Pour marquer le vingtième anniversaire du lancement de ses collections, le musée du Quai Branly organise une exposition autour de 500 œuvres iconiques.

L'ancien Président de la République Jacques Chirac, le jour de l'ouverture du musée du quai Branly en 2006.
L'ancien Président de la République Jacques Chirac, le jour de l'ouverture du musée du quai Branly en 2006. © AFP / POOL / AFP

En deux décennies, en plus du fonds de départ qui se composait de plus de 300 000 pièces, la collection s'est enrichie de 77 000 nouvelles œuvres. Selon quels critères ont-elles été choisies ? Ont-elles été achetées ou données ? Qui décide ? Comment se constitue une collection ? C'est ce que raconte cette exposition qui se déroule du 24 septembre au 26 janvier 2020 au musée du Quai Branly à Paris.

Qu'ils proviennent des Dogons du Mali, des Hmongs du Laos ou des Kayapo d’Amazonie, les objets conservés au musée du Quai Branly sont le fruit d'une histoire commencée au XVIe siècle avec les cabinets de curiosité. Par la suite, ce sont les ethnographes voyageurs qui collectent et rapportent, puis les intellectuels à l’image d’André Breton, Apollinaire ou Malraux…

Subjugués par ces arts premiers, ils achètent puis donnent. Ces axes fondateurs, le musée les a poursuivis ces 20 dernières années. Les conservateurs ont ainsi acheté un pagne du Congo ayant appartenu à Henri Matisse. "On ne court pas forcément après le chef d'œuvre", dit le commissaire de l'exposition Yves Le Fur, en citant ces séries de calebasses du Cameroun ou ces centaines de textiles du Mexique.

"Quelquefois ce sont des traques, des chasses qui vont prendre beaucoup plus de temps, auprès de collectionneurs, parce qu’il faut aussi les convaincre. On a un exemple d’un ensemble d’objets Taïno (population amérindienne de l’époque précolombienne) qui sont des spatules vomitives. On en avait un et il manquait le reste." Ces séries sont alors très utiles pour expliquer des usages ou préciser les styles.

Chez les collectionneurs, en galerie ou en salle des ventes, les achats se font à hauteur d'1,2 million d'euros.  Quant aux archives montrées dans l'exposition, elles ont aussi le statut d'objet de collection comme l’explique le directeur de la recherche Philippe Charlier : "Qu’il s’agisse des carnets de collectionneurs, d’anthropologues de terrain, elles sont littéralement utiles à la recherche. Elles nous permettent de reconstituer pas à pas, parfois jour après jour, à la fois l’origine de cet objet, son contexte d’origine, jusqu’à parfois son utilisation propre. Cela permet parfois de corriger des erreurs d’interprétations."  

Mise en valeur par la scénographie, ces 500 objets sont d'une beauté envoutante.

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