Pour les médias internationaux, ça ne fait pas de doute : Johnny Hallyday, même si sa notoriété n’a pas vraiment dépassé l’aire francophone, est un géant du rock. Notre Elvis à nous. Mais les géants sont-ils comparables ?

Pour ses fans dans le monde entier, Elvis est immortel. En France, Johnny suit le même chemin.
Pour ses fans dans le monde entier, Elvis est immortel. En France, Johnny suit le même chemin. © AFP / NICOLAS TUCAT

« Singer Known as the French Elvis » pour Variety, « The Elvis of France » pour CNN, « The French answer to Elvis Presley » pour le New York Times, « el Elvis galo » pour El País ou « der französische Elvis Presley » pour Die Süddeutsche Zeitung. Si l’on en croit la presse internationale, Johnny est notre Elvis à nous. Un hommage louable, pour deux géants du rock, deux bêtes de scène, deux icônes nationales désormais muettes.

Pour autant, les destins des deux hommes sont bien différents. Johnny, qui n'a jamais rencontré le King, a ainsi brûlé les planches beaucoup plus longtemps (1960-2017) que son aïeul (1953-1977), de même qu’il a connu de son vivant plusieurs mutations du marché de la musique. Ce qui n’interdit pas, toutes proportions gardées, de vérifier : Johnny joue-t-il vraiment dans la même division qu’Elvis ?

Sur scène : Johnny 1 (option international) - Elvis 0

Avec 3 256 concerts en 57 ans de carrière, Johnny Hallyday éteint tout débat sur sa présence scénique. En nombre d’événements publics – 1 156 – il dépasse évidemment Elvis Presley, qui n’a travaillé que 25 ans. En moyenne par année de carrière, le Français surpasse toujours son miroir américain : 57 dates pour Johnny contre 46 dates pour Elvis. Ce dernier n’a d’ailleurs jamais quitté l’Amérique du Nord (il n’avait pas de passeport), tandis que Johnny a visité 40 pays.

Dans les bacs : Johnny 1 - Elvis 1

La discographie des deux artistes (Elvis est seulement interprète, Johnny a écrit et composé certains de ses titres) est pléthorique. Tous formats confondus (single, albums, concerts, compilations…), le Français cumule 560 disques, contre 181 pour Elvis. Soit 10 par année de carrière pour Johnny contre 7 pour le King.

Reste que, depuis 1953, Elvis a vendu plus de 1 milliards de disques, là où Johnny plafonne aujourd’hui à 110 000 millions. Ce qui, sauf emballement pour l’un et désamour pour l’autre, place l’Américain, mort en 1977, bien en tête de la course. (A moins que l’on ne s’intéresse qu’aux disques vendus du vivant de l’artiste, un indicateur, certes un peu mesquin, qui donne Johnny gagnant.)

En salles des ventes : Johnny 0 - Elvis 1

Lorsque Johnny décide de se séparer de sa Cadillac cabriolet Série 62 de 1953 – elle a illustré l’album L’Attente – et d’une Harley-Davidson Softail Springer de 1989 – on la voit sur le single Possible en moto, c’est pour la bonne cause (une association). Les véhicules, mis à prix 50 000 et 20 000 euros, ont été vendus respectivement 280 000 et 270 000 euros. Pas mal. Mais un simple jogging porté par Elvis dans les années 1970 s’est arraché 5 000 dollars; et un disque de My Happiness, la première chanson enregistrée par le King, a atteint 300000 dollars en 2015.

Sur eBay, les objets autour de Johnny sont très présents. Mais à des cotes bien inférieures aux collectors d'Elvis.
Sur eBay, les objets autour de Johnny sont très présents. Mais à des cotes bien inférieures aux collectors d'Elvis. / DR

En vendant sa collection de goodies de Johnny, un Bordelais a néanmoins pu s’offrir de belles vacances.

Au cinéma : Johnny 1 - Elvis 0

Se souvient-on que l’icône des rockers français se voyait comédien ? Avec la notoriété, son rêve devient réalité. Dans Les Parisiennes de Marc Allégret, Johnny Hallyday joue avec Catherine Deneuve. Il chante aussi, et il continuera de le faire. Comme Elvis, lui aussi apprécié des cinéastes. Mais pas autant que le Français, qui apparaîtra 40 fois à l’écran, contre 31 pour l’homme au troublant déhanché.

A la mairie (et à la maternité) : Johnny 1 - Elvis 0

Dans la vie privée, nul ne peut décrire le reste de la vie d’Elvis, qui s’est éteint plus jeune que Johnny. Mais en 1977, à sa mort, le King ne s’était marié qu’une seule fois, et n’a eu qu’un enfant (Lisa Marie). A ce moment-là, Johnny lui-même n’avait eu qu’une femme. Il sera moins régulier par la suite, avec 5 mariages au total et 4 enfants (David, Laure, Jade, Joy). 

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