Au Cube, à Issy-les-Moulineaux, l'exposition du Napotakeu plonge le visiteur dans l'univers loufoque d'un créateur d'images, Jérôme Lefdup.

Jérôme Lefdup devant ses livres, mémoires de quarante ans de création visuelle
Jérôme Lefdup devant ses livres, mémoires de quarante ans de création visuelle © Radio France / Christine Siméone

Au croisement de la clé à molette et du pixel, on trouve Jérôme Lefdup, créateur insatiable et un brin excentrique.

"J’aime le numérique qui pue des pieds", résume -t-il pour expliquer sa démarche.

Il déploie au Cube son Grand Napotakeu, qui n’est pas un grand n’importe quoi.

Depuis les années Canal + où il concoctait les habillages de l’Œil du Cyclone, sont passées entre ses mains des tas de technologies nouvelles pour projeter ou conserver l’image. De bandes magnétiques en circuits imprimés, il a finalement décidé de mélanger les puces avec la tuyau de laiton , le coton hydrophile et le bambou pour détourner et faire apparaître ses images comme si elle sortait du chapeau du magicien.

Au Cube sont exposés des tableaux, dentelles d’images sorties de ses stocks, installations à illusions d’optique, et des bricolages savants et drôles.

Le temps se couvre, installation de Jérôme Lefdup où les images se reflétent d'un bassin jusque sur un nuage de coton
Le temps se couvre, installation de Jérôme Lefdup où les images se reflétent d'un bassin jusque sur un nuage de coton © Jérôme Lefdup

Jérôme Lefdup :

De nos jours on ne peut plus éviter les caméras minuscules qui nous scrutent. Avant qu’elles ne pillent notre espace vital, il faut leur montrer qui est le patron, les faire bosser pour nous et pas le contraire. Les ordinateurs doivent être à notre service. Ce que je fais est associé à l’art numérique ; or moi j’aime le numérique qui pue des pieds, c'est fait par des humains pour des humains. Ici, le cloud est vraiment en coton.

La conclusion est dans le petit film qu’il a réalisé :Une brève histoire du support magnétique, qui pourrait s’appliquer à tout support numérique. Toutes ses images ayant dû en peu de temps mille fois changer de supports, pour se mettre à de nouvelles normes, sa conclusion est qu’une impression sur papier est la plus sûre des sauvegardes. Il en a fait trois tomes, à vendre bien sûr.

►►► Visitez l'exposition jusqu'au 22 juillet 2017

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.