Le plus grand rassemblement des marionnettistes du monde !

Basil Twist
Basil Twist © Christophe Loiseau

Le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières célèbre cette année sa 20e édition. Événement artistique et culturel original et unique au monde, tous les passionnés s’y retrouvent : artistes, créateurs, marionnettistes professionnels et amateurs, spectateurs assidus ou occasionnels de tous âges et de tous horizons.

Capitale internationale des arts de la marionnette, Charleville-Mézières accueille la 20e édition de son Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes. Créé par Jacques Félix en 1961 et dirigé depuis 2008 par Anne-Françoise Cabanis, il assure à son territoire un rayonnement exceptionnel et a su s’imposer de par le monde comme le rendez-vous majeur des artistes et curieux de cet art.

Depuis plusieurs années, le festival invite deux artistes dont l’œuvre témoigne de la diversité et de la vitalité des pratiques marionnettiques. En 2017, Agnès Limbos, marionnettiste belge et Renaud Herbin, directeur du TJP, CDN d’Alsace-Strasbourg étaient les artistes fils rouges. Cette année, c’est au tour de l’artiste Claire Dancoisne, fondatrice du Théâtre la Licorne, et du grand marionnettiste américain Basil Twist, d’être mis à l’honneur. 

À leurs côtés, plus de cent compagnies françaises et internationales avec des artistes venus de toute l’Europe mais aussi d’Afrique du Sud, d’Azerbaïdjan, du Brésil, du Burkina Faso, du Chili, du Liban, de la Russie ou encore du Sénégal.

La 20e édition du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières est dédiée à Jean-Luc Félix, Président du Festival, tristement disparu le 17 février 2019.

Quelques spectacles

  • Buffalo Boys
Buffalo boy
Buffalo boy / Virginie Schell

Fondé en 2003, L’Ateuchus est né d’une volonté d’expérimenter les pratiques transversales que permet le théâtre de marionnettes et de les confronter à une écriture contemporaine. Ce Buffalo Boy créé fin 2018 est une variation symbolique sur le genre du Western. Le personnage central, un enfant-bison, verra sous ses yeux différents aspects de sa personnalité s’incarner en marionnettes. La trame allégorique est celle du passage de l’enfance à l’adolescence. Au plateau, une forêt de planches de bois, sortes de totems. L’enfant-bison est juché au sommet de l’un d’eux, comme emprisonné. L’interprétation est confiée à un conteur, un marionnettiste et un joueur de flûte. Les marionnettes portées sont affublées de masques qui seuls les distinguent les unes des autres.

  • Cactus
Cactus
Cactus / Pierre Grosbois

Petite Louve est née, sans dent, d’une fleur de cactus. Étrangère de par sa nature animale aux esprits des cactus, elle doit apprendre à appréhender son territoire, dans un monde traversé par de nombreux vents, afin de ne pas finir recouverte de piqûres. Par la rencontre d’un autre petit loup pourvu, au contraire, d’une mâchoire disproportionnée, la petite louve va trouver les ressources pour faire naître ses dents. Composé d’une multiplicité de voix d’enfants enregistrées, Cactus installe son public au cœur d’une étonnante forêt ou voix chantées, peintures réalisées en direct et personnages manipules donnent vie au récit. Il s’inspire du kamishibai, un genre théâtral japonais ou l’artiste raconte une histoire en faisant défiler des illustrations. Créée par Cécile Fraysse, la compagnie AMK conçoit des œuvres jeune public toujours empreintes d’une exigence artistique.

  • La poussière et la couronne
La-poussière et la couronne
La-poussière et la couronne / Karen Kubena

Zahra Sabri, cœur battant de Yase Tamam, est une autrice et metteuse en scène iranienne. Son œuvre est faite d’une modernité empreinte de solennité et de symbolisme. Ses pièces précédentes ont été représentées au Festival en 2009 et 2015 et jouissent d’une réputation internationale. Dans La Poussière et la Couronne, Zahra Sabri métisse Macbeth et Hamlet pour composer une réflexion sur l’ambition et la quête morbide du pouvoir. Sur scène, les acteurs manipulent des silhouettes de papier et jouent alternativement derrière des masques de la même matière. Les corps sont aux prises avec des bandes élastiques fixées sur un cadre au sol, qui permettent aux interprètes de former des figures géométriques en les étirant dans l’espace, tandis qu’une voix off déclame le texte. Majestueux et puissant.

  • JERK
JERK
JERK / Alain Monot

La réputation de Gisèle Vienne rayonne dans tout le spectacle vivant. Formée à la philosophie et à la musique, la chorégraphe et metteuse en scène est également une marionnettiste issue de l’ESNAM. Son travail sur le corps et les objets anthropomorphiques l’a conduit à explorer la confrontation entre le corps dansant et le corps artificiel de la poupée, entre l’érotisme et la mort. Cette mise en parallèle suscite une réflexion sur la tendance à idéaliser ou à déshumaniser le corps humain. L’interprète-marionnettiste Jonathan Capdevielle est issu de la même promotion de l’ESNAM. Jerk est un spectacle créé en 2008, repris spécialement pour cette 20e édition. Ce solo de marionnettes à gaine a pu être qualifié de « bombe » par la critique, tant l’écriture de l’américain Dennis Cooper crée la confusion entre réalité et fantasme. La pièce est inspirée de faits réels. Il s’agit de rejouer, du point de vue d’un jeune complice incarcéré, une série de meurtres perpétrés au Texas dans les années 1970 par un serial killer qui assassinait de jeunes garçons. Les marionnettes sont ici porteuses d’une grande violence et d’une forte charge sexuelle. La distanciation permise par la marionnette est donc salvatrice. Une pièce noire, qu’on ne traverse pas impunément, servie par une scénographie extrêmement dépouillée, et la présence magnétique de Jonathan Capdevielle.

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