YesWeCult
YesWeCult © Radio France

Feuilletez l'étonnant roman graphique Stupor Mundi, réjouissez-vous avec Carmen la Cubana, et restez pop en allant à l'Opéra avec Rufus Wainwright. Ce sont les choix de la team culture de France Inter pour ce week-end.

Imaginons une image

On vous recommande vivement de vous plonger dans l'étonnant roman graphique Stupor Mundi , qui parait en ce moment aux éditions Gallimard. L'auteur s'appelle Néjib , et il nous emmène aux sources de la photographie, au XIIIe siècle en Italie. Il met en scène, un savant arabe, un empereur, Frédéric II , surnommé Stupor Mundi, et le principe de la camera obscura.

Néjib imagine que Frédéric 2 donne pour mission à ce savant de réaliser un faux saint-suaire, à partir de ce principe. Pour Néjib, même si la trace du corps du Jésus sur le tissu n'est pas une photo, c'est symboliquement la première image photo, le témoin lumineux d'un corps, et cela dit aux gens que la personne vue sur ce tissu a existé.Dans Stupor Mundi, il ne fait pas dans la reconstitution d'époque, mais il invente une atmosphére très particulière, mystérieuse parfois,dans un château du XIIIe au coeur des Pouilles. Il mélange un peu les époques, pimente le tout avec un peu d'hypnose et quelques intrigues. Au centre des dessins très épurés se posent des questions sur le pouvoir des images ; seront-elles des icônes ou des trompes l'oeil ?

►►► ET AUSSI : Lire l'interview de Néjib

►►► Retrouvez la sélection BD de l'été 2016 de France Inter avec Séquencity

FeuilleterStupor Mundi ici

Carmen la cubana, so caliente, coup de soleil sur Bizet

Voila le spectacle qui met le feu au théâtre du Châtelet en ce moment, et qui remplit de joie les spectateurs. Carmen la cubanaest une séductrice, une enjôleuse, femme sulfureuse et croqueuse d'hommes. En transposant l'Opéra à la Havane, Christopher Renshaw donne un sacré coup de chaud à Bizet . Et ça fonctionne. Les rythmes cubains qui enrobent les thèmes si connus font monter des frissons dans le bas des reins, même si les paroles ont été changées. Caliente, so caliente Carmen ! Les voix des artistes sont chaudes, modulées. Tout se mêle à merveille : superbe voix du ténor Joel Prieto et voix aux belles couleurs de la cubaineLuna Manzanares , accompagnés d'une troupe de danse à la puissance, la fougue et la sensualité latino. Personne n'a touché à l'intrigue, seul le torero est devenu un boxeur sexy au possible. Les grands puristes seront choqués peut-être mais chaque soir la salle en redemande, le public sort conquis et plein d'enthousiasme.

Rufus Wainwright ouvre les amateurs de pop à l'opéra

Les 154 sonnets de William Shakespeare écrits il y a 400 ans sont intemporels. Ils parlent d'amour, de beauté, de la brièveté de la vie. Rufus en a sélectionné 9 qu'il a mis en musique dans son dernier album Take all my loves uniquement consacré à l’écrivain du XVIe siècle. Il débarrasse cette œuvre de son poids historique et emmène Shakespeare se promener dans le XXIe siècle.

Certaines chansons ont été écrites pour un spectacle de Bob Wilson créé par le Berliner Ensemble. Avec le canadien on est très loin de l'univers froid et rigide de la représentation élisabéthaine. C'est un mélange de chansons pop et lyrique. Il s'est entouré d'artistes venant de différents horizons : de l'opéra avec la soprano autrichienne Anna Prohaska ou de l'électro-pop avecFlorance Welch du groupe Florence and the Machine . Et au milieu des chansons, il a demandé à de grands comédiens anglo saxons de réciter des extraits pour se rendre compte de la sonorité de l'écriture de Shakespeare. Un album pour les amateurs de cette langue mais aussi une belle entrée en matière pour ouvrir les oreilles des amateurs de pop.

Le violon de Menuhin toujours aussi vibrant

On fête le centenaire de la naissance du plus grand violoniste du XXème siècle. Yehudi Menuhin aurait eu 100 ans en ce 22 avril.

Le virtuose est mort en 1999 à Berlin et laisse une discographie florissante qui ressort à l'occasion de ce centenaire chez Warner. 80 CD, 11 DVD et de nombreux enregistrements inédits de cette grande figure de la musique, un musicien précoce qui est devenue une star dès le plus jeune âge ! Il n'a que 11 ans lorsqu'il joue au Carnegie Hall avec le New York Symphony Orchestra. Ce projet discographique d'ampleur a été conçu par Bruno Monsaingeon.La musique n'avait pas de frontières pour Yehudi Menuhin. Il se sentait autant à l'aise avec monstres de la musique classique comme le chef d’orchestre Herbert von Karajan qu'avec Ravi Shankar ou le jazzman Stéphane Grapelli dont il jalousait les improvisations.Yehudi Menuhin aimait aussi transmettre sa passion de la musique aux enfants. Dans la richesse de ces 80 CD figurent des enregistrements destinés au jeune public.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.