Au Louvre, le célébrissime tableau de Léonard de Vinci est déplacé le temps de travaux. Une photo publiée dans la presse espagnole montre un immense panneau "selfies ici" juste à côté du tableau, interpellant les réseaux sociaux sur son authenticité. Le Louvre confirme son existence mais affirme l'avoir déplacé.

La Joconde dans son emplacement d’origine, la salle des États.
La Joconde dans son emplacement d’origine, la salle des États. © AFP / Hans Lucas / David Himbert

Accéder à la Joconde, au Louvre, n'était déjà pas chose facile. Depuis le 17 juillet, la tâche est encore plus ardue : en raison de travaux dans la salle des États, la plus visitée du musée, le célèbre tableau de Léonard de Vinci est déplacé. Si Les Noces de Cana, l’immense tableau qui fait face à la Joconde, reste dans la salle et sera donc inaccessible jusqu’à mi-octobre, la Mona Lisa est quant à elle toujours visible dans la Galerie Médicis du musée. 

Résultat : ce mercredi matin dans le quotidien espagnol El Mundo, on peut lire qu’il faut "deux heures de queue pour un selfie avec la Joconde", sous les ordres des surveillants de salle qui contrôlent tant bien que mal le flux des visiteurs. Le tout avec photo à l’appui, montrant un immense panneau "Selfies / Photos ici", juste à proximité du tableau. Une photo qui a interpellé plusieurs observateurs sur les réseaux sociaux, s'interrogeant sur son authenticité. 

Le doute provenait du fait que la photo principale de ce même article ne montre pas le panneau, pas plus que les photos publiées sur les réseaux sociaux de la Joconde dans son nouvel écrin. En revanche, on retrouve cette signalisation dans une autre salle du musée, près d'une reproduction du tableau. Alors, ce panneau est-il vrai ou s'agit-il d'un grossier montage ?

Des "points selfie", mais pas devant le tableau

Contacté par France Inter, le musée du Louvre nous a confirmé que ce "point selfie" existait bel et bien. "Le déplacement de la Joconde, dans une autre aile du musée, implique de nombreux changements en termes de flux de public. Nous avons mis en place cette signalisation pour fluidifier la circulation du public", explique un porte-parole. 

"Tout le monde ne prend pas de selfie, donc cela permet aux visiteurs de prendre une photo devant le tableau, puis d'aller un peu plus loin, au niveau de ce panneau, pour leur selfie". 

En revanche, "le reportage espagnol a sûrement été fait la semaine dernière", affirme ce porte-parole, car cette signalisation, qui avait bien été mise en place à côté du tableau la semaine dernière n'est plus juste devant l'oeuvre d'art. "Elle a été un peu déplacée, nous effectuons des ajustements depuis le déplacement de la Joconde la semaine dernière", précise-t-on au musée du Louvre. Sur Twitter, un photojournaliste présent mercredi au Louvre constatait que la signalisation "selfie" n'était en effet plus directement dans la même salle que le tableau. 

Des travaux avant l'exposition Vinci

Pourquoi ce déplacement au beau milieu de l'été, alors que le musée accueille un flux de touristes plus important - et en constante augmentation ? "En octobre commence l'exposition consacrée aux 500 ans de Léonard de Vinci, nous avons profité de cette occasion pour lancer les travaux de la salle des États", commencés partiellement en janvier, qui visent à "améliorer l'accueil du public" et "mettre le Palais à jour des nouvelles normes de sécurité, d'accessibilité et de conservation". À l'ouverture de l'exposition Vinci en octobre prochain, la Joconde sera donc prête à réintégrer son écrin habituel - elle ne pourra pas être montré au sein du Hall Napoléon qui hébergera l'exposition temporaire, trop petit pour accueillir cette oeuvre si populaire auprès du public. 

En attendant, le tableau est donc transféré dans l'une des galeries les plus grandes du musée... mais qui présente l'inconvénient d'être dans l'aile opposée du musée. "Nous avons établi un nouveau parcours permettant d'accéder directement à la Joconde", différent du parcours habituel "chefs-d'oeuvre" qui passe aussi par la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace explique le musée, qui rappelle que dans sa configuration d'origine, le tableau provoquait aussi des files d'attente en cas de forte affluence. 

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