L'équipe au grand complet de "Une heure en séries" a voté. Voici donc les 20 meilleures séries de tous les temps selon ces experts de la série télé qui entourent Xavier Leherpeur chaque samedi à 20h

Et les 20 séries préférées de nos spécialistes sont...
Et les 20 séries préférées de nos spécialistes sont... © Getty / bortonia

20 | "Ma sorcière bien aimée"

154 épisodes diffusés entre 1964 et 1972 pour cette satire joyeuse de l'American Way of Life

Voilà une série qui a renversé beaucoup de choses, nous explique Benoit Lagane. "L'idiot dans le couple n'est pas la femme, mais l'homme. En 1964, ce n'est pas rien. D'autre part on y voit un couple "mixte" finalement : elle était sorcière ; lui était WASP. C'était aussi un renversement assez intéressant".

Une série qui a marché et qui a marqué

"Ma sorcière bien aimée était une série familiale, poursuit Benoit Lagane, imaginé par un grand spécialiste du sitcom : Sol Sks. Endora plaisait aux belle-mères, Tabatha aux enfants, tout comme le générique, un dessin animé signé de Hanna & Barbera, ceux-là même qui ont fait Scoubidou ou Les Pierrafeu.

La série est un succès un peu partout dans le monde. En France elle est diffusée dès 1966, soit deux ans après la création aux Etats-Unis. Elle a été rediffusé de nombreuses fois. Ce qui explique sans doute sa présence dans ce classement : tout le monde l'a vue. Et 50 ans après, l'humour de la série fonctionne encore très bien".

19 | "Cold case : affaires classées"

156 épisodes diffusés entre 2003 et 2010. Marjolaine Boutet connait bien cette série puisqu'elle lui a consacré un livre : La mélodie du passé (éd. Puf)

"C'est une série qui est très chère à mon âme parce qu'elle reconstitue l'histoire des Etats-Unis au XXe siècle et particulièrement la lutte des minorités pour l'égalité. 

C'est une vision très progressiste de l'histoire des Etats-Uni mais elle met aussi en scène la pratique de l'histoire parce qu'en fait, Lilly Rush, l'héroïne, fait de l'histoire. C'est-à-dire qu'elle va ouvrir les archives, qu'elle ré-interroge les témoins et qu'elle compare leurs dires et les traces du passé avec ses connaissances d'aujourd'hui. C'est une flic et surtout une historienne. 

C'est aussi une série qui a une bande-son absolument démente. Il y a 1037 chansons, je les ai comptées, qui commentent et enrichissent l'action. Et c'est à cause du montant des droits musicaux de ces 1037 chansons qu'elle ne sera jamais éditée en DVD. 

Ajoutez à cela le charme de Kathryn Morris en Lilly Rush, femme flic célibataire, sans enfant, totalement dévouée à son boulot et à son chat borgne. Et vous avez tous les ingrédients d'une excellente série.

Et s'il ne fallait garder qu'un épisode, celui consacré au Rocky Horror Picture Show (S02E21) est à la fois bouleversant, poignant et extrêmement drôle.

18 | "True Detective"

24 épisode et trois saisons à ce jour. Deux détectives, un crime sordide et une enquête compliquée : on peut résumer un peu ainsi le pitch de chaque saison.

"Pour moi, c'est absolument bluffant et densité et de profondeur et de virtuosité, explique Ariane Allard. Au départ, ce petit bijou proposé par HBO s'appuie sur un pitch pourtant très familier : un duo de détectives antagonistes et un crime abominable. 

Sauf que là, le cadre est absolument à la fois primitif et fantastique, donc déroute. Sauf que les deux coéquipiers, l'un apparemment stable, l'autre apparemment un peu perché, sont tous les deux au bord du gouffre. Et qu'ils sont chaque fois incarnés par deux immenses acteurs. 

Et dernière chose, qui est vraiment la grande marque de cette série, c'est la construction temporelle du récit qui oscille tout le temps entre plusieurs époques. En général, c'est trois époques différentes, ça embrouille complètement le spectateur tout en donnant une profondeur incroyable à l'intrigue. 

Bref, pour moi, True Detective, c'est à la fois du vertige, de la psychanalyse et du conte.

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17 | "Buffy contre les vampires"

144 épisodes diffusés entre 1997 et 2003

Derrière les apparences de la série B horrifiques à laquelle elle rend souvent hommage, c'est un feuilleton qui dit avec infiniment de justesse les troubles de l'adolescence, de la différence, l'éveil à la sexualité et à la conscience politique, explique le fan n°1 de la série : Xavier Leherpeur 

Vous ne trouverez jamais de série pour ados qui contiennent autant de sujets passionnants et pertinents.

16 | "The Simpson"

671 épisodes à ce jour et plus de trente ans qu'on voit Homer et sa famille dans leur salon depuis le nôtre, vivant des aventures absolument extraordinaires - et parfois ordinaires aussi, ce qui explique la longévité des Simpson et ce succès constant.

Ava Cahen a une immense passion pour cette série : "Quand on demande à Matt Groening, le créateur de la série, quel est son personnage préféré, il répond sans hésiter Homer Simpson, puisqu'il agit selon ses impulsions et ne ressent ni remords ni culpabilité. Oui, c'est un peu le meilleur et le pire de nous même, Homer Simpson.

Trois répliques cultes :

  • Ne me mangez pas, j'ai une femme et des enfants. Mangez-les. 
  • Je ne suis pas en état de conduire, mais attends, faut pas que je m'écoute. Je suis bourré 
  • Punaise !!!

Aller loin

15 | "Columbo"

69 épisodes diffusés entre 1968 et 2003

La voix française de Peter Falk dans Columbo était celle de Serge Sauvion, le papa de Marie Sauvion :

Petite j'avais un peu l'impression d'être la fille de Columbo

"C'est une série qui a plein de qualités. La première c'est que ce soit effectivement une série criminelle, mais qui est le contraire d'un "Who 's done it". On ne cherche pas qui a fait le coup puisque c'est la première chose qu'on nous raconte.

C'est une série amie de la nuit." 

Il n'y a pas un samedi soir en France depuis presque 50 ans, où elle n'est pas rediffusée quelque part. 

"Donc on peut rentrer de soirée un peu ivre et s'assoupir gentiment au rythme pépère. C'est une série d'un autre temps, qui ne nous fait jamais défaut".

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14 | "La Quatrième Dimension"

156 épisodes diffusés de 1959 à 1964

"Ça n'a pas pris une ride comme tous les classiques, grâce à un sublime noir et blanc parce que ça ne vieillit pas et des scénarios au cordeau particulièrement grinçants", s'enthousiasme Marjolaine Boutet. "Je trouve que ça raconte évidemment des choses sur la Guerre Froide, mais ça raconte aussi des choses extrêmement justes sur l'humanité". 

Ce n'est pas gai, mais c'est toujours des moments de réflexion très grinçants et très justes sur ce qui fait l'humanité, finalement. 

13 | "Le bureau des légendes"

40 épisodes et 4 saisons à ce jour

La série est défendue collectivement, tout d'abord par Isabelle Danel : "c'est de l'espionnage, du politique et de l'humain, réunis par une écriture brillante, sans faille, orchestrée par Eric Rochant. On sillonne le monde et les enjeux géopolitiques récents, de la Syrie à l'Iran, de l'Algérie à la Russie, mais surtout on suit le destin d'une poignée de personnages complexes, vivants, attachants. Il y a quelque chose l'irrépressible dans cette série qui en fait une des grandes réussites françaises de ces dernières années."

Benoit Lagane : "Des séries d'espionnage, on en a vu quand même un sacré paquet. Du coup, avec cette série française qui débarquait, on se demandait ce que la France allait pouvoir apporter de plus ? Et elle a apporté quelque chose, c'est-à-dire une série d'espionnage de bureau, vraiment."

Marjolaine Boutet : "J'aurais voulu insister aussi sur le fait que c'est une série qui parle vraiment très finement du monde contemporain, qui nous reconstitue l'Iran ou la Russie comme si on y était. C'est absolument incroyable qu'il arrive à nous rendre compréhensible ce qu'est la guerre informatique"

12 | "Les Soprano"

86 épisodes diffusés entre 1999 et 2007, soit six saisons

"C'est l'une des séries qui m'a le plus émue", confie Christine Haas, "parce qu'elle raconte la crise existentielle d'un parrain du New Jersey qui embrasse ou qui essaye d'embrasser en tout cas la double casquette de chef de famille et de big boss. . C'est vrai que cette expérience inédite confronte le spectateur à une riche palette d'émotions et, à partir d'un personnage qui, a priori, n'était pas très glamour, James Gandolfini compose l'un des héros les plus attachants de l'histoire de la télévision". 

L'audace de son auteur David Chase a laissé sa marque sur toute la pop culture. 

"Je n'hésite pas à le dire, sans doute parce qu'il ne s'est jamais soucié des conventions, bifurquant d'une saison à l'autre pour aller là où on ne l'attendait jamais".

Benoit Lagane : "C'est une série qui va tout d'un coup montrer, notamment à un public intellectuel que la série, ça peut avoir de la gueule, alors que jusqu'à présent, elle la regardait un peu avec dédain."

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11 | "Sex and the City"

94 épisodes et six saisons, diffusées entre 1998 et 2004 

"C'est une série que je ne me lasse pas de revoir, admet Ava Cahen. Elle est  jubilatoire, elle a quelque chose de très décomplexé. Elle met en scène des femmes qui, partout dans New York, dans les bars, dans les restos, dans les hôtels, dans les boîtes, dans les appartements, parlent sans tabou de sexualité, mais surtout de leur sexualité. Et c'est ça, la véritable révolution pour cette série. C'est Darren Star qui est derrière tout ça. C'est le showrunner de Beverly Hills, de Melrose Place. Il faut le rappeler, c'était des soaps un peu plus policés, un peu plus moralisateurs sur les bords, alors que Sex and the City ne joue pas du tout dans la même catégorie. C'est une série qui n'a jamais eu froid aux yeux. Elle est drôle, elle est inventive, elle est intime, elle est crue, elle est queer. Ça parle de la condition féminine dans la société moderne, du point de vue des femmes et à sa manière. Je trouve que c'est une série qui a combattu le puritanisme américain, qui a cassé du cliché et les schémas patriarcaux et qui a prôné une forme d'égalitarisme".

La sexualité, telle qu'elle est montrée dans Sex and the City, est géniale parce qu'elle est drôle. Elle est inventive, elle dit des choses

10 | "Urgences"

331 épisodes et 15 saisons, diffusés de 1994 à 2009

Quand on n'aime pas l'univers de l'hôpital comme moi, on est pourtant addict à cette série.

"Semaine après semaine, poursuit Benoit Lagane, chaque dimanche soir, ça a vraiment marqué notre temps de téléspectateur. Tout le problème de la série qui dure quinze ans, c'est qu'au bout d'un certain nombre de saisons, certains comédiens s'en vont. La grande force de l'écriture d'Urgences, c'est de réussir à nous installer de nouveaux médecins auxquels on va finir par s'attacher au fil des saisons, de façon moins forte qu'avec les premiers, mais malgré tout, ça tient.

Le dernier épisode est pour moi sans doute une des fins les plus réussies de série parce que c'est la série qui reprend le concept du pilote de départ, c'est à dire montrer 24 heures de la vie des urgences. Et bien le dernier épisode rejoue ça avec les nouveaux comédiens et toute la saison ultime fait revenir tous les personnages qu'on a aimés, même les morts qui reviennent dans un épisode qui est en hommage à Michael Crichton, qui venait de décéder".

C'est une grande grande série, bien écrite, populaire et qui nous a appris ce que c'était :  NFS - Chimie - iono

09 | "Downton Abbey"

52 épisodes et 5 saisons, diffusés de 2010 à 2015

Ariane Allard donne deux raisons pour vous donner envie de voir ou de revoir cette série 100% britannique : "Ce n'est pas toujours facile de circonscrire le génie britannique en si peu de temps, mais nous savons tous que ce peuple, ami et voisin, aime les défis. Donc, je vais essayer de relever ce défi. 

La première raison, c'est son côté soap opéra que je trouve absolument irrésistible avec ses rebondissements plus ou moins crédibles. Mais on s'en fout, d'autant qu'il n'épargne aucun des protagonistes, que ce soit les protagonistes du haut, ou les protagonistes du bas, puisque c'est évidemment construit de cette façon là et que ça circule sans arrêt entre les deux. Donc, prison, viols, meurtres, maladies, mort en couches, rien ou presque ne leur est épargné. Et moi, personnellement, j'adore ça." 

C'est un must, et la reine adore

"La deuxième raison, toute simple, ce sont ses comédiens, bien sûr. Lorsque la série a démarré en 2010, Maggie Smith, qui est absolument géniale en comtesse douairière, était alors la comédienne la plus connue de la distribution. Sauf qu'il n'y a pas vraiment de rôles principaux, c'est plutôt un aréopage de rôles secondaires, parfois un peu manichéens, mais qu'on adore. Et parce qu'ils sont tous formidablement incarnés par les comédiens britanniques, sauf une Américaine, Elizabeth McGovern"

08 | "Absolutely Fabulous"

42 épisodes et 5 saisons, diffusés entre 1992 et 2004

"Elles sont garces, odieuses. Elles ont 39 ans depuis 20 ans. Elles boivent du champagne 22 heures sur 24. Elles prennent toutes les substances illicites possibles, se tapent des amants qui ont la moitié de leur âge et martyrisent Saffron, la fille d'Edina." Xavier Leherpeur adore cet humour typiquement british

On a eu Downton Abbey et Absolutely Fabulous. C'est le grand écart quand même. Tout est dans le périnée

"C'est un humour très fielleux, très irrévérencieux, mordant, salutaire, qui venge les femmes des carcans bienséants où elles sont enfermées. Elles ne s'excusent de rien. Elles n'ont honte de rien. Elles n'ont aucune limite, aucun tabou. Elles sont libérées, délivrées, vipérine, vive le girl power d'Ab Fab !"

Marjolaine Boutet : "On voit encore la supériorité des Britanniques - en tout cas, la précocité des Britanniques - dans le fait de donner la parole aux femmes et je trouve que c'est très bien dans Ab Fab. Ce sont des femmes qui s'assument et qui assument leurs désirs et leur envie de vivre et de ne pas se soumettre aux diktats de la gentille épouse, etc. Et surtout de ces femmes ménopausées qui doivent disparaître de l'espace public dès qu'elles ne sont plus en âge d'enfanter. Et je trouve ça remarquable".

07 | "Le prisonnier"

1 seule et unique saison diffusée en 1967

C'est la plus brève des séries citées dans le top 20, créée, interprétée et mise en scène souvent par Patrick McGowan.

Je ne suis pas un numéro. Je suis un homme libre.

Ava Cahen : "Il y avait quelque chose de très, très anxiogène dans la série. Et puis, cet homme-là fait prisonnier. On l'a entendu dans l'extrait qui crie, épisode après épisode, qu'il n'est pas un numéro, mais un homme libre. Et cette grosse boule blanche qui le poursuivait à chaque fois qu'il essayait de s'enfuir. D'ailleurs, ça a inspiré une scène parodique à Woody Allen dans Woody et les robots.

C'est une série qui est un cas dans l'histoire de la télévision, qui n'a pas d'équivalent. En réalité, elle est extrêmement avant-gardiste ; c'est une vision d'un monde sous emprise".

06 | "Six Feet Under"

63 épisodes et 5 saisons, diffusés de 2001 à 20015

Isabelle Danel : "Dès le premier épisode, on est plongé au cœur de cette famille moyenne américaine. Peut être plus névrosée que la moyenne, quoi que.... Au fil des saisons et des 63 épisodes, on avance avec eux sur les chemins du quotidien." 

Ça parle d'amour, de fidélité, de filiation... et d'embaumement, bien sûr.

"Ça parle de trouver sa place dans une famille et a fortiori en ce monde. C'est limpide et drôle, intelligent et bouleversant. Pour moi, c'est l'étalon or de la série. Il y a dans les premières saisons quelque chose d'incroyablement fort qui est que chaque épisode commence par une mort et que ce mort va hanter l'épisode et que la famille va se positionner aussi par rapport à cette mort, par rapport à l'accompagnement avec la famille du décédé mais par rapport à leurs propres problèmes. Et cette écriture là qui dure, je pense sur trois saisons au moins, est vraiment absolument incroyable. Et moi, je n'avais jamais vu ça. C'est vraiment quelque chose d'unique en son genre".

Xavier Leherpeur : "On touche à la perfection et au chef d'œuvre dans l'épisode 11 de la saison 1 parce que c'est une audace, parce qu'il faut oser. C'est la mort subite d'un nourrisson en caméra subjective. C'est un moment bouleversant. Avec les yeux du petit garçon, petit bébé qui sont en train de se refermer. Moi, je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi poignant que cela. Et d'aussi intelligent".

05 | "Mad Men"

92 épisodes et 7 saisons, diffusés de 2007 à 2015

Elles sont rares les séries ou après avoir regardé un seul épisode on se dise : "c'est du très lourd, c'est du très grand"

Ariane Allard : "Je considère que c'est une des plus grandes séries de l'histoire. Ça commence en 59 et c'est ça qui est intéressant. Ces années 60, c'est vraiment une décennie de bascule. Ça se passe à New York, sur Madison Avenue, qui est un quartier très chic. D'abord, on y voit des gens fumer, picoler, séduire, vendre et manipuler comme jamais, essentiellement entre hommes. Sauf que, évidemment, ce sont les femmes qui, petit à petit, vont prendre le pouvoir. En tout cas, affirmer une place qui, jusqu'alors, leur était refusée. 

Ensuite, on voit Les Etats-Unis qui s'engouffrent dans la société de consommation et de loisirs. C'est ça que je trouve très intéressant".

C'est une série d'une élégance incroyable

"Cette série est d'une subtilité incroyable. C'est d'abord un huis clos absolument captivant, centré autour d'une figure, Don Draper, qui est un héros ambigu et qui n'est même pas loin d'être un salaud et qui ne cesse de lutter contre ses fantômes. C'est aussi une chronique passionnante de cette décennie qui est à la fois florissante et trompeuse, puisqu'elle est scandée à la fois par l'émancipation des femmes, par le premier pas sur la lune, par la lutte pour les droits civiques, mais aussi par l'assassinat de JFK ou par la guerre du Vietnam".

04 | "Twin Peaks"

48 épisodes et 3 saisons, diffusés en 1990, 1991 et 2017

Christine Haas : "Ce qui rend cette série si unique, c'est qu'elle tient autant du mélodrame que du burlesque, autant du surréalisme que de l'horreur. David Lynch donne naissance à un monde original qui foisonne de personnages excentriques, mais également de freaks qui peuplent un univers parallèle et fantastique qui fait qu'effectivement, on ne comprend pas grand chose. Mais devant nos yeux ébahis, une véritable mythologie s'anime, sublimée par la bande originale".

Il faut repartir en 1990 pour comprendre à quel point l'étrangeté de cette série est tellement nouvelle à la télévision qu'elle aura vraiment un énorme impact.

Benoit Lagane : "Le problème, c'est que ça arrive peut être un peu trop tôt pour les téléspectateurs. C'est là ma réserve. Ça arrive un peu trop tôt et c'est un accident industriel qui fait que ça s'arrête très vite sur ABC avant de revenir en 2017".

03 | "Friends"

236 épisode et 10 saisons, diffusés de 1994 à 2004

Benoit Lagane : "Une série sur les 20 / 30 ans, c'était assez nouveau à l'époque. La sitcom américaine enregistrée en public existait depuis longtemps mais était cantonnée aux séries familiales. 

Friends invente un nouveau rythme d'humour, des thématiques nouvelles qu'on n'entendait pas dans la bouche des personnages de sitcom. Et puis, surtout, Friends invente ce qui existait moins dans les sitcoms jusque là : le côté feuilleton, c'est à dire que ces personnages vont vieillir avec nous".

Marjolaine Boutet : "C'est une série qui a en effet permis le vieillissement de ses personnages, des personnages toujours cassés et très fous. Et je trouve qu'on sent encore mieux en V.O. qu'en VF, qui aplati un petit peu les personnalités". 

Et puis ça nous a fait passer dix ans quand même dans un salon aux murs violets

02 | "The Wire"

60 épisodes et 5 saisons, diffusés de 2002 à 2008

C'est presque une série documentaire, mais réinventée aussi par la force du cinéma

Marjolaine Boutet : "Pour beaucoup de 'sériephiles', The Wire est la meilleure série de tous les temps. C'est une série qui à la fois séduit les intellectuels (il y a eu des séminaires à Nanterre, etc,) et les banlieues. C'est ce qui est assez paradoxal parce que c'est une série qui a cassé tous les codes de la série télé. C'est une série qui n'a pas de personnage principal, qui n'a pas d'épisodes à proprement parler, qui n'a parfois même peut être pas vraiment de trame narrative. 

On est à la limite du documentaire pour présenter en cinq saisons une ville, Baltimore, à travers le dysfonctionnement de ses institutions, la police, les syndicats, la politique, l'école et la presse, mais aussi à travers ses habitants majoritairement noirs. Et c'est la première fois que cette population a été représentée avec une telle diversité". 

01 | "Chapeau melon et bottes de cuir"

161 épisodes et 7 saisons, diffusés de 1961 à 1969 puis en 1977 et 1978

Benoit Lagane : "C'est la première fois qu'un homme et une femme sont à égalité, à l'époque, les hommes avaient des assistantes. Là, ils sont vraiment à égalité".

C'est l'une des séries les plus kitsch qu'on ait jamais vues et elle est très représentative des années 1960.

LIRE | Patrick n'avait pas le melon

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(Ré)écouter les deux émissions Une heure en série consacrées à ce palmarès : Partie 1 / partie 2

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