S'inspirant d'Othello de Shakespeare, Razerka Ben Sadia-Lavant pose l'enjeu du spectacle : à travers l'amour de Desdémone et Othello, montrer la beauté de la civilisation dans ce qu'elle a de vital et de fragile, la passion nous dévoilant le jeu des Hommes pour le pouvoir et la domination. Avec ce spectacle tout en pulsions, Razerka Ben Sadia-Lavant réinterroge l'humain constitué par une culture particulière, une manière d'être au monde dans un usage du corps, de la parole, de la musique et de la danse réunis. La distribution a été guidée par ce questionnement. Pour susciter l'imaginaire, la metteure en scène s'entoure d'une distribution prestigieuse. Aux côtés de l'acteur-chanteur américain Saul Williams dans le rôle d'Othello et d'Alexandra Fournier en Desdémone, l'exceptionnel Denis Lavant campe Iago, en se jouant de l'incandescence du verbe, la chanteuse Sapho à l'incroyable palette vocale ou bien encore Mehdi Haddab (entendu aux côtés de Rodolphe Burger dans Le Cantique des Cantiques) avec son oud magique. Il faut découvrir de toute urgence le travail de Razerka Ben Sadia-Lavant qui sait reprendre à son compte avec talent et lyrisme la révolte d'un autre temps, celle de Shakespeare.

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