L'édition 2020 du prix Médicis a décidé de récompenser la romancière Chloé Delaume, dans la catégorie roman français, pour "Le cœur synthétique". Antonio Munoz Molina et Karl Ove Knausgaard sont aussi récompensés cette année (roman étranger et essai).

La romancière Choë Delaume, ici en 2016.
La romancière Choë Delaume, ici en 2016. © AFP / Ulf Andersen / Aurimages

La romancière Chloé Delaume remporte le prix Médicis 2020 pour son roman Le cœur synthétique, publié aux éditions du Seuil. Le 28e roman de cette autrice de 47 ans, qui a beaucoup pratiqué la littérature expérimentale, raconte avec une lucidité décapante la solitude d’une quadragénaire parisienne confrontée au célibat à la suite d’un divorce.

Écriture acidulée

Dans le petit deux-pièces où Adélaïde vient d’emménager, une paire de stilettos trône sur une étagère entre deux Pleiade. L’héroïne du Cœur synthétique a deux passions : les chaussures et les livres. Cela tombe bien, elle est attachée de presse dans une maison d’édition. Persuadée que son célibat ne sera qu’une courte parenthèse, elle se lance dans la quête d’un nouveau compagnon. Mais qui s’intéresse à une femme seule de plus quarante ans ?

D’une écriture acidulée, Chloé Delaume fait le récit des mésaventures tragi-comiques d’Adelaïde, qui heureusement, peut compter sur sa petite bande d’amies. 

Prolongement de "Mes bien chères sœurs"

En 2019, Chloé Delaume avait publié un essai très remarqué, Mes bien chères sœurs (Seuil), éloge de la sororité. Le cœur synthétique peut se lire comme la déclinaison romanesque de cet essai féministe et percutant.

Artiste aux multiples talents, Chloé Delaume a sorti en octobre un album de chansons, pour "accompagner" son livre. Les fabuleuses mésaventures d’une héroïne contemporaine est disponible chez Dokidoki Éditions/Atypik Music.

Antonio Munoz Molina et Karl Ove Knausgaard aussi récompensés

Le prix Médicis du roman étranger est attribué à Antonio Munoz Molina pour Un promeneur solitaire dans la foule. Munoz Molina, un des grands auteurs contemporains de langue espagnole, a déjà été distingué dans son pays par le Prix Princesse des Asturies pour l’ensemble de son œuvre. Il a reçu de nombreux autres prix.

Ce livre est le récit d’une longue déambulation dans les villes qui ont compté pour lui. Muni d’un carnet, d’une paire de ciseaux et de son smartphone, Antonio Munoz Molina flâne dans Paris, New-York, Madrid et Lisbonne. Le livre est comme un immense collage de ce que le promeneur voit et entend. Les bruits de la ville se mêlent aux ombres des écrivains aimé, Poe, Baudelaire et d’autres. Une promenade-méditation au milieu des bruits de la ville.

Le prix Médicis essai est attribué à l’écrivain norvégien Karl Ove Knausgaard pour Fin de combat, traduit du norvégien par Christine Berlioz et Laila Flink Thulessen, publié aux éditions Denoël. C'est le sixième et dernier volume d’une incroyable entreprise autobiographique qui a fait connaître Karl Ove Knausgaard dans le monde entier.

Le palmarès du prix Médicis 2020

Catégorie roman français : Chloé Delaume, Le cœur synthétique (Le Seuil)

Catégorie roman étranger : Antonio Munoz Molina, Un promeneur solitaire dans la foule, traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon (Le Seuil)

Catégorie essai : Karl Ove Knausgaard, Fin de combat, traduit du norvégien par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen (Denoël)

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.