Rétrospective des meilleurs moments de la semaine dans Boomerang. Augustin Trapenard recevait la journaliste et romancière Judith Perrignon, la comédienne Carole Bouquet, l'actrice connue pour ses voix de personnages animés Brigitte Lecordier, le rappeur et écrivain Gaël Faye, le médecin et cinéaste Thomas Lilti.

"Le soin est un échange" - Thomas Lilti dans Boomerang
"Le soin est un échange" - Thomas Lilti dans Boomerang © Getty / Yuri_Arcurs

Ne manquez rien des moments les plus insolites de cette semaine dans Boomerang, grâce au mix réalisé par Anouk Roche

11 min

Le Best-of de Boomerang du vendredi 22 janvier 2021

Par Anouk Roche

Judith Perrignon

L'écrivaine vient de faire paraître "Là où nous dansions" (Eyrolles) où elle accompagne son lecteur dans la ville de Detroit, à travers les souvenirs de ce personnage où elle croise les regards, l’histoire d’une ville tourmentée par le racisme et la violence économique. Elle s'est exprimée sur le pouvoir et l'intimité des mots. Judith Perrignon s'est mise à l'heure américaine dans Boomerang :

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JP : "La lecture, c'est une porte que j'ouvre vers quelque part. D'ailleurs, souvent, je ne lis pas les livres quand ils sortent, je n'aime pas trop lire les livres dont on parle beaucoup. J'ai besoin de pousser cette porte toute seule et de rencontrer des personnages, une époque, un pays. Et si c'est bien fait, je peux aller n'importe où. 

Le livre porte en lui quelque chose, qu'une autre forme de récit par l'image ne porte pas. 

Il y a quelque chose, dans l'intimité des mots, qui fait qu'on se crée ses propres images.

Il n'y a qu'eux qui puissent s'infiltrer en vous. Il déclenchent quelque chose que même ceux qui sont écrits ne prévoient pas. C'est la forme de communication la plus intime.

Il faut que les voix sortent. Même les voix éteintes. Il ne faut pas les oublier. C'est vrai de Détroit, c'est vrai,de l'Amérique, c'est vrai de la France, c'est vrai de partout, et c'est le rôle, justement, des livres. C'est le rôle des gens de l'art d'aller écouter les fantômes, de les faire encore parler". 

Thomas Lilti

Après ses trois grands succès cinématographiques "Hippocrate", "Médecin de campagne" et "Première année" où il passe l'expérience du médecin sous l'oeil de la caméra, il fait paraitre son premier livre "Le serment" (Grasset) dans lequel il confie sa conception de la santé. Thomas Lilti était l'invité d'Augustin Trapenard. Il revenait notamment sur l'importance du soin de l'autre et abordait la situation délicate du système hospitalier français, en souffrance : 

Le soin est un échange.

TL : "Le bon médecin, c'est celui qui n'est pas blindé. Quand on dit "être médecin", c'est se blinder contre la douleur des autres. Je crois qu'être un bon médecin, c'est tout le contraire. C'est justement de ne pas être blindé, de ne pas être hermétique à la souffrance, à la douleur, à la maladie. Et c'est pour ça que ce métier est si difficile. 

L'Hôpital s'est abîmé : il y a un déficit de personnel, il est en souffrance, en difficulté. C'est une banalité de le dire, on ne cesse de le répéter. Et cette souffrance, elle est à tous les niveaux. Elle est à la fois chez les infirmiers, chez les médecins, chez le personnel administratif, chez les aides-soignants. L'Hôpital et le personnel souffrent beaucoup et ce depuis bien avant la crise sanitaire. Même quand il s'agit du soin, de l'aide à la personne, il faut qu'on soit efficace tout en étant rentable. Évidemment, c'est incompatible avec l'idée même que le soin est un échange qui demande du temps".

Carole Bouquet 

Si elle se révèle, en 1977 dans Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel, le grand public la découvre en 1981 en James Bond Girl face à Roger Moore dans Rien que pour vos yeux. En 1990, elle remporte le César de la meilleure actrice pour Trop belle pour toi de Bernard Blier. Célèbre également pour avoir été l'égérie du parfum Chanel n°5. Elle est a la tête d'affiche de la série En thérapie sur Arte, produite par le duo Nakache/Toledano. La comédienne française était au micro de Boomerang, elle partageait son sentiment quant au manque d'incarnation, de peur de l'autre qui règne en ce moment, d'après elle, en ces temps troublés : 

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CB : "Le cinéma m'a presque sauvé la vie quand j'avais 13-14 ans. Voilà pourquoi je fais du cinéma. J'allais au cinéma parce que c'était une fenêtre sur le monde. J'avais l'impression que je regardais à travers une serrure, la vie des gens. C'était le petit cinéma des Champs Elysées qui passait en boucle. Je regardais le même film. Je m'en foutais. Ça pouvait même être un mauvais film, j'y étais depuis 10h du matin. Parce que c'était le cinéma permanent, n'importe quel film que vous aviez envie de voir, vous y rentriez quand vous voulez, même au milieu du film. Puis, après, je m'en fichais, je regardais de nouveau le début du film, j'allais de nouveau jusqu'à la fin. Je pouvais rentrer juste par un simple désir car ce n'était pas le cinéma que j'allais voir, c'était la vie. 

Au cinéma, j'avais toujours l'impression qu'on allait me raconter comment vivaient les autres.

Quand je prends la voiture la nuit et que les lumières sont allumées, je regarde chez les gens et j'invente ce qui est en train de se passer chez eux car, bien sûr, c'est plus formidable que ce qui se passe chez moi, c'est ça le cinéma ! Ça vous donne la permission de regarder par le trou de la serrure et de voir ce qui s'y passe. Alors quelquefois, ce n'est pas grand chose, mais, quelquefois, il peut se passer des choses intéressantes.

C'est très difficile de faire du cinéma. On croit qu'il suffit d'écrire une histoire et de prendre un téléphone, de filmer et d'appuyer sur le bouton marche, mais c'est très difficile. 

Si je vous parlais des films dont je me souviens, qui sont des films importants, il y en a très peu. C'est un art. Le cinéma, je l'aime comme un art. Tout à coup, je pense à des images de Fellini, à des images de Visconti. C'est un métier d'images où il faut apprendre à cadrer. Il faut, selon ce qu'on a envie de raconter, qu'on le cadre d'une certaine manière plutôt que d'une autre. C'est aussi important que quand on écrit de savoir utiliser des mots". 

Les mots au cinéma, c'est l'image.

Brigitte Lecordier 

Sangoku, Oui Oui, Arthur et Alexandre dans les aventures de Babar… Tous font partie de son unique voix, tous font partie d'elle. Elle leur donne vie grâce à sa voix si singulière, celle qui n'a cessé d'immortaliser notre enfance et qui continue à fédérer l'ensemble des générations. La célèbre comédienne de doublage est venue donner de la voix au micro d'Augustin Trapenard : 

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BL : "Quand je joue, même au théâtre, ce que j'aime, c'est d'être une sorte de pâte à modeler, qu'on extirpe de moi des choses que je ne connais même pas et qui n'existent qu'en moi. J'aime qu'on cherche des trucs et des machins. Oui, j'aime bien les trucs et les machins ! 

Dans la voix, justement, tu peux aller chercher tout ça en toi, contrairement au théâtre. À la voix, tu essaies, et puis si ça ne marche pas, ce n'est pas grave, on réenregistre !"

Je pense que la voix, ça se maîtrise avec le temps. Quand j'ai débuté, j'ai été étonnée de ma propre voix, surtout que j'ai toujours été quelqu'un de timide. J'ai compris que c'était un atout

Gaël Faye

Le rappeur et écrivain est nommé aux prochaines Victoires de la musique qui se tiendront à la Seine Musicale, dans la catégorie meilleur album pour Lundi Méchant, et comme meilleur artiste masculin. Gaël Faye était dans Boomerang

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GF : "La vie, ce n'est pas Disneyland, je m'en suis rendu compte depuis longtemps. Mais, j'ai quand même envie d'y croire à ce Disneyland, à la beauté de la vie en somme. 

Écrire, c'est ma seule façon de toujours réenchanter ma vie.

Comme essayer de mettre un ordre dans un chaos, de décider, d'avoir prise sur les événements. 

Les mots se sont des mantras d'être humains, ce sont nos prières, mais ça dépend de la façon dont on s'en sert. Ça peut être des prières qui nous mènent vers l'ombre, puis vers la lueur". 

J'ai toujours utilisé l'écriture pour m'élever. C'est un sport quotidien. Il ne suffit pas d'avoir écrit un texte pour qu'enfin les choses changent. Il faut, à nouveau, réenclencher, chaque jour, ce mécanisme

  • La Carte blanche de Gaël Faye 

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