Véronique Vellard dans l'Humanité tout ça tout ça
Véronique Vellard dans l'Humanité tout ça tout ça ©

Mustapha Kharmoudi, sociologue et écrivain, a écrit L’humanité tout ça tout ça au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy le 30 juillet 2010 à Grenoble. Dans ce discours qui restera dans l’histoire, après le braquage du casino d’Uriage-les-bains, l’ancien Président de la République s’engage « à faire démanteler la moitié des campements illégaux de Roms dans les trois mois et à réformer la politique de lutte contre l’immigration illégale pour éviter que les Roms reviennent chaque année sur le territoire français pour toucher les aides au retour de l’État ». Dans la chaleur de l’été 2010, ce discours refroidit Mustapha Kharmoudi.

Mustapha Kharmoudi
Mustapha Kharmoudi ©

Il a donc écrit ce texte qui raconte l’histoire d’une petite fille d’Europe de l’Est arrivée avec sa mère en France, fuyant la guerre. On la suit dans son périple jusqu’à la frontière, puis dans l’apprentissage de sa vie « dans le Pays de la France », contrainte par sa mère à faire la manche. Le texte est poignant. Il en dit long sur l’exploitation de ces enfants à nos portes. Le père de la petite fille lui a cassé le bras pour accentuer la pitié des passants. Avec une langue parlée très poétique construite de manière indirecte, pour accentuer le côté « mauvais français » du phrasé de la petite fille, Mustapha Kharmoudi joue sur les mots avec une belle sensibilité.

C’est en passant tous les jours à Besançon sur le Pont Battant que l’idée lui est venue d'écrire ce texte.

La mise en scène de Véronique Vellard est d’une belle sobriété. La comédienne Caroline Stella évolue dans une forêt de ballons de baudruches accrochés à des chaussures de femmes. Elle est à l’aise dans cette langue particulière et nous touche tout au long du spectacle.

Le spectacle créé à Avignon dans le cadre du Off est présenté jusqu'au 2 mars au Tarmac.

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