Un colloque est organisé aujourd'hui au musée du Louvre afin de faire le bilan des acquisitions d'œuvres entre 1933 et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour certaines, volées à des familles juives, on ignore encore leur provenance.

Aujourd'hui, le musée du Louvre abrite 1752 œuvres spoliées, en attente de restitution.
Aujourd'hui, le musée du Louvre abrite 1752 œuvres spoliées, en attente de restitution. © AFP / GODONG

D’où proviennent toutes les œuvres acquises par le Louvre pendant la guerre ? Pour la direction du Musée, répondre à cette question relève d'un devoir moral, à l'heure où l'Occident fait de plus en plus face à des demandes de transparence sur l'origine des objets d'arts présents dans les collections des musées, voir même des demandes de restitution. Dans ce contexte, le Louvre organise un colloque retransmis sur sa chaine YouTube pour faire le bilan sur la provenance des objets entrés par dons, legs ou acquisitions dans les collections nationales durant la période 1933 - 1945.

Le Louvre conserve 1752 œuvres pillées par les nazis

Douze années de funeste euphorie pour le marché de l’art. Pendant cette période, l'état-major nazi a mis beaucoup d'énergie à confisquer les biens artistiques des juifs et ce n'est qu'à la fin de la guerre que l'inventaire a pu commencer. Aujourd'hui, le musée du Louvre abrite 1752 œuvres spoliées (en France par le régime nazi pour la plupart). Elles ne sont ni présentes dans les collections publiques, ni répertoriées dans les collections nationales puisqu'elles sont en attente de restitution à leurs propriétaires légitimes. Pour certaines, dont on ignore l'origine car envoyées en France après la guerre, il faut encore enquêter. Un premier bilan de la mission de recherche des équipes du musée sur les MNR (Musées Nationaux Récupération, l'inventaire des œuvres privées provenant de pillages par les nazis pendant l'occupation, récupérées en Allemagne) va permettre d'y voir plus clair.

Les recherches s'appuient sur les éléments à disposition, les archives, inscriptions, et étiquettes, sur les études de chercheurs et d'historiens d’art, ainsi que la documentation liée à l’exposition de 1945. Pour Jean-Luc Martinez, le président du Louvre, "ça concerne quelques milliers d'objets inventoriés. Mais nous devons parfois chercher les propriétaires d'avant leur entrée au musée du Louvre afin de s'assurer que ce sont des objets qui n'ont pas été volés, spoliés."

Des cas particuliers, sans idée de la provenance

Les objets qui seront au cœur de ces recherches proviennent souvent de vente aux enchères. "Il y a eu quelques ventes auxquelles les conservateurs du Louvre ont participé pendant la Seconde Guerre mondiale. Or on y vendait parfois des objets volés à des familles juives. Ça représente quelques objets et non l'essentiel. La plupart des objets ont une provenance assurée et nous portons notre attention sur les quelques cas particuliers pour lesquels nous ne trouvons pas la provenance", précise Jean-Luc Martinez.

Toutes ces recherches seront compilées dans un livre et également sur le nouveau site Internet des collections du Louvre, qui sera accessible au public fin mars, avec pas moins de 480.000 notices.