Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées, Théâtre Am Stram Gram-Genève, Scènes Vosges ; Aide à la production : ARCADI Ile-de-France, ADAMI, SPEDIDAM. Un spectacle Odyssées, biennale de création en Yvelines

  • SCHWEINEHUND Etats-Unis/Canada

Andy Gaukel NDYSchweinehund est inspiré de l’histoire vraie dePierre Seel , un Français déporté dans un camp de concentration pour homosexualité en 1941. Revenu vivant de son calvaire, il a décrit dans ses mémoires les atrocités auxquelles il a été soumis : battu, torturé, affamé, violé par ses gardes nazis...Le spectacle a été baptisé Schweinehund (insulte signifiant « salaud » en allemand). Andy Gaukel s’est adjoint la collaboration de la marionnettiste québécoise Myriame Larose. Les personnages sont des pantins squelettiques d’environ 30 cm de hauteur, portant le pyjama rayé des prisonniers des camps, flanqué du triangle rose par lequel les nazis distinguaient les déportés homosexuels. Les visages grossièrement figurés sont l’expression même de la détresse. La manipulation est par moments synchronisée avec une vidéo-animation projetée sur un écran transparent. Des deux marionnettistes, on ne voit que leurs mains nues qui jouent le rôle des gardes du camp, à la fois accusatrices et punitives. Pas de texte mais une trame sonore prenante qui fait de Schweinehund un spectacle d’une puissance inattendue, au vu de l’apparente simplicité des moyens déployés.Interprétation et mise en scène : Andy Gaukel ; Idée originale et écriture : Andy Gaukel ; Co-écriture et dramaturgie :Myriame Larose ; Manipulation :Andy Gaukel et Myriame Larose ; Animation : Andy Gaukel ; Soutien : Jim Henson Foundation Project Grant, Institut International de la Marionnette, The Awesome Foundation

Schweinehund
Schweinehund © Andy Gaukel
  • LA SCENE DU PONT MODORI Japon

Hitomiza Otome BunrakuQuarante-trois ans après avoir participé pour la première fois au Festival (en 1972), la compagnie japonaise revient en terre ardennaise avec un spectacle unique de « bunraku otome ». Alors que la marionnette bunraku traditionnelle est manipulée par trois hommes, le bunraku marionnettes otome est gérée par une femme seule. Cette technique unique a été inventée dans les années 1930. La compagnie tourne largement au Japon, et a effectué en 50 ans quatorze sorties dans des pays étrangers. Sa venue en France cette année revêt un caractère exceptionnel. Le spectacle est une scène d’une célèbre légende du démon Shuten Doji qui a causé des ravages au 10e siècle au Japon. La scène commence par un jeu de séduction entre un guerrier et une belle jeune femme près d’un pont, mais l’homme finit par entrevoir furtivement le reflet de la jeune femme dans l’eau... il y voit la tête d’une ogresse hideuse. La marionnette est construite avec une technique unique qui permet de changer l’expression de son visage en une seconde, passant en un flash horrifique d’une extrême beauté à une laideur effrayante. Spectacle suivi d’une démonstration technique, présentée en français (env. 15 min.)

The scene of the Modori Bridge de Hitomiza Otome Bunraku
The scene of the Modori Bridge de Hitomiza Otome Bunraku © Foundation modern Puppet Center
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.