Réécoutez les plus beaux témoignages de Boomerang cette semaine : le peintre David Hockney, le cinéaste Albert Dupontel, l'écrivaine Fatima Daas, le photographe Paolo Roversi et la romancière Marie-Hélène Lafon étaient les invités d'Augustin Trapenard.

"Le métier de vivre est le plus grand des métiers" (Marie-Hélène Lafon) - Le best-of de Boomerang
"Le métier de vivre est le plus grand des métiers" (Marie-Hélène Lafon) - Le best-of de Boomerang © Getty / narvikk

Vous avez manqué les plus beaux moments de la semaine dans Boomerang ? Rien que pour vous, Pablo Cotten a mixé le Best-of de Boomerang de ces cinq derniers jours : 

10 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 16 octobre

Par Pablo Cotten

Marie-Hélène Lafon

Récompensée cette année par le grand prix de littérature de la Société des gens de lettres, elle a sorti cet été, son tout dernier roman Histoire du fils qui figure dans la sélection France Inter-Le Point. L'écrivaine était l'invitée d'Augustin Trapenard :

M-HL : "L'incarnation, la matière du monde, c'est ma matière et je tente de la faire partager, de faire en sorte qu'on puisse la toucher, je tente de la faire sentir. Et ce livre-là, je l'ai pensé en tableau : il faudrait qu'il y ait du grain, de la couleur, que le vent passe sur le tableau, que la rosée vienne dessus, que le tableau sente, qu'on ait envie de le toucher, de poser sa main dessus, comme sur la croupe d'une vache.

Je dirais que la source première, c'est ce rapport au monde qui vous met au-dessus de vous-même par sa beauté. C'est cela qui me porte, ça me donne l'énergie. "Énergie", c'est être dans le travail étymologiquement. 

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Je me vois tel un aventurier du verbe, quelqu'un qui empoigne la langue, tourne, la retourne, la cherche, la trouve, ne la trouve pas. Aventurier et travailleur, les deux, pour moi, sont indissociables de l'écriture. Cela va bien au-delà de la péripétie, du personnage, de l'agencement narratif. C'est d'abord l'empoignade avec le matériau textuel. On rumine beaucoup. 

Je cherche toujours le mot juste à la juste place. Cela demande des ruminations, de l'attente, des désirs et du recommencement".

📖 LIRE - Marie-Hélène Lafon : Histoire du fils (Éditions Buchet Chastel)

David Hockney

À l'occasion de la grande exposition qui lui sera bientôt consacrée à la Galerie Lelong & Co, le célèbre peintre britannique est venu se confier au micro de Boomerang

DH : "J'ai vite appris à dessiner parce que je me suis rendu compte qu'il s'agissait simplement de regarder. Les personnes assises à côté de moi se sont mises à dessiner simplement parce qu'elles avaient mieux regardé que moi. Donc, j'ai appris à regarder plus intensément. Tout l'enseignement du dessin c'est l'enseignement du regard, et beaucoup de gens ne regardent pas suffisamment, ils examinent le sol devant eux pour être sûrs de pouvoir marcher, et d'avancer. Mais est-ce qu'ils regardent véritablement ? Si vous pensez à autre chose, vous ne regardez pas vraiment. 

Il faut réfléchir à ce que vous regardez et le regarder intensément 

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J'ai toujours souligné qu'un peintre ne pouvait pas être lui-même hédoniste parce que c'est un travailleur. Il peut être d'accord avec l'hédonisme, mais lui se doit d'être un travailleur. Moi, j'ai toujours été un travailleur et je le suis encore. Je travaille encore tous les jours".

Albert Dupontel 

Le cinésate, acteur et réalisateur, sort la semaine prochaine son septième long métrage "Adieu les cons" avec Virginie Efira, Nicolas Marié. Au micro d'Augustin Trapenard, il est venu partager sa passion pour la cinéma qui, selon lui, est plein de vertus éducatives :

Le cinéma est une façon de comprendre la réalité que je n'ai jamais comprise.

Je ne comprends pas le monde dans lequel je vis. Je ne sais pas ce que je viens faire là, je ne sais pas où je vais et, souvent, grâce au cinéma, je comprenais une réalité parce qu'elle était exprimée clairement, confusément et de façon distrayante. C'est mon petit parcours intérieur : dire à l'individu qu'il n'y a pas que les émotions extérieures qui sont importantes, il n'y a pas que la collectivité. Il n'y a pas que ce qu'on t'apprend à l'école. Il y a tes petits parcours à toi intérieurs et le cinéma est une bonne façon de décoder la façon dont on fonctionne nous-mêmes, quelque chose qu'on n'apprend pas à l'école. 

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Il faut redonner la parole aux gens. Et ce n'est pas ce qui est fait. Tout est fait pour nous faire participer à une collectivité qui, objectivement, est déviante. Je crois qu'on peut parler aux gens, surtout quand l'individu est un enfant, car à ce moment-là toutes les chances sont permises pour en faire un individu vraiment intelligent, altruiste, humaniste, et pacifiste. Je crois beaucoup aux écoles alternatives. Les enfants y sont un peu moins bêtes que la moyenne, plus curieux à des tas de choses car on les a moins formatés pour cette putain de compétition. 

Il y a une différence entre vivre et exister. Exister, c'est l'intendance. Vivre, c'est assumer ses émotions et tourner autour. Il ne faut pas les refouler, il faut les restituer".

🎬 AU CINÉMA - "Adieu les cons", le tout dernier film d'Albert Dupontel 

Paolo Roversi

Il figure parmi l'un des plus grands photographes de mode. L'artiste italien était cette année le président du jury du Festival de mode et de photographie d’Hyères. Paolo Reversi était dans Boomerang

PR : "Pour moi, toute la photographie, que ce soit un visage, un objet, un arbre, un paysage, je le vois toujours comme un portrait. Qu'est-ce que ça veut dire pour moi un portrait ? C'est isoler mon sujet du reste du monde et me concentrer complètement selon lui ; faire de mon sujet le centre du monde. Quelque part, c'est toujours un échange, c'est toujours une rencontre, c'est une confession intime des choses. Il y a toujours quelque chose de très personnel. C'est comme un double miroir. 

Avec la photographie, mon sujet se reflète dans moi et moi je me reflète dans mon sujet

Il y a une telle invasion des images aujourd'hui que c'est difficile de dire quelles sont celles qui vont survivre dans ce marasme général des réseaux sociaux, qui sont un bombardement perpétuel d'images. 

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Je trouve la vie très belle. Depuis mon enfance, j’éprouve de la joie. J'ai eu une enfance très simple, mais très belle et, tous les matins, j'avais ce soleil qui me chauffait sur la mer, ce vent, comme disait Jean Ferrat, qui m'a toujours aidé dans ma vie. 

La vie est une quête sans fins de beauté

C'est toujours un mystère, et il y a toujours l'envie de dévoiler plus, de comprendre plus, de savoir plus. C'est sans fin". 

Fatima Daas

Elle est l'une des grandes révélations de cette rentrée littéraire, avec la sortie de La petite dernière, dans laquelle elle interroge la fragilité existentielle à laquelle on peut être confronté lorsqu'on interroge sa propre identité voire même ses propres identités. L’écrivaine de 25 ans était aux côtés d'Augustin Trapenard : 

FD : "À l'adolescence, je n'arrivais pas à parler. Je ne savais pas ce que c'était de parler. J'avais beaucoup de mal à me confronter au regard de ma famille, au regard de la société, au regard des gens. L'écriture arrivait à un moment où j'ai tout fait à l'intérieur de moi et où j'avais vraiment besoin de trouver un endroit où je pouvais enfin faire sortir mes tripes où je pouvais dire ce que j'avais besoin de faire ressortir. 

L'écriture c'était ma manière à moi de hurler.

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Aujourd'hui, je ne suis pas malheureuse, mais ça l'a été. Aujourd'hui, je trouve qu'il y a un souffle, un endroit. L'écriture est cet endroit où on peut libérer cette parole-là. Ça fait beaucoup de bien.

Je rêve de la sérénité et du calme souvent car il n'y en a pas assez, c'est difficile à trouver". 

📖 LIRE - Fatima Daas : La petite dernière (Éditions Noir sur Blanc)

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🎧 SUIVRE - Boomerang : Tous les entretiens d'Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h05