32è édition du festival de spectacles vivants : théâtre, danse, cirque et musique... En tout plus de 30 spectacles dont 6 à l'international !

Le Printemps des comédiens Montpellier
Le Printemps des comédiens Montpellier © Edition 2018

Cette année, c’est un printemps qui ressemblera à un été : riche, coloré, profond et chaud. Avec le retour de quelques stars, Warlikowski, Stuart Seide, avec de nouveaux venus, avec toujours la présence intime de la musique, du cirque, de la joie du corps et de la voix... Ce n’est plus le monde qui vient au spectacle, c’est le théâtre qui découvre le monde. Et qui nous le montre, chaque année, en nous apprenant à le regarder. Leçon de regard et leçon de vie : l’une ne va pas sans l’autre. 

Jean-Claude Carrière, Président du Printemps des Comédiens 

►►► Quelques spectacles 

  • Adieu Ferdinand ! Clémence / Philippe Caubère 
Adieu Ferdinand
Adieu Ferdinand / Michèle Laurent

Plus de trente ans que cela dure. Trente ans d’une expérience de théâtre comme il n’en existe aucune autre. Trente ans d’un monologue avec lui-même et, en même temps, d’un prodigieux creuset créatif d’où sont sortis des dizaines de personnages. Quelque chose «entre Tintin et La Recherche du Temps Perdu», a-t-il dit un jour… 

Et entre ces deux pôles, entre Proust et Hergé, on aura tout dit de Philippe Caubère : cabotin génial, boulimique de mots, dévoreur de personnages, démiurge d’une époque engloutie, Fregoli de la nostalgie… 

Les vieux spectateurs du Printemps gardent au creux de leur mémoire ces soirées de 1989 quand, dans le Bassin, un Caubère trentenaire recréait à lui tout seul un spectacle d’Ariane Mnouchkine dont il venait de quitter le giron. C’était hilarant et extravagant. Profondément juste et  totalement allumé. Et le revoilà pour quatre soirées avec le dernier (?) avatar de son double Ferdinand, de sa mère, de sa femme de ménage, de Sartre, du Général, de tout cet inouï kaléidoscope de personnages que depuis trente ans il fait tourner. 

Ah, puisse-t-il tourner longtemps encore ! 

  • Festen / Thomas Vinterberg / Mogens Rukov / Cyril Teste 
Festen 03-11-17-
Festen 03-11-17- / Simon Gosselin

Que le cinéma s’empare d’une pièce de théâtre : banal... Mais que le théâtre s’empare d’un film ? Surtout un film comme Festen qui joue -avec quel brio !- des gros plans que la caméra multiplie… 

Mais pour Cyril Teste, la chose allait de soi : depuis Nobody, les spectateurs du Printemps -et tant d’autres en France où le spectacle a tourné- savent à quel degré de perfection il a porté l’hybridation du théâtre et du cinéma. Nobody projetait sur grand écran les visages des comédiens en temps réel…  Festen reprend le procédé mais va plus loin encore. 

Cyril Teste a imaginé un dispositif où, derrière les cloisons de théâtre, derrière cette salle à manger bourgeoise, qui sera le champ clos de tous les drames, les cuisines, l’antichambre, les salons vivent de leur vie propre. Il n’est pas jusqu’aux odeurs -café, sous-bois- qui ne s’invitent entre salle et scène. Les acteurs se meuvent dans cet univers olfactif, sonore, visuel, avant même que d’être captés par l’œil du spectateur. Comme un film qui s’ouvrirait sur une scène de théâtre. Ou comme une pièce de théâtre qui donnerait naissance à un film, on ne sait plus. 

Et c’est bien là, l’étourdissante réussite de ce Festen. 

  • Humans / Circa 
Humans Circa
Humans Circa / Pedro Greig

On les avait laissés il y a cinq ans avec Opus et le Quatuor Debussy installé sur la scène. Les musiciens jouaient du Chostakovitch -les yeux bandés pendant une bonne partie du spectacle- et eux, les Circa, donnaient chair, chaleur, mouvement à cette musique tendue comme un arc. 

Les revoici sans quatuor mais avec la même exigence : jusqu’où  pousser les limites  de ce  que l’on peut demander au corps d’un(e) acrobate ? Depuis quinze ans, les Australiens de Circa font partie des très grands de ce qu’on ne peut même plus appeler le nouveau cirque.  

On est ailleurs : dans un univers où la danse et la performance circassienne se conjuguent de plus en plus intimement. C’est cela qui frappe à tout spectacle de Circa : l’extrême grâce alliée à l’extrême prouesse physique. Et comment tout cela semble aller de soi, comment les portés, les jetés les plus invraisemblables semblent se faire sans effort… 

Dans ce spectacle de 70 minutes, les dix acrobates-danseurs vont plus loin encore : on ne peut plus parler de «numéros», tout s’enchaine dans un vertigineux et fluide agencement de corps que semble soulever une perpétuelle lévitation. 

  • Les trois mousquetaires - La série / Alexandre Dumas / Collectif 49701 
Les trois mousquetaires
Les trois mousquetaires / Aurelien Gabriel-Cohen

Oui, oui, ce sont eux : Athos, Porthos, Aramis, d’Artagnan. Ceux du « Tous pour un, un pour tous », des ferrets de la Reine et des sbires du Cardinal… Les trois mousquetaires qui étaient quatre et n’en finissent pas de cavaler dans notre imaginaire. Et voilà que, profitant du parc du Domaine d’O, du château en toile de fond, du Bassin, des allées cavalières, ils vont cavaler pour de bon pendant une bonne partie de ce Printemps. Et naturellement ils ne tiennent pas en place : on ne les verra pas ferraillant sagement -si l’on peut dire- sur une scène. 

Ces trois mousquetaires vont surgir là où on ne les attend pas : devant le public, derrière, dessus, dessous… Tout le monde bouge et les spectateurs aussi, qui changeront de lieu au gré des duels et des intrigues de Milady. 

Le jeune collectif 49701 a conçu ce spectacle comme une série TV : le roman de Dumas a été découpé en épisodes -trois par spectacle-, la mise en espace adaptée au parc et pour le reste, tout est affaire d’enthousiasme, d’énergie. D’humour aussi, beaucoup d’humour. Avec eux on est prêts à aller chercher les ferrets jusque dans les coffres de Buckingham. 

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