Du 19 au 26 août 1944, Paris se libérait. 70 ans plus tard, une exposition rend hommage à cette semaine décisive pour la ville, avec, entre autres, des documents exceptionnels issus d’un appel aux particuliers.

Affiche de l'exposition
Affiche de l'exposition © Libération de Paris - août 1944 Le combat pour la liberté
Août 1944. Paris est occupé depuis le 14 juin 1940. La ville sait depuis **le débarquement du 6 juin 1944** en Normandie que sa libération approche. Le 18 août, en pleine grève générale, le **Colonel Henri Rol-Tanguy,** commandant des Forces françaises de l’intérieur d’Ile-de-France, appuyé par la Résistance, lance l’appel à la **mobilisation générale** . Après quatre années d’occupation, les Parisiens sont à bout. Le 23 août,**le général Leclerc, chef de la 2e DB** , leur fait parvenir le message « Tenez bon, nous arrivons ! » Le 25 août, il entre avec ses troupes dans la capitale. Le même jour, la signature de la reddition des troupes nazies est conclue à la gare Montparnasse. **Von Choltitz** , Gouverneur de Paris, abdique. Dans l’exposition, une impressionnante **fresque audiovisuelle de 22 mètres présente en images les temps forts de cette semaine décisive pour la capitale française** . Ailleurs, sur des photos, on reconnaît des rues, des quartiers, devenus le théâtre d’affrontements comme Le PC du colonel Rol Tanguy à Denfert-Rochereau, le QG du général Leclerc à Montparnasse, le Grand Palais incendié, les Champs Elysées investis par le Général De Gaulle et ses hommes… ### **Les grèves comme point de départ**
Tract d'appel à la grève chez les cheminots
Tract d'appel à la grève chez les cheminots © Libération de Paris - août 1944 Le combat pour la liberté
Aspect peu connu de cette semaine décisive, mises en valeur dans l’exposition : **les grèves** . Elles ont un rôle important dans la libération de la ville. Véritables outils tactiques contre l’occupant et le gouvernement de Vichy, elles désorganisent et sont mobilisatrices. **Le travail cesse le 10 août chez les cheminots** , rejoints le 15 par les policiers, les fonctionnaires le 17, puis par le personnel hospitalier. Le 18 août, la grève est générale. C’est la première étape de l’insurrection. Le Colonel Henri Rol-Tanguy, peut alors lancer son appel. Et la guérilla s’intensifier : Paris et sa banlieue se couvrent de barricades empêchant la circulation de l’ennemi et obligeant les Allemands à se replier. Les explications de Christine Levisse-Touzé, conservateur général, historienne, directrice du [Musée du général Leclerc et de la Libération de Paris, et du Musée Jean Moulin ](http://www.paris.fr/pratique/musees-expos/musee-du-general-leclerc-de-hauteclocque-et-de-la-liberation-de-paris-musee-jean-moulin/p6923): > Une véritable montée en puissance
### **Des Parisiens solidaires**
Parisiens ramassant des tracts Bd de Sébastopol - 20 août 1944
Parisiens ramassant des tracts Bd de Sébastopol - 20 août 1944 © Libération de Paris - août 1944 Le combat pour la liberté
La population parisienne est solidaire, malgré les privations. Même si tous les Parisiens ne se sentent pas concernés, beaucoup se mobilisent**. En août 1944, la ville est désertée** : beaucoup de pères ont mis leur famille à l’abri. > Paris au bord de la disette, mais Paris se bat bien
**►►► ALLER + LOIN | [L’exposition Libération de Paris – août 1944 – Le combat pour la liberté, comme si vous y étiez](http://www.franceinter.fr/galerie-html-liberation-de-paris-aout-1944)** ### **Un événement qui donne naissance à l’AFP**
Ordre du jour numéro 1 de l'AFP
Ordre du jour numéro 1 de l'AFP © Libération de Paris - août 1944 Le combat pour la liberté
Des journalistes résistants occupent, place de la Bourse, le bâtiment l’office français d’information du gouvernement de Vichy (Havas, avant-guerre). Qui devient **L’agence France-Presse** . Son rôle est déterminant. Elle devient la voix de la liberté et incarne un symbole de résistance et d’espoir. Les reporters de la nouvelle AFP couvrent les événements qui vont marquer la libération : les barricades érigées par les résistants, les dernières poches de résistance des troupes allemandes, tireurs isolés sur les toits, **la reddition de Dietrich Von Choltitz et son arrestation à l’Hôtel Meurice** , et l’entrée des forces alliées. > La presse résistante qui paraît au grand jour utilise les infrastructures de la presse collaborationniste Christine Levisse-Touzé raconte les débuts de l'AFP :
### Une très calme prise de l’hôtel de Ville :
Petit char Renault pris par les FFI de l'hotel de ville
Petit char Renault pris par les FFI de l'hotel de ville © Libération de Paris - août 1944 Le combat pour la liberté / Collection Gandner - Musée Leclerc et de la libération de Paris
Le dimanche 20 août à l’aube,**Pierre Helekan, Léo Hamon, et Roger Stéphane** , du Comité Parisien de Libération,investissent l’Hôtel de Ville, avec l’aide de 200 résistants. Au nom du gouvernement provisoire, ils accueillent, dans l’après-midi, le préfet de la Seine. Malgré le peu de moyens, la défense du bâtiment est assurée. Le Comité Parisien de la Libération, s’y installe le 22 août. Le 24, l’arrivée du capitaine Dronne, envoyé du général Leclerc avec ses hommes, est l**e point de départ de la libération de Paris.** **►►► ALLER + LOIN | [Voir, sur le site de l'Ina le film de la libération de Paris](http://www.ina.fr/video/AFE99000038)** Et dès le lendemain,**le général De Gaulle** y prononce son discours mémorable : « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré, par lui-même, par son peuple, avec le concours désormais de la France » dans lequel il rappelle qu’à travers cette ville libérée, c’est la France qu’on s’apprête à libérer : **Libération de Paris en chiffres :** Les forces en présences : **30000 hommes pour Paris et le département de la seine** **La division Leclerc :** 15000 hommes commandés par le Général Leclerc dont 3600 Algériens, Marocains, Syro-libanais, et 500 autres étrangers (22 nationalités) La dominante est espagnole ou venue d’Afrique du Nord. Elle est équipée de 5000 véhicules dont 400 chars. **La division américaine :** 15000 hommes commandés par le général Barton. **Les forces allemandes :** Sous le commandement du général Von Choltitz environ 20000 hommes 20 chars dt 1/3 de Panther **Les pertes :** **900 à 1000 morts et fusillés dont 177 policiers et 1500 blessés** Pour la division Leclerc : 156 tués et 225 blessés Chez les Allemands : 3200 tués et 12500 prisonniers Parmi **les civils : 582 tués et plus de 2000 blessés** ### Aller plus loin - Plus d’informations sur l’exposition [Libération de Paris – août 1944 / Le combat pour la liberté a lieu à l’hôtel de ville](http://quefaire.paris.fr/fiche/85700_liberation_de_paris_aout_1944_le_combat_pour_la_liberte_ ), et la [page facebook des expositions de l’hôtel de ville](https://www.facebook.com/expositionshoteldeville). - [Vidéo de l’Ina sur la Libération de Paris filmée par une équipe de cinéastes de la Résistance,](http://www.ina.fr/video/AFE99000038) seront les premières images de la France libre, diffusées par France Libre Actualités et le Comité de Libération du Cinéma Français (CLCF), que verront les Français de métropole dès les premiers jours de Septembre. - [Le site du Musée du Général Leclerc de Hauteclocque, musée de la libération de Paris et Jean-Moulin](http://www.paris.fr/pratique/musees-expos/musee-du-general-leclerc-de-hauteclocque-et-de-la-liberation-de-paris-musee-jean-moulin/p6923). - [Sur le site du musée Carnavalet, l’exposition complémentaire « Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé » jusqu’au 15 Février.](http://www.carnavalet.paris.fr/fr/expositions/paris-libere-paris-photographie-paris-expose) ### Et aussi, sur France Inter - L’émission _**La marche de l’histoire**_ a consacré de nombreuses éditions à la Résistance. [(Ré)écoutez celle consacrée à la presse résistante ](http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-la-presse-de-la-resistance-en-france) - [La résistance à Lyon, l’autre grande ville française ](http://www.franceinter.fr/emission-la-marche-de-l-histoire-le-lyon-de-la-resistance-1942-1943) - [Daniel Cordier, secrétaire particulier de Jean Moulin, est venu parler de la résistance lors de trois éditions du **_Grand entretien_** : ](http://www.franceinter.fr/emission-le-grand-entretien-semaine-speciale-avec-daniel-cordier-3) - L’année passée, un téléfilm présentait une adaptation d’un ouvrage de Daniel Cordier _Allias Caracalla_ .[ Retrouvez notre dépêche : ](http://www.franceinter.fr/depeche-allias-caracalla-au-coeur-de-la-resistance) - Et un retour sur [une exposition, maintenant terminée, consacrée à la grande figure de la résistance : Jean Moulin.](http://www.franceinter.fr/evenement-redecouvrir-jean-moulin) ### La chronologie de la libération - **6 juin 1944** : débarquement des alliés en Normandie - **15 août** : une armée franco-américaine débarque en Provence. Et grève de la Police - **18 août** : les journaux collaborationnistes ne paraissent plus. Appel à la mobilisation générale et à la grève générale. - **19 août** : premiers combats dans Paris et prise de l’hôtel de ville. Négociation d’une trêve près de la préfecture de Police. - **20 août** : combats de rue, malgré la trêve. Le général Leclerc, commandant de la 2ème DB envoie un détachement en direction de Paris - **21 août** : l’après-midi vente de journaux de la résistance, et Paris se couvre de barricades - **23 août** : le général Von Choltitz reçoit l’ordre d’opérer le maximum de destruction dans Paris. - **24 août** : La 2ème DB avance vers Paris en combattant. Incendie du Grand Palais. . Les batteries allemandes de Longchamp tirent sur le sud-ouest de Paris. - **25 août** : reddition du Général Von Choltizt. Le général De Gaulle est reçu à l’hôtel de Ville
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