C'est une exposition temporaire en collaboration avec la troupe Les Oiseaux de Paradis

Pour la quatrième année consécutive, le Musée des Arts Forains installé dans les anciens Pavillons du Vin de Bercy ouvre ses portes pendant 10 jours lors des fêtes de fin d’année. Et pour l’occasion il va faire le « grand écart » !Le lieu revêtira les parures du Music-Hall. Robes à paillettes, boas, coiffes en strass, culottes de cancan, harnachements d’épaule, crinolines, éventails en plumes d’autruches… métamorphoseront les différents espaces de ce musée dédié aux Arts du spectacle. Une exposition éclatée à suivre de fil en aiguille ou plutôt de paillettes en plumes. Un mariage avec les autres objets déjà présent dans les salles évoquant le music-hall de la Belle-Epoque. La collection de costumes et accessoires réunie au fil des ans par Jean-Paul Favand sera présentée et enrichie par les acquisitions d’une récente vente aux enchères.

Esmeralda
Esmeralda © Pavillons de Bercy
Les visiteurs entreront en passant sous de grandes crinolines suspendues tels des lustres qui abriteront des marionnettes. Accueillis par Debussy en pénétrant dans le Théâtre du Merveilleux, une vitrine offrira à voir des curiosités tel qu’un mythique string à bananes ou les papiers d’identité de Mistinguett. Des artistes en cire de la Belle Epoque en provenance du Musée Grévin, attendaient de reprendre vie. Lautrec admirera La Goulue et Valentin le Désossé reprendre leur valse chaloupée, Yvette Guilbert vivra le temps de sa gloire. Gounod et Jules Massenet parmi d’autres s’encanailleront avec Aristide Bruant dans plumes et jupons. La dernière robe portée par Joséphine Baker à Bobino en 1975 rivalisera avec celle portée par Brigitte Bardot dans le film « Viva Maria » tandis qu’une danseuse dans sa loge permettra d’admirer sa volumineuse garde-robe. Une coiffe de Joséphine Baker sera présentée au milieu de costumes de meneuses de revue prêtés par la troupe Les Oiseaux de Paradis. Aux Salons Vénitiens, les chevaux de bois se transformeront en Pégase. Grâce à leurs nouveaux harnachements en plumes d’autruches. Au Musée des Arts Forains, les culottes de cancan s’exposent en une cacophonie de froufrous. Cette exposition vivante participe à la convivialité de cette période de portes ouvertes où il sera possible de toucher du doigt le monde du rêve et du grand spectacle. Cette fois encore, l**es manèges et attractions seront accessibles et des spectacles vivants et numériques seront proposés toutes les 30 minutes.** ### **Brève histoire du Music Hall** A la différence des cafés concerts réservés à la chanson, le music-hall mêlait à l’origine une série d’attractions : **jongleurs, chiens savants, monstres, mimes, prestidigitateurs, théâtre, pantomimes…et ballets** Toutes ces attractions étaient présentes dans les fêtes foraines et y sont nées. Historiquement, on y retrouvait presque toutes les formes de spectacles. Celles-ci se sont peu à peu sédentarisées et se retrouvaient dans les théâtres ou les musics-halls.
Chevaux
Chevaux © Pavillons de Bercy
Raoul Muriand dans son livre sur les « Folies Bergère » signale que l’arrivée de « bateleurs, amuseurs (…) qui s’installeront d’abord à l’entrée des établissements sur des estrades improvisées, puis ensuite à l’intérieur sur des scènes de plus en plus perfectionnées » engendrera la transformation des cafés-concerts au milieu du 19ème siècle.En 1855, Offenbach fera même d’une baraque foraine nommée Château d’enfer un théâtre baptisé Bouffes-Parisiens à l’occasion de l’exposition universelle de 1855. Cette baraque des Champs-Elysées devint ensuite Bouffes d’été. La chanteuse Yvette Guilbert connut ses premiers grands succès dans l’un de ces concerts d’été, Les Ambassadeurs. La dernière décennie du XIXème siècle est l’âge d’or du Music Hall. Favorisé à Paris par l’ordonnance préfectorale de juillet 1864, leur donnant les mêmes droits que les théâtres. Les numéros proposés n’en sont que plus diversifiés. En 1867, le directeur de l’Eldorado (un café-concert) ira jusqu’à engager une actrice de la Comédie Française pour déclamer des vers de Corneille et Racine. Les salles fleurissent dans différents quartiers de Paris : les Folies Bergère naissent en 1869, Le Chat Noir en 1881, l'Olympia en 1893, l'Alhambra en 1904, Bobino en 1917, le Casino de Paris en 1917, l'ABC en 1933, les Folies Wagram...
Sirène des Salons Vénitiens
Sirène des Salons Vénitiens © Pavillons de Bercy
**Le Moulin Rouge est la première salle à porter le nom de « music-hall » à Paris.** En 1886, Edouard Marchand, venant d’arriver aux Folies Bergère, à l’idée de lier attractions et ballets et créé ainsi la revue.La popularité de ces salles de spectacle était liée aux numéros présentés. Par exemple celui de Barbette, une frêle et blonde acrobate qui salue en enlevant sa perruque dévoilant Vander Cycle, un artiste américain faisant sensation. Au Moulin-Rouge, l’attraction la plus populaire, outre le french cancan, était le pétomane Joseph Pujol. Sur les affiches on lisait « Tous les soirs, de 8 heures à 9 heures, LE PETOMANE, le seul qui ne paie pas de droits d’auteur ». Les hurlements de rire du public s’entendaient jusqu’au boulevard, les femmes gênées par leur corset s’évanouissaient.En Europe, le Music Hall, tout comme l’Art Forain, connurent leur apogée à Paris, Berlin et Londres (où le terme est d’ailleurs né), entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle. Leur essoufflement dans les années 1950 marque le développement du cinéma. ### **Au sujet de la nudité…** **Ce n’est que tardivement que les femmes se déshabillèrent.** Au début du french cancan, la jambe levée haut ne dévoile que jupons à fanfreluches et culottes bouffantes au dessous du genou, le Second Empire ayant instauré de nombreux interdits en matière de moeurs. Toutefois les culottes raccourcissent et laissent apparaître un bout de cuisse. Aux Folies Bergère, la première femme dénudée intégralement fit son apparition en 1912. Au Mayol, autre temple du Music Hall à Paris, la première femme nue apparaît en 1910.
Girls et plumes
Girls et plumes © Pavillons de Bercy
### **…Quant à la plume** En France, on la retrouve sur les coiffures militaires et les couvre-chefs masculins. À partir du XVIIIème siècle, elle devient un élément de garniture très prisé dans la mode féminine, marque de raffinement et d’élégance, et orne notamment les chapeaux de la reine Marie- Antoinette créés par sa marchande de mode Rose Bertin ou ses coiffures réalisées par son coiffeur personnel, Léonard. Elle ne cessera d’être employée dans la parure provoquant un véritable engouement à la Belle Époque, agrémentant les tenues et coiffes des Années Folles, puis, dans une moindre mesure, garnissant chapeaux, bijoux, accessoires de mode et vêtements au cours des décennies suivantes. Également indissociables de l’univers du music-hall, les costumes et accessoires en plumes ont, dès le début du XXème siècle, paré les danseuses et meneuses de revues dont les grandes figures telles que Mistinguett, Joséphine Baker ou Zizi Jeanmaire. Confectionnés à partir de plumes variées et colorées, les boas, couronnes et coiffes spectaculaires, gigantesques traînes, éventails démesurés, ont ainsi toujours participés aux fastes des revues.En 1890, à Paris, à l’époque des chapeaux volières, les plumassiers étaient si nombreux qu’ils ne s’occupaient que d’une sorte de plume à la fois ! L’un de la plume d’autruche blanche, l’autre de la noire, d’autres de la couleur… **En 1919 il y avait 425 plumassiers à Paris, ils ne sont aujourd’hui plus que 3.**
Manege de velos
Manege de velos © Pavillons de Bercy
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