L’histoire de l’enseignement artistique est profondément marquée par l’étude morphologique humaine et animale. Les Beaux-Arts de Paris disposent depuis 1824 d’un Cabinet anatomique unique et d’un amphithéâtre de morphologie dans lequel, aujourd’hui encore, la pratique du dessin d’après modèle tient une place essentielle.Cette exposition présente une sélection de dessins zoométriques et de moulages d’Antoine-Louis Barye, issus du fonds acquis par l’École à des fins pédagogiques, à la mort de l’artiste en 1876. Ils révèlent le grand intérêt porté par l’artiste pour la science et son obsession pour les mesures et proportions.

Entré à l’École des Beaux-Arts en 1818, Barye est surtout connu pour ses sculptures animalières et ses dessins ou aquarelles d’animaux sauvages exécutés d’après nature au Jardin des plantes ou dans les ménageries ambulantes. À partir de 1854, il enseigne le dessin animalier au Muséum d’Histoire Naturelle. Aujourd’hui, des oeuvres de Barye sont présentes aux Tuileries ou au jardin du Luxembourg.

Il développe toute sa vie une approche naturaliste de la figure animale en participant aux dissections du laboratoire d’anatomie comparée et en fréquentant les salles du Muséum qui lui fournissent ses différents modèles – des grands félins en grande majorité.

Ces dessins – figurant des animaux avec peaux, écorchés ou à l’état de squelette – sont de véritables documents de travail pour l’artiste et témoignent de sa parfaite connaissance des animaux qu’il a palpés et manipulés. Contrairement aux préceptes qui dominent dans l’enseignement de la sculpture à l’époque, Barye ne s’intéresse pas au « dessous » pour figurer le « dessus », mais au modelé de la surface des figures et aux mesures respectives des parties.

Cette exposition montre à quel point Barye est ancré dans son époque, riche de grandes expéditions, et de la découverte, à Paris, des animaux du monde entier. Elle est l’occasion de retracer l’histoire des « modèles » de Barye. Si certains animaux restent anonymes, d’autres ont parfois été les vedettes de la Ménagerie, à l’instar de l’éléphante Chevrette, du gorille donné par le docteur Franquet en 1852 ou de l’éléphante Marguerite, confisquée au Stadhouder. Ils ont parfois fait l’objet d’études célèbres, comme les lions de l’amiral de Rigny que Barye immortalise en compagnie de son ami Delacroix.

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