Nora Krief et Nicolas Bouchaud
Nora Krief et Nicolas Bouchaud © Radio France / Brigitte Enguérand

C’est l’un des évènements théâtraux de cette rentrée de janvier : la mise en scène du Misanthrope par Jean-François Sivadier au Théâtre National de Bretagne à Rennes (jusqu’au 19 janvier, puis en tournée dans douze villes jusqu’au mois de juin) avec Nicolas Bouchaud dans le rôle d’Alceste et Norah Krief en Célimène.

Jean-François Sivadier, metteur en scène rompu aux grands classiques et aux grands auteurs (il a déjà monté Brecht, Shakespeare, Büchner), se confronte pour la première de sa carrière à un texte de Molière. Il a choisi l'une des pièces les plus philosophiques de l'auteur du 17ème siècle en plaçant l’action dans une espèce de no man’s land.

Le décor est lunaire. Alceste est habillé en kilt. Il écoute « Should I stay or should I go » des Clash. Alceste est ici un rebelle rock’n roll, un homme brouillé avec le genre humain.

Et dans la grande scène d’ouverture - la rencontre entre Philinte et Alceste - Jean-François Sivadier a souhaité en faire un combat philosophique entre ces deux hommes, entre Alceste le radical et Philinte le modéré.

Jean-François Sivadier a monté un Misanthrope enjoué. Il redonne à la pièce sa tonalité de comédie noire, tragi-comique, emmenée par une belle troupe de comédiens. Le spectacle regorge de petites trouvailles merveilleuses, drôles et décalées. Ainsi la scène du sonnet d’Oronte (Cyril Bothorel) ou l’entrée des marquis Acaste (Stephen Burel) et Clitandre (Christophe Ratandra) sur le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier sont des petits moments de bonheur qui redonnent à la pièce son aspect de comédie.

Le Misanthrope est souvent monté comme une farce sombre, ici elle est joyeuse et moqueuse.

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