Sorte de nouveau "Fais pas ci, fais pas ça"... "Le Grand Bazar" est une série familiale, résolument comique et moderne, créée par Baya Kasmi ("Je suis à vous tout de suite") et Michel Leclerc ("Le Nom des gens"). Elle est présentée en avant-première au festival Séries Mania, avant d'être diffusée sur M6 ! Rencontre...

"Le Grand Bazar", nouvelle série française avec Grégory Montel et Nailia Harzoune, conçue et réalisée par Baya Kasmi, Michel Leclerc, Sarah Kaminsky et Lyès Salem)
"Le Grand Bazar", nouvelle série française avec Grégory Montel et Nailia Harzoune, conçue et réalisée par Baya Kasmi, Michel Leclerc, Sarah Kaminsky et Lyès Salem) © Elephant Story / Diffusion M6

Pour poursuivre sa semaine spéciale au festival Séries Mania, Benoît Lagane a rencontré l'équipe d'une toute nouvelle série, qui commence très bientôt sur M6... Le Grand Bazar ! Notre spécialiste des séries a donc pu s'entretenir avec les créateurs de la série, mais aussi les deux comédiens principaux : Grégory Montel (Dix pour cent) et Nailia Harzoune !

Le pitch, vu par Benoît Lagane

Le Grand Bazar c'est le nouveau Fais pas ci, fais pas ça, mais où Sèvres aurait été remplacé par Bagnolet, et où Fabienne Lepic aurait épousé Denis Bouley ! C'est tout aussi drôle que les premières saisons de Fais pas ci, fais pas ça, et c'est produit pas la même maison. Mais Le Grand Bazar c'est aussi et surtout une série imaginée, écrite et réalisée par Baya Kasmi et Michel Leclerc, de grands habitués des comédies familiales.

L'interview, par Benoît Lagane

Baya Kasmi, comment commence Le Grand Bazar ?

B.K. : "C'est un couple magnifique, qui est joué par Nailia Harzoune et Grégory Montel (Samia et Nicolas), et qui va avoir un petit bébé. Ils ont tous les deux des ex un peu envahissants. Et on va suivre les premiers jours de ce couple avec ce bébé, à qui ils doivent trouver un prénom... ce qui devient très compliqué car tout le monde donne son avis. C'est véritablement une épopée : la tentative de trouver un prénom pour cet enfant."

Grégory Montel, vous comment êtes-vous rentré dans l'univers de Baya Kasmi et Michel Leclerc ?

G.M. : "Pour ma part, je suis rentré dans l'univers de ces deux personnes il y a un petit moment avec _Le Nom des gens_. J'ai découvert Baya Kasmi, car je ne savais pas qu'elle avait participé à l'écriture des films de Michel Leclerc, puis j'ai vu son film avec Vimala Pons qui s'appelle Je suis à vous tout de suite. Ce film-là m'avait énormément plu, j'y ai trouvé un monde un peu fantasmé... Et Il faut savoir que Baya et Michel ne vivent pas exactement dans le même monde que nous, mais ce monde-là me plait énormément. J'avais envoyé un message à Baya, en lui disant que j'avais été extrêmement touché par son film. Mais elle m'a répondu deux ans après ! Alors forcément j'étais d'autant plus heureux quand on m'a parlé de ce projet et que j'ai lu le scénario."

Nailia Harzoune, comment cela s'est passé pour vous ? 

N.H. : "J'ai tout de suite été castée pour Samia. Je n'avais pas lu le scénario, ce n'était que quelques essais donc c'était juste des pages de scripts. Et en rencontrant Baya, en parlant avec elle, en allant boire un café, j'ai tout de suite compris l'univers en fait. J'ai tout de suite compris cette espèce de folie généreuse, d'amour, d'extrême tendresse et d'une grande liberté. J'ai lu ensuite le scénario en pensant au film de Michel Leclerc, Le Nom des gens... Toute cette répartie, ce dialogue, ce rythme, cette comédie... en fait je l'avais vu en rencontrant Baya Kasmi et en parlant avec elle."

Improvisation ou pas ?

Dans la série, on a l'impression qu'il y a beaucoup d'improvisation... est-ce qu'il y avait vraiment de l'impro dans les dialogues, ou tout était très écrit ?

B.K. : "Pas du tout, c'est très écrit, c'est très précis. Le travail qu'on fait en comédie c'est vraiment de respecter l'écriture. Après les comédiens apportent beaucoup d'invention dans le rythme, dans la façon dont ils vont le jouer, dans les gestes... "

N.H. : "C'est extrêmement écrit, donc en lisant les dialogues et en se fiant totalement à ce qui est écrit, c'était très facile de se développer un imaginaire sur le personnage. En revanche ce qu'on faisait de temps en temps, pour le plaisir, c'était de laisser filer les scènes. Parfois Baya Kasmi ne coupait pas tout de suite la caméra à la fin des scènes, et de temps en temps ça donnait des choses."

Dans la série, il y a un vrai débit... C'est une écriture qui impose aussi une certaine rapidité d'élocution, ou c'était vraiment Baya Kasmi qui l'imposait sur le plateau ? 

G.M. : "C'était beaucoup plus le rythme de l'écriture et de la lecture naturelle du scénario, plutôt que Baya Kasmi qui nous aurait forcés à parler vite."

B.K. : "Avec Michel Leclerc, quand on écrit, on écrit dans un rythme. Pour écrire de la comédie, il faut que irrémédiablement que cela claque au niveau du rythme. Ceci étant dit, je suis aussi très attirée par les comédiens qui ont du rythme, car pour la comédie c'est quand même fondamental."

Ce rythme est aussi souligné par un montage très rapide de la série, les cinq premières minutes sont vraiment le cas d'école de "la bonne série" qui impose et qui place tous les personnages tout de suite, de sorte que l'on rentre directement dedans. Baya Kasmi, c'était aussi une volonté dès l'écriture que le montage soit ainsi ?

B.K. : "Oui je crois. On l'a cherché au montage, comme on l'a toujours cherché, pendant l'écriture, pendant le tournage, pendant le montage... Avec Michel Leclerc, quand on écrit, on a toujours trop d'histoires. Certains épisodes que l'on a écrits étaient trop plein, il y avait trop de choses. Ce qui fait que dans la série il y a rarement un personnage qui monte dans sa voiture, la voiture qui démarre et le personnage qui s'arrête. On a coupé tous les trajets, donc il ne se passe que des scènes. Donc au montage nous sommes aussi restés dans cet état d'esprit."

Michel Leclerc, cela vient d'où le fait d'avoir toujours trop d'idées à mettre dans un scénario ?

M.L. : "J'aime le bordel. On aime le bordel. Et je trouve que le bordel est politique. Il arrive qu'on nous le reproche, que ce soit plein etc... Mais je n'aime pas l'épure, je n'aime pas la pureté. On fait une comédie de personnages, on part d'abord des personnages, et un personnage peut, en cinq minutes, avoir une idée, puis une autre, et c'est ça la vie."

La vie passe par le fait de changer de sujet tout le temps.

Mixité, famille recomposée, masculin/féminin... une série moderne !

B.K. : "Il y a aussi une grande modernité dans la série, qui montre une famille recomposée, une famille mixte... Mais aussi où on questionne pas mal le féminin-masculin, avec un homme qui veut prendre un congé parental, etc. [...] Et ce qui est fou c'est que tout ce travail ne s'est jamais arrêté : il y a eu des étapes de travail et avec les comédiens on rajoutait encore des choses. Quand nous faisions des essais, les acteurs faisaient des scènes entre eux, en impro, et ils étaient supers : ils inventaient des choses et après on les réécrivait. C'est extrêmement bien car ça ne ressemble pas à de l'impro à l'écran, et en même temps c'est totalement réécrit sur de l'improvisation."

Michel Leclerc :

Mon combat, c'est que la gentillesse ne soit pas prise pour de la faiblesse.

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